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Un spécialiste estime plus que nécessaire le lancement d’enquêtes scientifiques sur les effets des produits anti-moustiques issus du marché extérieur.

Les mises en garde des spécialistes

14 août 2014 à 10 h 00 min

A Annaba comme partout ailleurs, la saison estivale s’est confortablement installée. Grandes chaleurs, affluence des estivants, prolifération des décharges sauvages où sont déversées des tonnes de déchets urbains à défaut d’hygiène publique. L’environnement est ainsi favorable aux moustiques pour se refaire une santé de fer et de redoubler de férocité.

Considérant la rareté des opérations de démoustication et face à l’impuissance des services d’hygiène communaux à circonscrire le phénomène des dépotoirs anarchiques, renforcer l’arsenal de lutte contre ces anophèles, vecteurs de graves maladies, reste la seule alternative pour y venir à bout. Les magasins, supérettes et kiosques où sont exposés différents types d’insecticides sont pris d’assaut par les populations pour s’assurer des nuits paisibles, à l’abri des piqûres souvent douloureuses de ces culicidés.

Ainsi, on y trouve les pastilles parfumées, celles  sans odeurs et autres types d’appareils insecticides avec ou sans odeur. Mais a-t-on pensé à l’impact de l’inhalation des gaz inodores émis sur la santé humaine ? Et qu’en est-il des principes actifs des liquides répulsifs utilisés par la commune ; des organophosphorés de fabrication locale : Actellic 50, Fénithol, Fénitox et Malatox ?

Les spécialistes de la santé publique interrogés à ce propos sont catégoriques : Aucune étude n’a, à ce jour, été entreprise. Partant, ils tirent la sonnette d’alarme et préconisent des enquêtes entomologiques avant d’entamer toute opération de démoustication non sans la mise en place urgente de laboratoires d’entomologie. Les mêmes spécialistes insistent, par ailleurs, sur le danger que constitue pour l’homme la Deltamithrine.

Ce produit chimique est un traitement déployé en période estivale pour la lutte et la prévention de la leishmaniose viscérale, maladie pouvant être transmises par six vecteurs dont les insectes phlébotomes. «Je ne vois pas l’utilité d’injecter ce produit alors que ce type de maladie est spécifique aux régions du Sud. A-t-on pensé à ses effets sur la santé des habitants habitués à un climat autre que celui des régions sahariennes ?» se demande M. L., praticien de l’infectiologie et conseiller auprès du service prophylaxie de la commune de Annaba.

Notre interlocuteur estime plus que nécessaire le lancement d’enquêtes scientifiques sur les effets des produits anti-moustiques issus du marché extérieur. Et pour cause, explique t-il, ces produits sont spécifiquement destinés aux régions d’Asie et d’Europe et peuvent ne pas être adaptables à notre climat et aux espèces de larves et moustiques qui se développent en Algérie. Pour lui, la lutte chimique et biologique doit impérativement être menée en parallèle avec celle physique, c’est-à-dire réunir les conditions d’hygiène appropriées.

Produits cancerigènes

Il pense en priorité aux enfants en bas âge qui sont exposés en permanence à différents types d’insecticides qu’ils soient parfumés ou sans odeurs. A cela une raison : Au fil du temps et des années, l’inhalation de ces odeurs et gaz inodores risquent de provoquer de graves maladies respiratoires, certains types de cancer et même la stérilité. «J’ai deux enfants en bas âges et réside dans une cité infestée de moustiques mais je n’ai à aucun moment utilisé d’insecticides, quelles qu’en soient leur nature, origine ou leur efficacité.

Bien les couvrir, appliquer du vinaigre, recette de grand-mères, au lieu de les exposer aux dangers susceptibles d’être occasionnés par les gaz émanant des insecticides ou pastilles notamment ceux sans odeur. D’autant que, jamais une étude sur leurs principes actifs n’a, jusqu’à l’heure, été réalisée», déplore le praticien. Les gérants des différents magasins et supérettes interrogés sont du même avis. «Devant la canicule qui frappe le pays depuis quelques jours et la folle invasion de moustiques, de plus en plus nombreux sont les clients à jeter leur dévolu sur les pastilles, appareils et insecticides sans odeurs dont on ignore l’origine.

Même si je le commercialise, je peux vous dire que je ne me suis jamais servi de ce type de produits répulsifs. Je me contente des insecticides injectés par la commune qui sont de fabrication locale», souligne l’un d’entre eux. Envahissants et vecteurs incontestables de multiples maladies graves, voilà en quoi se résume la sinistre réputation du moustique. Les produits et moyens en usage excessif dans notre pays pour tenter d’en venir à bout ne sont pas sans danger et leurs effets sur la santé curieusement négligées. Qu’attend-on pour en prendre sérieusement conscience ?
 


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