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Hammam Melouane (Blida) : Quand des aoûtiens préfèrent le thermalisme !

13 août 2019 à 8 h 52 min

L’été est généralement synonyme de plage et de montagne, vu la fraîcheur qui existe dans ces endroits. Mais certains optent pour les stations thermales ! Le choix semble paradoxal, car les eaux thermales sont généralement chaudes…et même insupportables, durant les journées caniculaires.

Un estivant, la quarantaine, justifie son choix : «Pour me rafraîchir, je prends souvent une douche chaude en été ! Et au lieu de la mer, je préfère venir à Hammam Melouane pour avoir cette sensation de fraîcheur une fois mon bain terminé.

En plus, c’est reposant et bon pour la santé.» Une autre estivante d’Alger ajoute : «Malheureusement, nos plages sont de plus en plus sales, d’où mon choix pour la localité de Hammam Melouane. Non seulement ses eaux sont bénéfiques pour la santé, l’air de la montagne, les fruits de saison et bio, le bruit du ruissellement de l’oued et les trouvailles me poussent à venir ici pour de belles villégiatures.»

Les aoûtiens rencontrés sur place défendent leur choix et viennent de partout pour prendre un bon bol d’air et bénéficier des sources chlorurées, potassiques, sodiques, calciques et magnésiennes de Hammam Melouane, lesquelles sont préconisées pour soigner ou apaiser, notamment le rhumatisme sous toutes ses formes, les anciens ulcères, les métrites, certaines formes de stérilité les maladies de la peau, de la femme, de l’intestin, des artères et veines, des os et des articulations, des reins, du foie, du pancréas.

Il y a quelques années, un Algérien vivant à Lyon (France) et souffrant de rhumatismes aigus a essayé plusieurs remèdes, en vain. «Il est entré au bain sur une chaise roulante et une fois en contact avec les eaux, il a réussi à faire quelques pas après une longue immobilité», raconte-t-on. Aussi, des curistes victimes de dépression et d’angoisse attestent qu’ils se sentent en forme, mentalement et physiquement, juste après le bain.

Ils viennent généralement d’Alger, de Blida, de Médéa et d’autres wilayas et même de l’étranger, à la recherche de fraîcheur et de repos le temps d’une journée (ou de quelques jours). Les eaux thermales restent toutefois déconseillées aux personnes ayant un cancer au stade terminal, souffrant de tuberculose à un stade avancé, ou d’infections généralisées aiguës.

Sur place, nos émigrés apprécient surtout ces produits du terroir qui sont omniprésents, comme la galette traditionnelle (metloue) avec des œufs bouillis ou du djben (fromage traditionnel issu du lait de chèvre), les produits de l’artisanat, de la vannerie et de la poterie… «La tomate cerise de Hammam Melouane est aussi particulière», avoue un estivant de Blida. Seul bémol : le lavage des voitures près de l’oued par certains inconscients. «Il est vraiment dommage que des personnes inconscientes lavent leurs véhicules au bord de l’oued et le polluent. Les autorités locales doivent réagir en urgence pour les en empêcher», déclarent des curistes.

Un peu d’histoire

La légende raconte que lors de la présence turque en Algérie, la fille, ô combien belle et ravissante, d’un bey d’une grande notoriété était percluse de tous ses membres. Elle était clouée au lit par des rhumatismes aigus. Malgré sa richesse et ses contacts avec d’éminents médecins et guérisseurs de l’époque, le bey n’arrivait pas à voir sa fille se rétablir. Il promit une forte récompense à celui qui guérirait son enfant chérie, en vain. Le bey, affligé, était alors au bord du désespoir. Finalement, c’étaient les eaux «miraculeuses» de Hammam Melouane qui détenaient le «secret» de la guérison. Le père, désespéré, accompagna en personne sa fille souffrante et lui fit prendre une série de bains dans cette source. Le résultat était alors spectaculaire : la guérison fut prompte.

Les douleurs rhumatismales avaient disparu et la fille est devenue comme les autres enfants de son âge. Elle pouvait alors marcher, courir, sauter de joie… En guise de reconnaissance, le bey érigea un dôme (kobba) près du puits, à l’endroit où reposait «Sidi Slimane», un saint homme que la légende qualifie de  «fondateur et protecteur de la source». Contenant beaucoup de soufre, les eaux en question virent parfois au rouge, d’où l’appellation «Hammam Melouane (bain coloré)».

Les coutumes préconisent que les hommes doivent égorger un coq en hommage à Sidi Slimane. Les femmes sont appelées à jeter du henné dans le bassin du hammam, tout en allumant des bougies. Un rituel ancestral qu’on a voulu rendre synonyme de «baraka» et de bon présage et qui est en voie de disparition. Après l’histoire, place au futur. Le complexe thermal de Hammam Melouane va connaître des extensions à partir de la rentrée de septembre. Un centre de remise en forme, un spa, une piscine pour les femmes enceintes et des soins médicalisés sont des projets déjà inscrits par les responsables du complexe en question et qui démarreront bientôt.


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