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mardi, 30 novembre, 2021
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Université d’El Annasser à Bordj Bou Arréridj : Il y a 150 ans, la révolte d’El Mokrani

10 mai 2021 à 9 h 14 min

Pour courte qu’elle soit, la révolte de la figure emblématique de la résistance Mohamed El Mokrani, qui n’a duré que cent jours, a pu rallier autour d’elle toute la région des Bibans, notamment Medjana et Bordj Bou Arréridj, avant de s’étendre à d’autres régions du pays.

C’est à l’université d’El Annasser qu’a été célébré jeudi dernier le 150e anniversaire de cette révolte. Face à un public composé d’étudiants et d’enseignants, les conférenciers ont dressé un tableau comparatif entre l’insurrection d’El Mokrani et celle des insurgés de la Commune de Paris qui ont eu lieu simultanément.

Après la défaite de la France devant la Prusse, les Communards ont tenté d’instaurer une République sociale et universelle sous la houlette de Rochefort, or, la tentative a fini dans un bain de sang.

Alors qu’El Mokrani, appuyé par la confrérie Rahmania, a refusé la reddition et le passage en cour d’Assises devant un jury de colons, en choisissant le combat, pour mourir en martyr un certain 5 mai 1871 dans un champ de bataille près de Bouira. Les déportés ont été l’autre pan de l’histoire qui a été évoquée dans ce colloque.

Sur le sujet, Ali Batache, retraité et ancien enseignant, dira à El Watan : «Il faut savoir que la France coloniale procéda à deux sortes de déportations : les déportés politiques et les déportés de droit commun. En 1864, douze insurgés ont été déportés depuis Belabbes, vingt autres depuis Khankat Sidi Nadji en 1876 et 104 citoyens considérés grands chefs, avec à leur tête Cheikh Ahaddad et El Aziz, ont été sélectionnés pour qu’ils soient tous déportés vers la Nouvelle-Calédonie, après un simulacre procès à Constantine puis transférés à Brest avant de les faire embarquer à bord de bateaux pour un périple de 22 000 km qui durera cinq mois».

Après un si long voyage, les déportés devaient subir de rudes épreuves. «Effectivement, ils furent dispatchés dans l’île des Pins sur deux résidences, l’une surveillée, l’autre libre. Et sur les 104 déportés, seuls quatre ont péri pendant la traversée de l’océan, contre 200 à 300 morts parmi les insurgés communards», poursuit-il. Et surtout, ils devaient endurer un dur déracinement après le dépaysement. «Contre toute attente, les déportés ont jalousement tenu à leurs traditions vestimentaires et culinaires, tout en refusant de manger du porc ou boire de l’alcool, pourtant, ils sont parvenus à vivre en parfaite harmonie avec Rochefort et autres détenus», a noté Ali Batache.

Comme pour tout prisonnier, la première idée qui lui traverse l’esprit c’est l’évasion. «Tout à fait. Après plusieurs tentatives d’évasion, El Aziz parvient en 1881 à se faire la belle (le premier harrag, en termes d’aujourd’hui) en direction de la Nouvelle-Zélande puis il met le cap sur Sydney d’où il envoya des lettres, dont je dispose de quelques-unes, puis il se dirigea vers Alexandrie avant de s’installer à La Mecque où il se maria.

En 1895, il a été autorisé à entrer dans le territoire français, puis mourra peu de temps après. Ceux qui sont restés dans l’archipel, généralement de droit commun, ils ont dû adopter le métissage dans leur mariage avec les Françaises», conclut notre interlocuteur. Au terme de ce colloque, des descendants d’El Mokrani et d’Ahaddad ont été honorés.


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