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mercredi, 14 novembre, 2018
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Les membres de la commission santé de l’APW au CHU de Constantine

Une visite de travail qui vire au cauchemar

07 novembre 2018 à 8 h 00 min

Présents au service des urgences chirurgicales pour une mission qui n’a rien d’exceptionnel, les élus ont vécu un après-midi cauchemardesque.

Les faits qui se sont déroulés dans l’après-midi de lundi aux urgences du CHU Benbadis sont dignes d’un véritable traquenard, avec tous les ingrédients d’un film d’horreur à rebondissements.

Les victimes ont été les cinq membres de la commission de la santé de l’APW, présidée par le Dr Abdellah Benarab, en visite de travail, effectuée dans le cadre de leurs prérogatives comme élus, avec un ordre de mission dûment établi.

Les péripéties de cette mauvaise aventure, qui restera comme un grave précédent dans l’histoire de l’APW de Constantine, nous ont été révélées, hier, par le Dr Benarab, outré et démoralisé, parvenant à peine à contenir sa peine.

«Nous nous sommes présentés à 14h aux urgences chirurgicales du CHU pour une mission bien définie. Nous avions bien informé le directeur général du CHU de notre mission trois jours auparavant. Sur place nous avons commencé par constater certaines défaillances, comme les vitres cassées des fenêtres, puis nous avons entamé une discussion avec un médecin qui opérait une intervention pour suturer la plaie d’un enfant de six ans sans anesthésie, un fait qui nous a étonnés, surtout que le matériel utilisé n’était pas conforme.

De plus nous avons constaté un manque d’hygiène flagrant au niveau du service», nous a déclaré le Dr Benarab. C’est à ce moment-là que la mission vire au cauchemar, quand des agents de sécurité du CHU firent leur apparition dans le service pour molester les élus de l’APW.

«Ces agents qui ont appris notre présence sur les lieux ont vite alerté le directeur général, qui leur a ordonné de nous chasser du service, avec tout le mauvais traitement, les insultes et les menaces que nous avons subies, alors qu’il y avait une dame parmi nous», dénonce notre interlocuteur.

Les choses se sont précipitées et les élus se retrouveront séquestrés dans un box avec interdiction de quitter les lieux sans la restitution de la caméra qui a servi à filmer l’état des lieux, selon les témoignages du Dr Benarab.

En fait, c’est la présence inopinée de cette commission au service des urgences chirurgicales qui semble avoir dérangé le DG du CHU. Mais au fait, y a-t-il des choses à cacher sachant que le commun des mortels est au courant de tous les dysfonctionnements qui perdurent dans cette structure hospitalière «très malade» ?

Un passage au poste de police

Pour autant, les déboires des élus de l’APW ne s’arrêteront pas là. «Nous avons subi toutes sortes de choses abominables que nous n’avons jamais connues dans notre vie, surtout que nous étions en mission et nous n’avions aucune volonté de nuire à quiconque.

On n’était là que pour soulever des problèmes et proposer des solutions», dira le président de la commission. La mission prendra les allures d’un interminable calvaire, lorsque la direction du CHU fera appel à la police, après la saisie de la caméra de la commission.

«Arrivés sur les lieux, les policiers nous ont emmenés vers le poste du CHU où nous avons expliqué que nous étions en mission de travail, avec un ordre de mission dûment établi, mais les agents de sécurité du CHU n’ont rien voulu savoir en insistant de ne pas nous rendre la caméra qu’après la suppression de la vidéo filmée du service», poursuit le Dr Benarab.

Il a fallu l’intervention du commissaire de police qui, après avoir informé le chef de sûreté de wilaya, a finalement jugé que l’affaire ne relevait pas de ses services, mais qu’elle devait être réglée entre administrations.

«C’est pour éviter que les choses ne se compliquent davantage que nous avons décidé de supprimer la vidéo pour récupérer la caméra et mettre fin à ce cauchemar», conclut le Dr Benarab.

Après un après-midi houleux passé sous la menace au service des urgences puis dans un poste de police, les membres de la commission de santé de l’APW étaient au bout d’un rouleau compresseur, celui d’une administration qui était prête à tout pour cacher la vérité.

Une réalité bien amère que tout visiteur au CHU connaît dans ses moindres détails et qui devait être présentée aux autorités de la wilaya lors d’une prochaine session de l’APW. «Ce qui s’est passé lundi au CHU Benbadis, qui est le noyau de la santé dans la wilaya, est une atteinte grave à notre dignité en tant qu’élus représentant des citoyens», dénonce le Dr Benarab.

Ce dernier nous informe qu’un PV de cet incident a été adressé au ministre de la Santé, au wali de Constantine et au P/APW. «J’assume tout ce que je dis et je mets toutes les autorités devant leurs responsabilités pour prendre les mesures nécessaires, car il s’agit d’un fait gravissime dans l’histoire de l’APW de Constantine», déplore-t-il.

Notre interlocuteur rappelle qu’il interviendra à ce sujet lors de la prochaine session de l’APW prévue jeudi prochain, où il fera toute la lumière sur cette affaire devant le wali de Constantine.

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