Service des actes de mariage à Constantine : Un rush et des risques de contamination | El Watan
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Service des actes de mariage à Constantine : Un rush et des risques de contamination

29 novembre 2020 à 9 h 58 min

Depuis quelques semaines déjà et en pleine deuxième vague de la pandémie du coronavirus, c’est le grand rush des familles vers le service des actes de mariage, situé au secteur urbain de la rue Chihani Bachir à la cité Émir Abdelkader.

Des gens de toutes les catégories d’âge se saluent, s’échangent des embrassades et se serrent les mains, faisant fi des mesures barrières, sans respecter le port de la bavette ni la distanciation, sous les youyous des femmes avant de se regrouper pour des photos souvenirs. Une ambiance qui laisse croire que la pandémie de la Covid-19 n’existe plus à Constantine au moment où la wilaya vient d’enregistrer des pics de contamination, devançant même les wilayas qui trônaient depuis des mois à la tête de la liste de records. Même la cour de ce service ne se vide plus.

Des cortèges partent, d’autres arrivent dans un mouvement perpétuel. C’est le constat alarmant que nous avons eu à faire lundi lors de notre passage dans les lieux. Une foule importante a tenu à marquer sa présence malgré une forte pluie qui s’est abattue sur la ville durant toute la journée. Vers 10h00, le nombre de personnes débarquées a doublé, offrant un tableau effrayant.

Pourtant, deux grands écriteaux étaient affichés à l’entrée du service pour imposer les règles à respecter. Sur une pancarte, l’on exige la présence uniquement du couple, le père de la mariée et les deux témoins. Malheureusement, la situation était tellement incontrôlable que les agents de sécurité n’ont pu rien faire. Il y avait des femmes âgées, des jeunes filles, des proches, des amis des couples et même des enfants, dont l’accès était pourtant interdit.

En réponse à notre question sur l’utilité de sa présence lors de cette cérémonie, en dépit du risque à encourir, une octogénaire dira sur un ton dénotant d’une grande insouciance: «C’est ma cadette qui va se marier et je ne vais sûrement pas rater cette occasion, même si cela me coûtera la vie.» Le problème n’était jamais dans la signature de l’acte au niveau de l’état civil, selon une jeune femme rencontrée sur place, il y a plusieurs personnes qui le font chez le notaire.

Une insouciance désolante

Elle ajoute que la véritable contamination se fait à l’intérieur des appartements dans lesquels on organise des mariages avec une quarantaine d’invités. «Il faut qu’il y ait une interdiction de la célébration des mariages et non pas la cérémonie de la signature des actes. Si on m’oblige à choisir entre me marier et ne pas être contaminée au coronavirus, je préfère me marier. Car je serai sûrement contaminée dehors à cause des gens qui ne respectent plus rien», a-t-elle ironisé.

Effectivement, des habitants de la cité Sakiet Sidi Youcef (ex-La Bum) affirment qu’un voisin à eux avait célébré le mariage de sa fille, la semaine écoulée dans son appartement. Il avait invité, témoignent-ils, une dizaine d’hommes et une vingtaine de femmes. Des cas similaires ont été signalés au centre-ville de Constantine, à Ali Mendjeli et à El Khroub. Ceci, sans oublier les cortèges qui défilent dans les rues, avec 5 personnes par véhicule. Pour les employés de l’état civil, il n’est pas de leur ressort d’organiser la foule dehors. «À l’intérieur, nous assurons le respect du protocole sanitaire, mais il est très difficile d’obliger les gens à respecter la distanciation dans la file dehors.

D’ailleurs, les gens sont dans leur propre logique, et vous l’avez constaté vous-même de visu», nous disent-ils. Interrogé sur ce phénomène, Rachid Boukhalfa le secrétaire général de la commune de Constantine lie cette hausse de la célébration des mariages à la peur d’un reconfinement. «Nous avons enregistré une importante hausse des mariages en cette période, en comparaison avec l’année passée.

Car, après le confinement et l’interdiction des mariages civils en été, les gens se sont vu bloquer. Maintenant avec la reprise de l’activité, c’est le grand rush», a-t-il déclaré, sans fournir le chiffre des actes signés en cette période.


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