30e vendredi : Grande mobilisation à l'est du pays | El Watan
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lundi, 18 novembre, 2019
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30e vendredi : Grande mobilisation à l’est du pays

Le 30e vendredi de la révolution pacifique ( Hirak) a été intense dans les wilayas de l’est du pays. Comptes rendus de nos journalistes à Sétif, Oum El Bouaghi, Annaba, Souk Ahras, Biskra, Jijel, Tébessa, BBA et Guelma. 

Sétif : Une mobilisation inébranlable …                                                   

Qu’il pleuve ou qu’il vente, les Sétifiens sont à l’instar de leurs concitoyens des autres régions du pays, au rendez-vous de l’Histoire.

Pour le 30e vendredi consécutif, une importante frange de la population des hauts plateaux sétifiens descend dans une  rue submergée par les restes du sable et des pierres charriés par les dernières pluies démasquant, une fois de plus, le bricolage  des gestionnaires de la ville du 8 mai 1945 où la mobilisation  ne faiblit pas.

Comme à l’accoutumée, les  manifestants exigent haut et fort, le départ des derniers symboles  du régime, la libération des détenus d’opinions et l’arrêt des arrestations abusives des figures de proue du hirak. L’application des articles 7et 8 de la contestation, la reconnaissance du vote du peuple refusant catégoriquement toute élection présidentielle chapeautée par le  système qui ne s’est pas gêné  de siphonner les richesses du pays. Prenant le relais des pluies diluviennes , la chaleur caniculaire , n’a pas donc empêché des centaines de citoyens venus des quatre coins de wilaya , à battre le pavé et à scander « maakech el vot maa el isaabet » ( pas de vote avec les gangs) « achaab yourid doulaa madania la-askaria »( le Peuple veut un Etat civil et non militaire) .

Tels sont donc les principaux slogans  lancés par la foule réitérant une fois de plus son refus catégorique de l’agenda politique préconisé par le pouvoir et les gens du panel, fustigés pour n’avoir pas  mis  en préambule la  révision de la constitution qui ne devrait plus octroyer les  pouvoirs absolus,  au locataire d’El-Mouradia …      

Oum El Bouaghi : Le Hirak continue

Aujourd’hui encore, (30ème vendredi du mouvement citoyen), les manifestants sont encore sortis pour marcher et scander leur refus de participer aux élections présidentielles. Zinou, un citoyen ayant toujours pris part aux marches, tant ici qu’à Alger, reconnait que le mouvement continue et ne doit pas connaître de rémission ni recul.

En plus des slogans déjà portés sur des écriteaux, comme « makach entikhabat  ya Issabat », nous remarquons d’autres comme « Vous ne croyez pas au mouvement populaire, comment croire en vos élections ? » C’est un écriteau écrit en arabe dialectal.

Ce n’est pas seulement au nouveau du chef-lieu de wilaya que des marches sont organisées chaque vendredi, mais encore à Aïn M’Lila et Aïn Beida, les deux autres plus grandes agglomérations de la région. Dans ces villes aussi, les citoyens sortent dans la rue pour crier leur colère et exiger le changement. «Dawla madania, machi 3skaria » ne cessent-ils de scander à tue-tête.

Annaba : « Libérez Tabou, libérez les détenus d’opinion »

« Libérez Tabou, libérez les détenus d’opinion », tel était aujourd’hui, l’un des principaux slogans des manifestants qui a résonné sur le Cours de la révolution, la plus importante place publique de la wilaya de Annaba. En effet, que ce soit sur les pancartes, les banderoles ou autres portraits, la photo de Karim Tabou menotté a illustré les marches du 30ème vendredi de Annaba auxquelles a pris part une importante masse populaire.

« Nous sommes tous Karim Tabou. C’est un jeune politicien qui a brillé par son amour pour son pays, son nationalisme et surtout par sa tolérance. Il est issu du premier parti de l’opposition, le FFS de Hocine Ait Ahmed. L’arrêter pour son opinion politique critique est une aberration au même titre que le moudjahid Lakhdar Bouragaâ. Notre mouvement populaire revendique justement une Algérie démocratique de droit et de liberté. Même sous le système de Bouteflika et sa bande nous n’avons pas assisté à des pratiques pareilles de répressions et d’arrestations », regrettent des avocats rencontrés sur le perron du Théâtre Régional de Annaba. Contrairement aux vendredis passés, il n’y avait hier une ambiance festive. La colère et l’inquiétude étaient perceptibles sur les visages des hommes, femmes, jeunes et moins jeunes. Leur dénominateur commun est le rejet catégorique des prochaines élections présidentielles sous les résidus de la Issaba, Bensalah et Bedoui en l’occurrence. « Pas de vote avec la issaba », « nous jurons de ne pas aller aux urnes », « Il n’y aura pas de vote avec les habitués aux casse-croutes », « état civil pas militaire »… sont entre autres messages adressés par les protestataires à ceux qui veulent organiser des élections présidentielles avec les symboles de l’ancien système, spécialiste de la fraude. «  Dans la forme, aucun algérien n’est contre les élections présidentielles. Cependant, dans le fond, les garanties d’une élection transparente sans aucune intervention des militaires sont totalement absentes. Sinon comment expliquer que le militaire intervient chaque semaine sur le champ politique alors que le civil qu’incarne, soit disant, le chef de l’Etat Bensalah est totalement absent sur la scène » s’interrogent les hirakistes de Annaba. Les services de sécurité, il y en avait en nombre, hier, en tenue civile et en uniforme, mais sans aucune intervention remarquable.

