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Élimination des bidonvilles à Skikda : Les gourbis comme malédiction

10 février 2019 à 8 h 12 min

Classée en seconde position au niveau national après Alger, en nombre d’habitations précaires, la wilaya de Skikda a de tout temps vécu au rythme des bidonvilles.

Ces derniers, et des décennies durant, n’ont cessé de puiser le foncier et d’absorber d’innombrables programmes de logements sociaux, souvent au détriment des habitants du chef-lieu de wilaya. Cette étrange fatalité qui nuit à la ville, à ses habitants ainsi qu’à un cadre urbain en pleine mutation rurale, ne date pas d’hier.

En vérité, l’apparition des premiers bidonvilles remonte aux années 1950, plus précisément durant la Révolution. On déporta massivement des populations des hameaux éloignés pour couper tout soutien aux révolutionnaires et on les plaça dans des baraquements.

Les plus grands bidonvilles de l’époque sont ceux d’El Match, à la périphérie sud-ouest de la ville, et Bouabbaz, qui surplombe son versant est. Au lieu d’être éradiqués à l’indépendance, ces sites connaîtront une extraordinaire extension. Ils serviront d’assises à l’implantation anarchique d’autres gourbis, avec les vagues d’exode vers la ville.

A l’indépendance, les manques relevés dans la politique urbaine laisseront libre cours à la création de nouveaux bidonvilles sur d’autres sites. Le lexique social local connaîtra les nouvelles appellations de bidonvilles qui ont poussé à la Briqueterie, le Lac des oiseaux, Oued-Chadi, la Petite zone, Zef-Zef, Mamelon, et d’autres encore.

L’entame réelle de la bidonvillisation de Skikda commença avec l’ère de l’industrialisation dans le pays. La décision d’implanter une plateforme pétrochimique dans cette ville aura été le starter qui la métamorphosa. En dépit de la création d’un impressionnant nombre d’emplois, ce projet servira aussi d’aimant social qui attirera des centaines de citoyens des autres régions à la recherche de nouvelles opportunités sociales. Entre 1968 et 1977, la ville de Skikda a accueilli près de 13 000 nouveaux habitants, dont une partie finira par se rabattre sur les bidonvilles, vu le déficit en logements.

Selon une étude réalisée par l’ancienne Cadat, près de 1 000 gourbis ont été recensés en 1977. Cette hausse se poursuivra, et en moins de cinq ans, Skikda passa vite à 5 000 gourbis. L’expansion urbaine anarchique servira de terrain de prédilection à l’émergence de nouveaux sites, avant que la décennie noire ne vienne amplifier encore cette réalité.

Le nombre de ces lieux s’est plus que multiplié. En 2007, on comptait déjà 16 sites sur la périphérie. De multiples programmes d’éradication de cette immense plaie ont été menés depuis des décennies sans parvenir à y mettre un terme, hormis les dernières opérations d’éradication de l’immense bidonville d’El Match et de son jumeau de Bouabbaz. C’est déjà un grand pas, même si au même moment, d’autres gourbis ont vu le jour ailleurs.

Un véritable cercle vicieux, à moins que l’on décide de recourir à un dispositif de dissuasion. Mais la bidonvillisation de la ville n’est pas seulement ces habitats précaires en matériaux hétéroclites. Il existe des bidonvilles en dur, comme c’est le cas des sites ayant abrité les programmes dits «Une pièce-cuisine», à Bouabbaz et à Boulkeroua.

Des lieux qui abritent des maisons individuelles réalisées sans aucune norme et loin de toute approche d’ensemble et qui continuent d’enlaidir un paysage urbain déjà amoché.

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