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Sur la corniche annabie

Une promotion douteuse décriée

30 juin 2019 à 9 h 00 min

C’est très dur de voir partir en fumée les économies de toute une vie, parce que l’Etat, déliquescent, gangrené par la corruption, n’a pas été en mesure de garantir l’application des règles pour vous protéger de la voracité des prédateurs, de la violence des puissants et de la cruauté des riches.

C’est ce qui arrive aux locataires de la résidence Ponté Vecchio, dite «Bouraoui», à Rizi Amor (ex-Chapuis) à Annaba. Ces derniers ont acheté en 2003, il y a donc 15 ans, leurs appartements au prix fort, car bien situés, avec vue sur mer. Et puis, soudainement, en un temps record, en moins de 10 mois, une construction de 16 étages, soit 50 mètres de haut a commencé à surgir devant leurs fenêtres, en juillet 2018.

«C’est une violation des lois», vitupèrent les locataires de la Tour Bouraoui, qui placent tous leurs espoirs dans la justice qu’ils viennent de saisir. La construction décriée, propriété du promoteur Bouhmila Malek, est une tour d’habitation, alors que le POS (Plan d’occupation du sol) privilégie des équipements touristiques et balnéaires, «sous réserve qu’ils ne présentent aucune gêne pour le voisinage».

En quelques semaines, la tour est passée de 9 à 12 étages, jusqu’à en atteindre16 ,soit 50 mètres de haut, autrement dit 5 fois celle fixée par le POS. Les Chinois de l’entreprise GAEA qui réalisent la tour de Bouhmila travaillent 24h/24, à un rythme effréné, a-t-on soutenu.

D’autres irrégularités, qui remettent également en cause le permis de construire, ont été relevées, comme la mitoyenneté qui n’a pas été respectée et le coefficient d’emprise au sol (CES), qui oblige le promoteur à laisser de l’espace entre la construction et les limites de son assiette.

Selon des témoins dignes de foi, présents lors d’une soirée officielle en mars 2018, le permis de construire, bloqué par l’ancien wali, Youcef Chorfa, pendant plus de deux ans (2016-2017), a été libéré sur le champ, lorsque le promoteur Bouhmila Malek a pu approcher le wali suivant, Mohamed Selmani. En contrepartie, rapportent toujours nos sources, de la réfection de bâtisses dans la vieille ville, pour un montant de 20 millions de dinars.

Au téléphone, Malek Bouhmila nous a répondu que, lorsqu’il s’est rendu acquéreur des 2500 m² de terrain auprès des Bouraoui, il n’y avait pas de projet d’hôtel, mais celui d’une promotion d’habitation de 12 étages. Et si aujourd’hui il y en a 16, c’est parce qu’il a ajouté deux niveaux de mezzanines (entresol) qu’on ne prend pas en compte, selon lui, dans le calcul de la hauteur totale de l’immeuble.

Quant au reste «il est conforme à la réglementation à laquelle il veille jalousement», s’explique encore ce promoteur, très connu sur la place d’Annaba. Il justifie les deux ans d’attente du permis de construire par des agissements de responsables qui ont la haute main sur ces dossiers.


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