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Vieille ville de Constantine : Un patrimoine national transformé en décharge

15 octobre 2020 à 9 h 58 min

Le décor des maisons en ruine dans la vieille ville de Constantine est le premier qui frappe les regards des visiteurs depuis le pont Sidi Rached. Il ne passe pas inaperçu au fur et à mesure qu’on parcourt les artères de cette partie historique du Vieux rocher.

Mais ce qui choque le plus est le constat triste et désolant de ces décharges qui se multiplient dans ces demeures abandonnées, mais aussi dans tous les coins des différents quartiers de ce pan classé pourtant patrimoine national depuis 15 ans. Il faut remonter au mois de février en 2005, quand une vaste opération de démolition des bâtisses à la vieille ville avait tourné au massacre. Un drame qui aurait pu être évité, si les autorités de l’époque et à leur tête l’ex-wali avaient pris le soin d’écouter les voix de ceux qui militaient pour la sauvegarde de la vieille ville et non ceux qui cherchaient des intérêts inavoués.

La suite de cette opération, qui avait provoqué l’indignation de la population et des réactions sur les médias, sera la mesure tardive du ministère de la Culture qui décidera de décréter le périmètre du Vieux rocher comme patrimoine national. Le décret de création du secteur sauvegardé de la ville de Constantine sur une superficie de 85,39 ha portant n°05-208 du 4 juin 2005 est paru dans le Journal officiel n°39 du 05/06/2005.

Finalement, quinze ans après et mis à part quelques maisons «réhabilitées» à Bab El Djabia, cette classification n’a rien apporté au périmètre sauvegardé. Lors d’une tournée dans ce dernier, nous avons recensé avec regrets une quinzaine de décharges sauvages devenues des points noirs qui ne semblent pas susciter la moindre réaction chez les autorités de la wilaya, préoccupés par d’autres soucis. Depuis plusieurs années, aucune opération qui mérite d’être citée n’a été initiée pour débarrasser ce patrimoine de ces décharges, dont les habitants et les commerçants eux-mêmes en portent une grande part de responsabilité.

Déjà dans la partie basse de Souika, on ne trouve plus les mots pour décrire ce qui se passe au lieudit le Remblai, situé en contrebas du pont Sidi Rached, mais aussi sur les berges du Rhumel transformées par les riverains en une immense poubelle qui reçoit toutes sortes de déchets jetés par les fenêtres. Non loin de là et en remontant la rue Mellah Slimane pour prendre à droite la rue Benzegoutta, on est choqué par des sacs de détritus et de déblais visibles tout au long de cette artère, y compris devant la mosquée Sidi Afane. Un peu plus bas, c’est une image regrettable qui s’offre aux yeux à la placette de Kouchet Ezziat à quelques pas de la fameuse bâtisse de Dar Daikha située à la rue Daâra Kaddour.

L’histoire au milieu des poubelles

À la rue Abdellah Bey, dans le vieux quartier d’Essayeda, une nouvelle décharge s’est installée au milieu des décombres de Dar Bendali, située en face de la mosquée Sidi Moghrof, où des échafaudages ont été installés depuis 2008 pour une opération de réhabilitation qui n’a jamais été réalisée. «C’est désolant de voir que cette maison qui a vu naître l’illustre imam Abdelhamid Benbadis, devenir une décharge, avec en plus le risque d’effondrement qui menace les riverains et les commerçants», nous dira un ancien habitant de la vieille ville.

Même situation à la rue Boutebba Amar où des tonnes de déchets et de déblais sont jetées depuis plusieurs mois, juste derrière la mosquée Sidi Abdelmoumen, et tout près de la Zaouia Sidi Mohamed Chérif. Le phénomène qui dure depuis plusieurs années semble se banaliser, au vu de l’indifférence affichée par les autorités de la ville, mais aussi l’incivisme condamnable de nombreux citoyens, insoucieux de la propreté de leurs quartiers.

C’est le cas de plusieurs maisons qui se sont effondrées à la rue Hackett, en contrebas de la place de Rahbet Ledjmal, la rue Cirta, tout près de la rue Abdellah Bey, où se trouvent les charbonniers, mais aussi dans le quartier de Chatt, à quelques encablures de la Medersa, et à la rue Staïfi Amar dans le quartier de la Casbah.

En plus des saletés qui s’y amoncellent, et qui n’ont jamais été ramassées par les services de collecte des ordures de la commune, ces lieux sont devenus des aires de jeu risqué pour des enfants innocents. «Nous sommes consternés pour la situation dans laquelle se trouve ce pan de la ville classé de surcroit patrimoine national, pour lequel les autorités doivent donner de l’importance, en lançant des opérations de ramassage des déblais comme elles l’ont fait pour d’autres lieux, notamment à Ali Mendjeli, sinon ce classement ne servira à rien, et c’est aux habitants de préserver leur environnement en évitant de le transformer en poubelles pour leurs déblais au lieu de les évacuer vers la décharge publique», regrette un vieux habitant.

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