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La route principale qui traverse la ville est dans un état «pitoyable»  à cause de tous ces travaux menés dans l’anarchie totale.

Eau salée et rues défoncées

28 novembre 2015 à 10 h 00 min

Des décennies que cela dure pour l’ancien dortoir des travailleurs du complexe sidérurgique d’El Hadjar. Mais avant cela, l’ex-Mondovi était l’une des plus anciennes implantations coloniales dans la plaine d’Annaba, rendue célèbre par le Prix Nobel de littérature de 1957, Albert Camus, qui y est né le 7 novembre 1913. La rue principale, c’est aussi la RN 84, qui a repris de l’importance depuis que l’avant dernier tronçon de l’autoroute donne sur la RN 16 à moins de 2 km au sud de la ville.

En effet, les usagers de cette route, qui se rendent dans la wilaya d’El Tarf, doivent traverser Dréan. Mais quelle épreuve pour le véhiculé et pour son conducteur. «Elle est défoncée depuis Mondovi», ironisent les gens, pour montrer que cela remonte au siècle dernier. Cette voie est aujourd’hui complètement fermée. Pour en finir avec cette chaussée défoncée «qu’on va peut-être regretter, tant elle a fait partie de notre vie», se moquent-on encore, on y a lancé, il y a une année, des travaux pour remplacer les conduites des réseaux d’assainissement et d’alimentation en eau potable, pour ensuite refaire la chaussée.

Mais on ne sait plus exactement quoi faire. Il semble qu’en premier, c’était pour l’assainissement, puis on s’est aperçu qu’il fallait aussi refaire l’AEP, ensuite est venue la grande incertitude sur le gel des projets pour cause de chute des prix du pétrole, et avec elle toute une série d’incertitudes. On a donc décidé de refaire la chaussée, mais entre-temps le gel des projets a été levé. On décide de reprendre les travaux de réfection.

Mais voilà que pour décaper la chaussée, l’entreprise détruit des conduites, celles précisément qu’il fallait préserver. «Cela ne peut  être que le mauvais œil, car on ne regarde jamais de ce côté de la wilaya», nous disent nos interlocuteurs en faisant allusion au wali qui ne se serait préoccupé que par l’embellissement du chef-lieu, El Tarf, et El Kala, la ville des vacanciers. «Je ne sais plus depuis quand nous achetons de l’eau douce. Une éternité.

Plus de 20 ans que nous achetons de l’eau douce. Aujourd’hui elle est à 400 DA le jerrican de 20 litres. Ce dernier était à 30 DA dans les années 90». Il y aurait 60 camions ou tracteurs-citernes, de particuliers bien entendu, qui vendent de l’eau à travers la ville. Les vendeurs sont régularisés, c’est-à-dire qu’ils ont le droit de le faire à condition qu’ils aillent remplir leurs citernes à Righia, à 50 km à l’est de Dréan, en payant bien entendu à l’ADE l’eau qu’ils revendent. En fait, il n’en a pas plus d’une demi-douzaine qui se conforment à ces conditions, et ce commerce est florissant.

Le projet d’adduction en eau douce à partir de Chatt traine lui aussi depuis 10 ans. Un imbroglio administratif du à la «balade» de ce projet d’une société de gestion hydraulique à une autre, mais qui en fait est toujours la même, l’ADE, et en accumulant au passage les retards et les surcoûts.

Le nouveau chef de daïra de Dréan vient de faire face à une nouvelle explosion de colère de la population, déclenchée par les commerçant de la rue principale sur laquelle plus personne ne circule, aussi bien sur la chaussée que sur les trottoirs. «Il n’y a pas de coordination entre les intervenants entre eux et encore moins avec l’administration locale», ont pu constater nos interlocuteurs.

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