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Hôpital Ibn Sina de Annaba : Effondrement au service de néphrologie

04 septembre 2019 à 8 h 27 min

Les malades souffrant d’insuffisance rénale chronique de la wilaya d’Annaba sont choqués. Leur seul service de néphrologie, situé au niveau de l’hôpital Ibn Sina (CHU Annaba) a connu un effondrement tel que les supports des balcons sont tombés dans la matinée d’hier, alors que des malades s’apprêtaient à accéder au service, a-t-on constaté sur place.

Heureusement qu’on ne déplore aucune victime. Datant de la période coloniale, ce service n’a jamais été pris en charge sérieusement. Un grave problème que le ministre de la Santé a appris lors de sa dernière visite à Annaba, à travers l’intervention du Pr Ayadi Abdelaziz, le président de l’Ordre des médecins de la région.

Tel un porte-parole des insuffisants rénaux, le Pr Ayadi a abordé les conditions inhumaines de la prise en charge des malades de par la vétusté avancée de la bâtisse qui abrite le service néphrologie et la nécessité d’une prise en charge sérieuse.

Les malades, dont la voix n’a jamais été entendue, dénoncent eux aussi ces conditions. Ayant pris attache avec notre rédaction, plusieurs malades se plaignent: «Dans ce service, on peut mourir pour absence d’un simple ECG, un appareil qui mesure l’activité du cœur.

On peut mourir aussi de contamination d’hépatite C, car il n’y a pas d’équipements de stérilisation du matériel médical.» Cependant, l’état piteux de ce service, assorti d’un risque latent d’effondrement total et l’indisponibilité des équipements, ne sont pas les seules insuffisances desquelles souffrent les malades chroniques. Selon plusieurs parmi eux, les nouveaux patients nécessitant des séances de dialyse font l’objet d’orientation vers des cliniques privées choisies.

Ils sont considérés comme des «nouvelles recrues». Bien qu’elles soient conventionnées avec la CNAS, des cliniques spécialisées ne disposent même pas d’un néphrologue, incontournable pour accompagner les malades pendant leurs séances de dialyse (3 fois/semaine). «Après avoir confirmé mon insuffisance rénale chronique et l’obligation de me faire dialyser au moins trois fois par semaine, j’ai été orienté vers une clinique privée à Annaba par mon médecin traitant.

A ma surprise, on m’apprend lors l’une de mes séances de dialyse qu’il n’y a pas un néphrologue permanent dans cette clinique. Pour colmater cette brèche, des néphrologues du service public assurent cette mission clandestinement», révèle «une nouvelle recrue», qui a entamé récemment ses séances de dialyse. Interrogés sur cette pratique, plusieurs autres malades l’ont confirmée.

Mais où sont passés les contrôleurs de la CNAS de Annaba avec laquelle sont conventionnées ces cliniques? N’est-il pas exigé pour toutes les cliniques privées de dialyse le recrutement à temps plein d’au moins un néphrologue ? Y-a-t-il une complicité dans ce créneau juteux, dont les seules victimes sont les malades souffrant d‘insuffisance rénale chronique ? Des interrogations et beaucoup d’autres qui ne trouvent pas de réponses.

Rappelons que le ministre de la Santé a appelé le 26 août dernier les citoyens d’Annaba à «dénoncer tout comportement contraire à l’éthique dont seraient auteurs les médecins des secteurs public et même privé. La direction de la santé de Annaba dispose de 12 inspecteurs. Ils enquêteront quotidiennement sur les doléances des patients et les dépassements des médecins qui les orientent vers le secteur privé.

Les sanctions seront exemplaires». Une enquête sérieuse des services de sécurité s’impose pour mettre fin à ce présumé trafic de malades dans la wilaya d’Annaba. Affaire à suivre…


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