Souk Ahras : Le peuple veut le départ de la Issaba

Le départ de toute la Issaba (bande de malfaiteurs) est encore une condition sine qua non pour toutes éventuelles tentatives de relance des structures de l’Etat, selon les marcheurs de Souk-Ahras qui ont réitéré, à l’occasion, de ce vendredi, leur attachement aux principes immuables de la démocratie.

C’est au moins le résumé des slogans scandés et des écriteaux affichés par les manifestants, tous convaincus que la marche vers l’édification d’un Etat de droit ne saurait être réalisée sans la liberté d’expression et la libre activité partisane. Aussi les marcheurs ont exprimé leur vœu d’éradiquer tous les symboles de la gestion antérieure des affaires du pays.

Biskra : Soutien appuyé à Karim Tabbou

Pour le 30e vendredi du mouvement populaire contre le système politique en place depuis des lustres, des dizaines de manifestants ont marché, hier à Biskra, en scandant des slogans pour « un état civil et pas militaire » et dénoncer la mainmise des généraux sur le cours des événements ainsi que l’emprisonnement des activistes du Hirak et l’étouffement des voix opposées aux élections présidentielles jugées de « hâtives dans les conditions actuelles » et de « signes de la perpétuation et de pérennisation d’un régime abscond » rejeté par la majorité du peuple algérien aspirant à l’instauration d’une véritable démocratie garantissant les droits fondamentaux des citoyens, les libertés individuelles et collectives et le partage équitable des ressources du pays, a-t-on constaté. « Parlement et gouvernement, dégage, dégage. FLN, RND, dégage, dégage. Gaid Salah et Bensalah, dégage, dégage. Karim Younes et le vote, dégage, dégage, Medias, mouches et infiltrés, dégage, dégage. Nous jurons de ne pas voter.», ont clamé les manifestants en ponctuant cette marche hebdomadaire de plusieurs « Allah akbar, Karim Tabbou.» en signe de solidarité avec ce militant arrêté dernièrement ainsi que d’autres activistes du Hirak. « Arabe, Kabyles, nous sommes des frères. Il n’y a que l’identité algérienne qui compte et les aspirations du peuple à se débarrasser de la bande de voleurs, prédateurs, corrompus et corrupteurs qui ont mené le pays à la débâcle. Ceux qui sèment les germes de la discorde et de la zizanie au sein du peuple algérien en jouant avec les origines ethniques, la langue ou la religion se trompent de peuple. Les algériens sont unis et déterminés à lutter contre toutes les formes de tyrannie, à recouvrer leur indépendance et à replacer l’Algérie parmi le gotha des pays démocratiques.», a souligné un manifestant se disant révulser par les manœuvres et les ruses du pouvoir actuel « voulant se maintenir coûte que coûte, en faisant fi de la vox populi et contre vents et marées.», selon ses mots.

Jijel :  Cinglante réponse à AGS

C’est une foule des grands jours qui a battu le pavé hier à Jijel à l’occasion de la 30ème marche populaire. Les derniers discours menaçants du vice-ministre de la défense, Ahmed Gaïd Salah et l’arrestation de Karim Tabbou, semblent avoir eu l’effet de ragaillardir grandement le mouvement populaire à Jijel.

Les marcheurs, outre les réponses à AGS, s’était aussi l’occasion de rejeter la présidentielle dans les conditions actuelles hurlant à l’occasion aux abords de la cité administrative « Ulach elvot, ulach » et à l’adresse des « mouches » : « Ya lehas errangers, el hirak rahou labes » (Lèche-botte, sachez que le Hirak se porte bien).

