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Immeubles menaçant ruine au quartier Belouizdad (Constantine) : L’attentisme des autorités inquiète les riverains

08 octobre 2019 à 9 h 00 min

Depuis une année, aucune mesure n’a été prise pour entamer l’opération de démolition tant annoncée.

Il est difficile de comprendre la façon avec laquelle les autorités continuent de traiter le problème des immeubles menaçant ruine dans le quartier de Belouizdad, au centre-ville de Constantine. Il y a presque une année, le 21 octobre 2018 vers 15h, un pan du mur d’une bâtisse située à la rue Kerrouche Abdelmadjid s’est effondré.

L’incident, qui a provoqué une frayeur parmi les passants, n’a pas causé de dégâts dans une rue qui connaît une grande fréquentation. Dans une première réaction à cette époque, l’alerte a été donnée, la rue Kerrouche fermée à la circulation, un périmètre de sécurité a été mis en place par des clôtures métalliques, les occupants évacués dans l’expectative, alors que l’on a même annoncé la future démolition de l’immeuble.

Les riverains avaient vite cru à une mesure salutaire tant attendue, car elle devrait être prise il y a au moins une dizaine d’années, tant la bâtisse présentait une menace sérieuse. Il n’en fut rien. À peine quelques semaines après, les autorités ont, semble-t-il, oublié les lieux, comme si préserver la vie des citoyens ne figurait plus dans leur liste des priorités.

«A chaque fois que je passe par cette rue, je sens que quelque chose va arriver, car le danger plane toujours; c’est aberrant que les responsables de la ville n’aient pas songé à une solution radicale, se contentant d’attendre que des victimes soient enregistrées pour agir avec vigueur», s’indigne Tahar, un habitant du quartier.

Seulement, les craintes de notre interlocuteur se sont vite vérifiées. Au mois d’août dernier, d’autres pans de cet immeuble ont cédé. On assistera à la même réaction et aux mêmes gestes de la part des autorités, avec des clôtures installées pour interdire le passage des véhicules, sans plus.

Pour rappel, le problème avait fait déjà l’objet de plusieurs articles dans la presse depuis plus de dix ans, mais les autorités n’ont pas jugé utile de prendre des mesures strictes, se contentant de mettre une plaque pour avertir les passants et les automobilistes. «A chaque fois qu’un pan s’écroule, ils viennent installer des barrières métalliques et partir, ensuite ces mêmes barrières seront retirées jusqu’au prochain effondrement, comme dans un feuilleton à rebondissements», ironise un commerçant.

Des zones classées «rouge» depuis 2002

La même situation prévaut également dans d’autres bâtisses d’une zone classée «rouge» depuis 2002. Ainsi en 2012, un pan d’une bâtisse située en contrebas de la rue Abdelaziz Bouhafs, dans la partie basse du quartier de Belouizdad s’est effondré, sans causer, heureusement, de dégâts.

Pourtant, il s’agit d’une construction classée en zone rouge qui n’a encore fait l’objet d’aucune mesure de démolition, alors qu’elle est attenante à plusieurs autres maisons. Les habitants continuent de vivre avec la peur d’un éventuel effondrement pouvant survenir à n’importe quel moment.

Même situation aussi dans plusieurs immeubles du même quartier depuis plus de dix ans, en dépit des expertises réalisées par la direction de l’urbanisme de la wilaya.

Cette dernière avait même marqué certaines constructions de croix rouges géantes, mais elles sont toujours occupées, alors que d’autres ont été évacuées, mais le risque sur les passants et les riverains est toujours présent. Le cas de l’immeuble situé au n°2 de la rue Kerrouche, illustre le statu quo qui frappe ce quartier depuis plus de 15 ans.

Pour rappel, cette bâtisse a été évacuée de ses habitants en 2003. Le site appartenant à la zone A, sérieusement affectée par le phénomène des glissements de terrain, a été classé dans la liste des bâtisses à démolir en 2002, mais il ne sera jamais touché. Ce danger concerne aussi d’autres constructions dans le même quartier, comme c’est le cas de la bâtisse de la rue Lemissi Said, se trouvant un peu plus bas.

En 2007, ses habitants avaient attiré l’attention des autorités de la wilaya sur son état de délabrement. Une expertise réalisée en juin 2007 par les services de la DLEP a donné lieu à un constat accablant. Dans une lettre adressée aux autorités de l’époque, les résidants notaient que les conclusions de cette expertise ont confirmé ces dangers.

Les concernés ont rappelé que ce rapport d’expertise a été transmis aux services du cabinet du wali le 16 juin 2007. A l’entrée de l’immeuble, l’on est frappé par l’état de dégradation des murs, du plafond et des escaliers.

Pour l’histoire et au motif de menace d’effondrement, les autorités de l’époque avaient tout fait pour démolir, en 1998, le fameux immeuble dit «Cadeau» situé non loin des bâtisses en question. Une opération ayant coûté plusieurs milliards, et qui a été menée avec une grande célérité.           


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