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Dossier.

Effondrement à la cascade de Hammam Debagh à Guelma : Les organismes et les directions concernés mobilisés

11 avril 2021 à 9 h 16 min

Le séisme d’une magnitude 4,8 sur l’échelle de Richter et ses répliques, qui ont ébranlé jeudi et vendredi derniers, la région de Guelma, ont provoqué l’effondrement d’une partie de la cascade de Hammam Debagh.

Depuis, l’accès des visiteurs au site, dont la gestion est confiée à l’ANDT (Agence nationale de développement du tourisme), a été immédiatement interdit sur instruction des directions du tourisme et de l’hydraulique, suite aux recommandations du CTH Annaba, un organisme national de contrôle technique de la construction hydraulique, sous tutelle du ministère des Ressources en eau. «Nous nous sommes rendus sur le site de la cascade pour faire un premier constat.

Le CTH a immédiatement recommandé que le site soit sécurisé et interdit d’accès aux visiteurs. Nous aurons plus de détails après les résultats de l’expertise», a révélé à El Watan Bakel Salah, directeur du tourisme et de l’artisanat de la wilaya de Guelma. Ainsi, le problème étant posé, qu’en est-il au juste ? «Ce que je peux vous dire à ce sujet, c’est que l’effondrement de cette partie de la cascade a eu lieu plus exactement lors de la 3e réplique enregistrée vendredi à 3h37», a déclaré encore à El Watan Nourddine Guerraiche, directeur des ressources en eaux de la wilaya.

Et de préciser : «Nous avons été alertés immédiatement. Des informations faisaient état que la source qui alimente la cascade avait disparu à la suite du séisme. Heureusement pour nous, l’information s’est révélée fausse. Pour le reste, le CTH de Annaba a recommandé une sécurisation des lieux en attendant une expertise plus approfondie.» Et de conclure : «Il n’est pas question de faire intervenir des engins pour le déblaiement au risque d’aggraver les fissurations. Si des travaux doivent être réalisés, ils se feront manuellement. Et cela prendra le temps qu’il faudra. Un bureau d’études de la wilaya de Guelma devrait nous fournir ses conclusions.»

L’imagerie pour diagnostiquer l’étendue des dégâts

Ainsi, cette majestueuse formation calcique millénaire, issue des griffons d’eaux thermales les plus chaudes sur terre (96°C) après celles des geysers d’Islande, devenue la carte-postale de la wilaya de Guelma et certainement l’une des plus connues au monde, n’a jamais été à l’abri des secousses telluriques. En plus de l’activité humaine aux abords de la cascade, ce sont plus de 124 secousses telluriques qui ont été enregistrées par le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG) entre 2003 et 2008, avec des amplitudes variant entre 2,0 et 4,8 sur l’échelle de Richter.

La wilaya de Guelma étant classée à un risque plus que moyen, codifié II B, selon les règles parasismiques algériennes (RPA 1999), révisées en 2003. «Il y a des failles sur la cascade qui ont été provoquées par les secousses de 2003. Elles n’ont pas été traitées. Cependant, au moment même où je vous parle, nous recevons une proposition d’expertise d’un bureau d’études. Il est question d’une expertise par imagerie. Cela permettra de diagnostiquer l’étendue des dégâts dans le sous-sol de la cascade», réplique le directeur de l’hydraulique.

Côté tourisme, c’est le calme plat à Hammam Debagh. : «Cette secousse n’a pas affecté l’affluence touristique puisqu’elle est survenue après la période des vacances de printemps. Néanmoins, nos visiteurs actuels sont privés d’entrée sur le site de la cascade», a souligné le P/APC de Hammam Debagh. «Vous savez, nous n’avons aucun droit de regard sur cette cascade puisqu’elle est gérée par l’ANDT», a-t-il ajouté. Quoi qu’il en soit, et dans l’attente de la remise d’un rapport qui mettra fin probablement aux incertitudes d’entamer les déblaiements dans de meilleures conditions et par la même procéder à d’éventuelles interventions pour colmater les brèches, des voix n’ont pas manqué de se faire entendre. «Il faut laisser faire la nature ! Elle reprendra toujours ses droits sans l’intervention des mains maladroites des hommes», ont confié d’anciens habitants de la région qui ont vu maintes fois s’écrouler des pans de cette cascade et se régénérer avec les années.

Une histoire qui remonte à des millénaires

Comment ne pas réagir à l’effondrement aussi infime soit-il d’une cascade reconnue parmi les sites naturels en Algérie par arrêté du 27 juin 1993 paru au Journal officiel. Une cascade qui a vu durant des millénaires se baigner et se prélasser des populations autochtones, à l’image des premiers hommes dont les traces ont été découvertes dans la région pour voir aussi les Numides et les Carthaginois (présence de stèles et d’inscriptions néo-puniques déposées au musée de Guelma), jusqu’à l’invasion romaine durant laquelle a été créée l’antique Aqua Thiblitanae, des thermes romains dépendant de la ville de Thibilis, aujourd’hui Sellaoua Anouna.

Ainsi, plus qu’une curiosité, la cascade de Hammam Debagh verra également passer les musulmans, lors de leurs conquêtes, les Turcs puis la colonisation française, laquelle a construit à proximité, un hôpital militaire, un hôtel et des bains entre 1870 et 1890 en procédant aussi aux analyses des eaux thermales. Mais encore Hammam Meskhoutine avec ses premières gravures et cartes-postales dont les plus anciennes remontent à la fin du XIXe siècle sera une destination touristique pour des millions de curistes.

Aujourd’hui, Hammam Debagh est une station thermale par excellence dans la wilaya de Guelma, notamment avec la dernière mise en valeur du site de la cascade opérée qui a coûté des millions de dinars.


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