Les slogans scandés étaient presque totalement destinés à AGS et dans une moindre mesure à Bedoui et Bensalah, accusés de vouloir réaliser un coup de force avec un simulacre d’élection.  On entendra « Gaïd Salah dezz mâahoum, wal intikhabat zid ansahoum » (Gaïd Salah « pousse avec eux » et oublie les élections) et « Bedoui, Bensalah et Gaïd Salah, dégage, dégage ! », « Jeich, châab, khawa khawa, wal Gaid Salah mâa khawana » (L’armée et le peuple sont frères et Gaid Salah est dans le camp des traites).

La foule a réitéré ses revendications pas  d’asseoir un Etat civil en Algérie et le caractère pacifique du mouvement : « Silmiya, silmiya, matalibna chariâya » (Pacifique, pacifique, nos revendications sont légitimes). Les manifestants ont montré leur solidarité avec Karim Tabbou et Lakhdar Bouregâa en criant « Allah ou akbar, Karim Tabbou »,  « Ah ya Tabbou ma ranach habsine » (Tabbou, on ne va pas s’arrêter),  « Libérez ! Libérez Bouregâa » ou encore  « Pouvoir assassin ».

Sur les pancartes brandies par des manifestants on pouvait lire « Karim, ta boue est comme la mienne, elle typiquement  est algérienne », « Ma voix n’arrive pas à la télévision, comment vous qu’elle atteigne l’urne ? », «Comment faire confiance à des élections d’un pouvoir qui monopolise les médias et manipule l’information ?» ou bien celle qui tranche qu’ « il n’est pas difficile de frauder lors des élections, mais il est difficile de décider d’arrêter la fraude ».

Guelma : « Le vote ne précède pas l’instauration de la démocratie »

« Pas de pourparlers et pas de vote sous la tutelle des figures emblématiques  du gang » persistent et signent les hirakistes en ce 30e vendredi de Hirak à Guelma. C’est du moins le message essentiel qu’a voulu transmettre les centaines de marcheurs à travers les rues et boulevards de ville à l’issue de la prière du vendredi pour s’estomper à celle d’el Asr. « Le peuple veut aller voter en toute liberté et dans la sérénité mais eux l’imposent bon gré mal gré » s’indignent les uns alors que d’autres n’ont pas fait dans la dentelle en scandant haut et fort de longues minutes sur le parcours « Gaid Salah , Bensalah Irhalou » pouvait-on entendre. En effet, l’heure est grave et les enjeux de taille « le vote ne précède pas l’instauration de la démocratie et n’engendre certainement pas la liberté » répliquent d’autres groupes pancartes à la main. L’actualité brulante n’a pas échappé aux marcheurs à Guelma notamment avec l’adoption des projets de lois relatifs à l’autorité indépendante des élections et au régime électoral. « C’est l’ultime insulte au peuple. Au moment ou des présidents des parties du régime agonisant sont en prison leurs parlementaires siègent pour adopter des lois sur les prochaines présidentielles qu’ils ont décidé. Quelle audace ! » Soutiennent amèrement des marcheurs de la première heure.

Tébessa :  Libérez Karim Tabou et tous les détenus d’opinion.

Pratiquement les mêmes  manifestants qui sortent chaque  vendredi dans les rues de Tébessa.  En ce 30ième vendredi  les marcheurs ont durant leur marche qui a débuté devant le siège de la wilaya scandé   des slogans hostiles au système  politique mis en place, réitérant les revendications exprimées  auparavant  soient le rejet catégorique de tout processus électoral avant le départ du dernier symbole du régime de Bouteflika. Sans doute ce qui a marqué la revendication populaire mise en avant dans  les pancartes la libération de Karim Tabou et de tous les détenus d’opinion. Un universitaire à la retraite se souvient  «  ces arrestation sommaires des hommes politique et autres  ça évoque chez les années 90 quand après avoir arrêté le processus électoral du FIS, on procédait à l’arrestation de toutes personnes qui s’exprimait ou fustigeait le régime politique de l’époque  c’était l’étape avant de décréter l’état de siège  » .

Bordj Bou Arréridj : Halte aux arrestations arbitraires

Inflexibles et déterminés,des centaines de manifestants sont sortis pour la 30è fois pour battre le pavé et maintenir la pression à travers un hirak, dont la flamme n’est, visiblement, pas près de s’éteindre de sitôt. En témoigne le slogan qui revient dans chaque marche :  » maranache habsine « . Le nom de l’inconditionnel du mouvement Karim Tabou et de tous les détenus ont amplement été scandés, particulièrement en ce  » vendredi 13 « .  » Non aux arrestations arbitraires « , » Libérez tous nos enfants « , » Ulac smah ulac », » de la base au sommet du pouvoir,la bande doit disparaître de l’échiquier politique « ,entend on et lit on sur des banderoles .


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