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Le «Dimanche noir», un événement passé sous silence

07 août 2019 à 8 h 07 min

Centre urbain de nationalisme et de militantisme pour le recouvrement de l’indépendance nationale, la ville de Biskra a connu, le 29 juillet 1956, en pleine guerre contre l’occupation coloniale, un événement majeur qui reste gravé dans la mémoire collective du fait de son caractère sanglant et de ses conséquences sur l’esprit des habitants de l’époque, dont certains sont encore en vie.

Ce jour-là, un dimanche, où le centre-ville était rempli d’une population vaquant à ses affaires de façon ordinaire, des dizaines de soldats français et d’artilleurs sénégalais cantonnés à Z’mala ont encerclé les lieux et sauvagement massacré tout ce qui se trouvait sur leur passage dans un déferlement de haine et de sauvagerie innommables contre les autochtones de tous bords.

On dénombre de 75 à 125 morts, des dizaines de blessés et des hommes malmenés et internés dans des centres d’interrogatoire et de torture. Cette action punitive collective décidée par les autorités de l’époque suite à une embuscade de moudjahidine ayant ciblé un convoi militaire dans lequel un officier de l’armée française avait été tué et plusieurs Sénégalais blessés, est connue sous le chrononyme de «Dimanche noir.»

En ce 63e anniversaire de ce funeste événement, ni les autorités locales ni les associations activant dans le champ mémoriel, encore moins la famille dite «révolutionnaire» et la radio de Biskra n’ont évoqué cet événement. «Je comprends que le hirak tétanise la société entière et que les autorités locales peuvent être accusées de récupération et de démagogie, mais un événement historique tel que celui-ci ne doit pas être occulté pour le bien des jeunes devant connaître l’histoire de la Reine des Ziban, martyrisée durant la guerre de Libération nationale. Pour moi, c’est un génocide planifié contre une population désarmée, passible des tribunaux internationaux jugeant les crimes contre l’humanité qui sont imprescriptibles», a souligné Slimane Tifoughi, un septuagénaire de Biskra.

Pour ce patriote inconditionnel, ce «Dimanche noir», constituait le souvenir le plus atroce de son existence, car il avait perdu son père alors âgé de 66 ans et son frère de 18 ans, fauchés par une rafale de mitraillette, un fait qui ne doit pas être passé sous silence.


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