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Restauration scolaire à Bordj Bou Arréridj

A quand des repas équilibrés ?

12 février 2019 à 10 h 00 min

L’état des lieux révèle que les cantines scolaires sont gérées de façon archaïque et hasardeuse, alors qu’un décret exécutif, fixant les dispositions y afférentes, est publié
au Journal officiel.

Quelque 65 000 élèves du primaire bénéficient des prestations des 377 cantines scolaires réparties sur l’ensemble du territoire de la wilaya, «avec une nette augmentation de la qualité des repas», alors que certaines écoles continuent de servir des repas froids, faute de personnel qualifié ou de locaux adéquats, selon un document qui nous a été remis par la direction de l’éducation, il y a quelques semaines.

Un état des lieux qui explique que les cantines scolaires soient gérées, depuis leur existence chez nous, de façon archaïque et hasardeuse, alors qu’un décret exécutif, fixant les dispositions applicables aux cantines des établissements scolaires primaires, publié au Journal officiel, stipule que le personnel y exerçant doit être en bonne santé et jouir d’une bonne moralité, n’ayant pas d’antécédents incompatibles avec l’exercice de ses missions. Pourtant, il n’en est rien pour nos cantines, puisqu’on chargeait, au hasard, des agents communaux «novices» pour les installer derrière les fourneaux pour préparer des repas, souvent insipides et ne répondant point aux règles d’hygiène, qu’on servait aux enfants.

D’où les foyers d’intoxications alimentaires signalés dans différentes régions. L’intoxication la plus tristement célèbre remonte à il y a six ans, où plus d’une cinquantaine d’élèves ont dû être évacués à l’hôpital, après avoir consommé de la viande avariée. Ou encore à Mansoura, où une dizaine d’élèves ont été victimes d’intoxication, après avoir mangé un repas froid. Certes, des mesures draconiennes ont été prises pour y remédier, en affectant des cuisiniers formés dans les cantines, en coordination avec la direction de la formation professionnelle. Mais de quelle «nette augmentation de la qualité des repas» parle-t-on ?

Et que représentent les 45 dinars, le coût du repas, mis dans la cagnotte des cantines scolaires, par rapport aux sommes colossales injectées, pêle-mêle, dans des projets qui n’ont jamais vu le jour, ou, dans le meilleur des cas, n’ont servi à rien ? Et où en est-on avec les cinq fruits et légumes à consommer par jour que préconise l’OMS ? Une formule simple censée épargner à l’enfant des carences et de l’anémie, et par conséquent, augmenter ses capacités d’acquisition intellectuelles.

D’ailleurs, dans cette optique, éducateurs, pédagogues et nutritionnistes sont formels en constatant que l’enfant, au ventre creux ou mal nourri, risque de perdre ses capacités cognitives, ce qui conduit à l’échec scolaire. Il revient, donc, aux cercles de décision de réviser leur copie quant au budget alloué aux cantines scolaires. Si on veut vraiment préparer des générations bien portantes et plus rentables.

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