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mardi, 11 août, 2020
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El Tarf : Gmihet, le hameau oublié

09 décembre 2019 à 9 h 00 min

A cause du manque de route, les habitants rencontrent d’énormes difficultés pour se déplacer ou pour évacuer un malade.

Sur le flanc d’une dune dorée par le soleil couchant qui embrase le sable blanc, au cœur d’un écrin de genévriers de Phénicie et de mimosas, sur les bords du Lac bleu, et à un jet de pierre de la plage de la Vieille Calle (El Kala, Tarf), il y a une douzaine d’habitations à seulement 150 mètres d’une route que des milliers d’estivants, des millions disent avec fanfaronnade les statistiques de la Protection civile, empruntent chaque été.

Ceux qui ignorent l’existence de cette très vieille implantation de cultivateurs, d’éleveurs et de pêcheurs, ne peuvent pas voir les petites maisons, même s’ils s’arrêtent pour immortaliser du haut de la route le panorama qu’offrent les eaux scintillantes du Lac bleu avec en arrière-plan celles du lac Mellah et tout au fond les reliefs boisés du Cap Rosa.

A la fois proche et retiré de la civilisation, Gmihet, c’est son nom, est un hameau oublié alors qu’il lui suffirait de 200 mètres d’accès pour rejoindre le monde civilisé. Les maisons en dur qui ont remplacé les maisons traditionnelles ont pu avoir l’électricité, mais c’est grâce à l’aménagement de la Vieille Calle et des luxueux candélabres qui bordent la chaussée.

Elles ont depuis peu de l’eau avec un forage à Boumalek, mais toujours pas de route, alors que les anciens se souviennent que le problème avait déjà été évoqué en 1987, lorsque pour ouvrir au tourisme la plage et les ruines de la Vieille Calle, une route a été réalisée qui passe à 150 m du hameau.

Pour évacuer un malade, une femme enceinte, pour les écoliers qui vont à l’école de Boumalek et pour emmener les morts vers leur dernière demeure, c’est la souffrance, comme cela a été le cas jeudi dernier avec l’enterrement du vénérable patriarche de Gmihet, Saïd Ati, 92 ans, détenteur des secrets du lac Mellah et de la bruyère qui couvre la lande sablonneuse.

Les jeunes de la mechta, ceux qui sont restés pour s’occuper de leurs parents, braconnent ou pêchent. En été, l’afflux des estivants à la plage leur donne quelques opportunités de gagner des sous.

Sinon, il faut partir ou tenter d’entrer dans l’armée. Il y a bien quelques arpents de terre où on cultive de l’arachide et les maquis environnants pour y lâcher quelques bêtes, mais c’est très loin aujourd’hui de subvenir aux besoins d’une famille le plus souvent élargie à plusieurs noyaux. 



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