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Rencontre des acteurs de la filière avicole à Guelma

Une activité qui «bat de l’aile»

11 février 2019 à 10 h 00 min

Des professionnels estiment qu’une anarchie totale caractérise l’abattage des volailles, où seulement 20 % des produits répondent aux normes.

les professionnels de la filière avicole de 12 wilayas de l’est du pays ont été conviés à une journée d’étude organisée, samedi, à la maison de la culture Abdelmadjid Echaffi de Guelma, à l’initiative du Conseil national interprofessionnel de la filière avicole (CNIFA) sous le thème : «Développement et modernisation»,  en collaboration avec la DSA de la wilaya.

«Savez-vous que nous avons les moyens d’exporter des œufs ! Notre capacité de production dépasse de deux fois et demie nos besoins nationaux. Mais nous sommes incapables de le faire», a déclaré à l’assistance, Mourad Tabhirt, secrétaire général de la CNIFA.

«Cependant, il est évident que nous ne pourrons exporter qu’à condition de mettre à niveau notre filière. Cette exportation se fera en direction des pays du Sud», ajoutera-t-il.

Et de conclure : «Il faut savoir que dans le secteur de l’abattage des volailles, seulement 20 % des produits répondent aux normes d’abattage. Cela veut dire que 80 % des poulets sont abattus dans l’anarchie la plus totale.»

Ainsi, force est de constater que la filière avicole «bat de l’aile». Pourtant, la consommation de  viande blanche est en constante augmentation. «Les Algériens consomment en moyenne 20 kilogrammes de viande blanche par an et par habitant», tient à souligner le président du CNIFA.

«C’est un secteur qui emploie plus de 500 000 travailleurs directs, 2 millions indirects, pour une production annuelle de 650 000 tonnes de viande blanche et 8 milliards d’œufs», notera-t-il. Ainsi, à l’issue de cette journée, un éventail non négligeable de problèmes qui entravent le développement de cette filière ont été énumérés par les intervenants.

On citera, entre autres, les locaux vétustes dans lesquels est pratiqué l’élevage, le manque d’abattoirs normalisés, le manque de laboratoires dédiés à l’aviculture, soit six seulement à l’échelle nationale.

Les professionnels de ce secteur ont évoqué également l’anarchie remarquée dans la distribution des produits pharmaceutiques vétérinaires, la hausse du prix des poussins et plus que tout l’absence d’un marché national qui régule le prix de la viande blanche.

Quoi qu’il en soit, est-il possible aujourd’hui de développer et de moderniser la filière avicole en Algérie ?

A cette question, les membres du bureau du CNIFA annoncent qu’il est possible de le faire avec pour objectif l’exportation. Dans ce contexte, le marché de la viandes blanche va changer de mains.

«Oui, ce business va changer de mains. Il va passer aux mains des gros investisseurs. Il ne sera plus question de batteries de 4 500 poulets et des tueries de 300 à 1000 poulets par jour, mais au passage à de véritables usines», soutiennent nos interlocuteurs.

Dans ce contexte, un éleveur de la commune de Didouche Mourad, dans la wilaya de Constantine, ne voit pas d’inconvénient à ce genre de développement. «J’ai demandé à investir pour la création d’un abattoir avec un tunnel de congélation.

Le cahier des charges est pourtant clair, il faut plus de 5 000 m2 pour la réalisation d’un tel projet.

Mais contre toute attente les autorités locales m’ont proposé un terrain de 800 m2», a-t-il déclaré à  El Watan, visiblement déçu. Notons enfin qu’une prochaine journée  similaire sera organisée le 13 février prochain à Alger.                     

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