Affaire de la ferme de l'Etat à Bordj Ben Azzouz (Biskra) : Les héritiers Bengana apportent leur version | El Watan
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Affaire de la ferme de l’Etat à Bordj Ben Azzouz (Biskra) : Les héritiers Bengana apportent leur version

21 octobre 2021 à 10 h 01 min

Suite au tollé soulevé par l’affaire de la ferme de l’État Larbi Ben M’hidi, située à Chemora Trig El Amri dans la commune de Bordj Ben Azzouz, à 45 km au sud-ouest de Biskra, de laquelle les fellahs ont dénoncé leur expulsion du fait que cette exploitation agricole de 29 ha plantés de 1200 palmiers dattiers productifs ait été attribuée par voie de justice aux héritiers Bengana (El watan du 06-10-2021), des membres de cette famille revendiquant la propriété de cette parcelle de terre tiennent à apporter des précisions et en appellent au bon sens de tous pour définitivement régler ce contentieux.

Issus d’une longue dynastie de Cheikh El Arab, qui a régné dans l’Est algérien avec le consentement et le soutien des forces coloniales et qui est dans la mémoire collective marquée du sceau de l’infamie et de l’oppression exercée à l’encontre de la population locale, les enfants et les petits-enfants de Bouazziz Bengana (1879-1945), dernier bachagha des Ziban, dont les biens immobiliers et fonciers ont été versés au Domaine public après 1962, n’ont jamais été inquiétés par les autorités nationales, car «plusieurs d’entre eux ont fait preuve de courage et d’engagement pour la cause nationale et ont milité pour que l’Algérie se défasse du joug colonial», a souligné Bouazziz Bengana, âgé de 76 ans, médecin spécialiste en ostéopathie et petit-fils du personnage historique honni et en portant le même prénom. «Nous étions dans un système féodal. L’histoire jugera des actes des uns et des autres. On ne peut éternellement condamner toute une famille pour les actes d’un de ses aïeuls ou ancêtres. Mon grand-père a épousé deux femmes et engendré plusieurs enfants et des dizaines de petits-enfants.

La famille a éclaté après sa mort en 1945 et chacun et chacune ont connu des destinées et des trajectoires différentes. Certains sont partis en France, en Tunisie ou ailleurs et d’autres sont restés en Algérie pour participer à l’édification nationale. Mon père Hama Bengana a des attestations de sa participation active à la guerre de Libération nationale. Après 20 ans d’étude et de travail en France, je suis revenu à Alger pour y exercer la médecine et y vivre au milieu des miens. Personne ne peut me donner de leçons de patriotisme. Après ma retraite, j’ai voulu investir toutes mes économies dans une vieille ferme abandonnée qui nous appartenait et amener mes enfants à découvrir les beautés et les potentialités de cette région des Ziban où j’ai des attaches affectives et familiales.

Elle nous a été attribuée à l’issue d’une longue procédure judiciaire et ceux qui contestent cette décision légale sont des parties occultes et de puissants trafiquants du foncier voulant la transformer en zone constructible et ainsi en tirer des dividendes assez conséquents», a ajouté notre interlocuteur. Arborant un volumineux paquet de documents attestant de ses dires et des photographies montrant l’avant et l’après des lieux, Bouazziz Bengana rappelle que cette ferme était dans une situation déplorable, sans eau d’irrigation, ni soin particulier, ni personnel agricole permanent pour en assurer le gardiennage et la prémunir contre toutes les formes de prédation et de dégradation. Il œuvre pour sa résurrection, assure-t-il. «Depuis septembre 2020, nous avons redonné vie à cette palmeraie. Notre objectif est d’en faire une ferme pilote en y forant un puits, en reconstruisant les hangars que nous avons trouvés délabrés et transformés en dépotoirs, en réalisant des chambres froides et une unité de conditionnement des dattes et des fruits et des légumes et en embauchant des dizaines d’ouvriers agricoles qui seront rémunérés à la hauteur de leurs efforts et travail.

Notre ambition est de participer au développement des Ziban, mais nous sommes confrontés à une levée de boucliers qui n’a pas lieu d’être. Nous voulons être traités comme tout Algérien voulant s’investir et investir dans son pays», a-t-il confié. À noter que suite à un recours introduit par l’Administration des terres et des biens publics contestant l’octroi d’un droit de jouissance de cette ferme aux héritiers Bengana, cette affaire est pendante au Conseil d’État qui devrait délivrer son verdict dans les semaines à venir.


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