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Culture des arachides à El Tarf : Une production du terroir en attente de labellisation

21 février 2021 à 9 h 30 min

Cacahuètes ou arachides ? C’est la même chose, mais les anciens disent que la cacahuète c’est l’arachide une fois épluchée pour être consommée.

Pas de distinction en parlé algérien puisque l’une est l’autre répondent à l’appellation kawkaw. Et puis il y a l’appellation arabe littéraire «foul soudani» qui signifie fève soudanaise qui est aussi comme l’arachide une légumineuse. Mais vient-elle du Soudan ?

L’arachide (Arachis hypogaea) est une plante originaire d’Amérique du Sud cultivée depuis des millénaires dans les civilisations précolombiennes. Il semblerait que ce soient les négriers portugais qui l’auraient importée en Afrique de l’ouest qui deviendra un centre de production mondiale pendant la période coloniale pour la production d’huile d’arachide destinée à la fabrication du savon et l’alimentation. C’est probablement de là que vient la dénomination de «foul soudani».

En Algérie, il y a une variété cultivée depuis au moins les années 1940, très appréciée pour son goût légèrement sucré et qu’on appelle la petite Calloise, de La Calle, ancien nom d’El Kala (El Tarf). Elle était très recherchée dans la pâtisserie traditionnelle comme erzats des amandes, mais beaucoup moins depuis que les consommateurs sont devenus plus exigeants.

La petite Calloise est deux fois plus petite que les variétés importées d’Espagne où celles cultivées depuis peu dans la région d’El Oued, mais plus savoureuses. C’est une variété à part, celle d’un terroir fait de sols sablonneux dunaires provenant de la désagrégation des grès de Numidie, assise géologique régionale qui donne aussi les belles plages de la région. On ne sait pas très bien comment elle a atterri dans la région. Toutefois, ce n’est pas une culture ancestrale, c’est certain, selon des enfants de cultivateurs qui ont hérité des parcelles de leurs grands-parents.

On lui donne moins de 100 ans, ce qui semble correspondre à l’époque où la France coloniale, confrontée à une pénurie de carburant au lendemain de la crise économique mondiale de 1929 et la Seconde Guerre mondiale, s’est tournée vers ses colonies d’Afrique du Nord et de l’Ouest pour des approvisionnements en carburant produit à partir d’huile d’arachide. La petite Calloise serait-elle alors le premier bio carburant produit en Algérie ?

Premier biocarburant d’Algérie

Une association de cultivateurs d’arachides à El Tarf attend son agrément pour pouvoir faire avancer le dossier de labélisation qu’elle projette d’introduire devant le ministère de l’Agriculture. La variété qu’ils cultivent, même si elle se montre diversifiée d’une zone cultivée à une autre, est unique et fortement liée au terroir.

Elle est cultivée sans apports nutritifs bien que les sols soient légers, ce qui lui confère un statut très avantageux de produit sain. Il y a ainsi une plus-value qui serait d’un grand secours à cette activité qui pourrait s’étendre encore. La petite Calloise fait face à une féroce concurrence avec les prix pratiqués par les variétés importées.

Les cacahuètes exigent une préparation minutieuse de la terre puis un pénible travail manuel pour la plantation, la récolte et le nettoyage. Il y aurait quelque 300 cultivateurs, petits, car les grandes exploitations d’arachides n’existent pas, avec 3 à 4 hectares en moyenne par exploitation.

On s’attend en 2021 à une production relativement meilleure, soit 9 180 q contre 8960 q en 2020 pour une superficie emblavée de 700 ha. Une production en régression car, comme nous le disent des professionnels de la chambre de l’Agriculture, elle a atteint 1000 ha en 2018 et 2000 ha les années d’avant. Pour eux, il y a des charges incompressibles qui font que sous 250 DA le kg, ils sont déficitaires. Ce n’est rentable qu’à partir de 300 DA/kg.

Pour le président de l’association Rimel El Kawkaw, la main d’œuvre à 250 DA l’heure est ruineuse et il faut en urgence une aide de l’Etat pour passer à la mécanisation surtout du nettoyage.


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