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vendredi, 07 août, 2020
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JEUNES DE L’ANSEJ À BISKRA

Plaidoyer pour le renflouement des micro-entreprises

11 juillet 2020 à 9 h 10 min

Invités dernièrement à une réunion de travail par la direction locale de Biskra de l’Agence nationale pour le soutien à l’emploi des jeunes (Ansej), les représentants des bénéficiaires de cet organisme étatique ont plaidé de fort belle manière leur cause, a-t-on constaté.

Afin de renflouer et de sauver leurs micro-entreprises allant cahin-caha, obérées par mille difficultés et pour la plupart vouées à la faillite, ils proposent un éventail de mesures et d’amendements à la législation en vigueur. Selon eux, il faudrait effacer leurs dettes contractées auprès de la Casnos, les faire profiter d’un important abattement fiscal, refinancer les entreprises viables ayant des difficultés à acquérir de la matière première et à honorer leurs charges salariales, rééchelonner les crédits de certaines d’entre elles et lever les poursuites judiciaires contre les porteurs de projets et les créateurs d’emplois se retrouvant dans un imbroglio juridico-financier des plus complexes.

Pour permettre à ces petites entreprises de s’épanouir dans un environnement socioéconomique adéquat, ces jeunes suggèrent de leur octroyer des terrains dans les communes afin d’avoir des sièges fixes et pérennes, de créer des marchés et des espaces d’exposition et de vente dédiés aux productions des micro-entreprises de l’Ansej, de l’Angem et de la Cnac «pour être au plus prés des consommateurs», de les faire bénéficier d’au moins 20% des appels d’offres publics via la mise en place d’une plateforme électronique transparente et régulièrement actualisée, et enfin de légiférer pour une véritable insertion professionnelle de ces entreprises laissées à la merci d’une rude conjoncture économique aggravée par la crise sanitaire paralysant le monde entier. «L’Ansej mène une vaste consultation nationale visant à évaluer le taux de réussite ou de faillite des micro-entreprises qu’elle a aidées à voir le jour.

Après l’identification de la nature des difficultés, des solutions seront proposées aux concernés. Sachant que certains bénéficiaires de l’Ansej ont vendu leurs matériel et équipement pour changer d’activité, que d’autres n’arrivent pas à décoller à cause d’une étude de marché déficiente et que d’autres en arrêt momentané ont juste besoin d’une aide pour sortir la tête de l’eau, l’Ansej sera toujours là pour recueillir leurs récriminations, les accompagner et les soutenir dans la recherche des meilleurs remèdes et issues en leur faveur. En 2020, nous avons aidé 60 jeunes à créer des entreprises répondant à des besoins locaux identifiés et étudiés», a souligné Abdelhakim Boumelit, directeur de l’Ansej de Biskra.

UN DIAGNOSTIC POUR TIRER LES ENSEIGNEMENTS

Depuis mars 1998, presque 90 000 micro-entreprises au niveau national ont été financées par l’Ansej dans les domaines du transport, de l’agriculture, des services, de l’hydraulique, de l’artisanat, de la géodésie, de la pisciculture, de la maroquinerie et de la confection des vêtements, du pain et des pâtisseries et d’autres secteurs, a-t-on appris. Les 7900 micro-entreprises de l’Ansej de Biskra connaissent divers fortunes mais peu d’entre elles se targuent d’afficher la réussite, le contentement et l’équilibre financier, relève-t-on.

En visite de travail et inspection dans la wilaya de Biskra, Nassim Diafat, ministre délégué chargé des start-up, du développement des micro-entreprises et de l’économie de la connaissance, accompagné de la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Hoyam Benfriha, avait rencontré ces jeunes de l’Ansej se plaignant surtout de ne pas bénéficier de projets publics pour certains depuis 2015 et d’être dans une situation économique et financière des plus difficiles.

Il avait alors jugé important de procéder à l’évaluation et au diagnostic des petites entreprises créées par le biais de l’Ansej, l’Angem et la CNAC «afin de tirer les enseignements nécessaires pour ne pas refaire les erreurs du passé», avait-il lancé. «Les entreprises et microsociétés qui ont réussi seront encouragées et les autres repêchées et renflouées à des conditions précises.

Chaque jeune pourra bénéficier d’une solution à la mesure de sa situation particulière et reprendre ses activités pourvu qu’il fasse montre d’une volonté et d’un sérieux à toute épreuve. Il serait aberrant d’aider de nouvelles micro entreprises à voir le jour, alors que nous en avons 88 000 qui végètent et souffrent de différents maux. Il faut aider les performantes à se développer encore et tenter le sauvetage des défaillantes. Recourir à la justice pour recouvrer nos droits et régler nos différends ne rend pas service aux jeunes devant être mieux encadrés et accompagnés.

Nous avons affaire à des diplômés universitaires et de la formation professionnelle, à des artisans et à des personnes sans aucune qualification qui veulent créer leurs entreprise et chacun devrait pouvoir trouver de quoi satisfaire ses envies», avait-il soutenu. Les jeunes de l’Ansej espèrent profondément que ces mots ne soient pas de simples effets d’annonce sans lendemain et que l’Ansej ne fermera pas ses portes face à leurs recommandations mettant en jeu pas moins que leur devenir.



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