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Un incendie a ravagé la commune de Nechmaya (Guelma) : Les populations racontent l’enfer de leur solitude

10 août 2019 à 8 h 21 min

Un incendie d’une rare violence a ravagé, mercredi dernier, plus d’un millier d’hectares de terre à Nechmaya, commune située à 20 km au nord de Guelma, où vivent de nombreuses familles dans des mechtas éparses.

Des familles qui ont pratiquement tout perdu en quelques heures. En effet, c’est le chaos, la désolation et surtout la détresse, de ces pères et mères de famille qu’El Watan a rencontrés le lendemain du sinistre, jeudi matin, sur les ruines des poulaillers, étables et bergeries, qui fumaient encore l’odeur âpre de la mort.

Rien n’a résisté à la fournaise sur cette route goudronnée, ouverte à l’ouest de Nechmaya dans le cadre du désenclavement. Même les compteurs électriques ont fondu, ainsi que les câbles de moyenne tension. Sans eau ni électricité, les habitants déambulaient, hagards, dans leurs mechtas. «J’ai tout perdu, il ne me reste rien.

Nos sept vaches sont mortes brûlées. Nous les avons entendu exploser une à une comme des déflagrations de fusil par la forte chaleur. Il ne reste que des cendres de la bergerie de mon oncle», déclare un éleveur. «Regardez par vous-mêmes, tous nos brebis et moutons calcinés. Nous sommes seuls ici. Hier, personne n’est venu nous secourir», affirme-t-il.

Un peu plus loin, une femme nous montre ce qui reste de son chien. «Même notre chien n’a pas pu s’enfuir», nous dit-elle. Dans une bergerie, un guide nous montre des moutons et des vaches. Des animaux sauvés, mais brûlés par les flammes. C’est ainsi que la vie a pris les allures d’une catastrophe, mercredi dernier, entre 14 h et 18 h, dans les mechtas Gaabel El Kef, Lahsaaïr, Landjassa, Fedj El Chaïr, El Azla, où plus de 70 familles retranchées dans leurs maisons construites sur des terrains accidentés ont été surprises par les flammes attisées par la canicule et les vents. «Vers 14h30 mn, nous sommes sortis de la maison.

Nous n’avons rien pu faire. Mon père a eu les deux mains brûlées en sauvant quelques brebis. Nous avons sauvé ma belle- sœur et son enfant d’une mort certaine, ils se sont retranchés dans une faille entre deux rochers. Il était impossible de voir à plus de 25 mètres avec la fumée. Les flammes sont venues d’Eulma, une commune de la wilaya d’Annaba», raconte un autre éleveur, la gorge nouée. Nous l’avons rencontré sur un chemin, où des centaines d’oliviers et des troncs de figues de Barbarie ont été calcinés. «Mes ruches, c’est ma fortune, mes abeilles sont mortes, que vais-je devenir avec ma femme et mes enfants ?», nous révèle un apiculteur en larmes.

Une commission pour évaluer les dégâts

En début d’après-midi, au lendemain du sinistre, une commission composée d’agents de la Protection civile, de la Gendarmerie nationale, des gardes forestiers, de la direction des services agricoles et de l’APC de Nechmaya inspectait les lieux. Leur présence a été vivement critiquée. «Hier (mercredi, ndlr), la Protection civile est restée en retrait, ses élements n’ont rien pu faire. Seuls les gardes forestiers ont tenté d’éteindre le feu, mais leur matériel est dérisoire.

Bien évidemment, il y a eu la solidarité des habitants entre eux», nous a-t-on raconté. «Ils font un recensement des habitants et des dégâts. Mais nous savons tous que rares sont ceux qui ont souscrit une assurance. Nous sommes des gens pauvres», poursuivent nos interlocuteurs.

En revenant sur Nechmaya, quelques kilomètres plus bas, c’est le secrétaire général de l’APC qui nous reçoit. «Le maire ne s’est pas manifesté hier, parce qu’il est en congé. Nous avons dépêché un bus de la commune pour transporter les femmes et les enfants vers le centre culturel de la ville. Un enfant a été évacué vers le CHU d’Annaba. J’apprends à l’instant qu’il est hors de danger», dit-il. Et de conclure : «Nous sommes en contact avec la DAS.

Nous allons dresser une liste des sinistrés pour collecter des effets vestimentaires et des dons en nature.» Un premier bilan de la Protection civile rendu public tard dans la soirée du 8 au 9 août, de cet incendie le plus violent depuis la décennie noire, estime les dégâts à 11 bovins, 30 moutons, 500 ruches d’abeilles, 3 batteries de poules pondeuses, deux hangars avec 8 500 poulets de chair, 19 400 poussins élevés dans six serres en plastique, 2828 oliviers et des centaines d’arbres fruitiers.

Quant aux victimes, il s’agit de trois personnes, dont une femme, un vieil homme et un enfant brûlés et asphyxiés par la fumée. Notons enfin, et dans la même journée, que les communes de Guellat Bousbaa et Héliopolis ont été en proie à des incendies, heureusement moins violents.


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