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Blida : Une enquête sur le détournement du foncier s’impose

29 juin 2019 à 8 h 28 min

A Blida, on parle souvent de manque de foncier pour abriter des projets d’utilité publique. Mais dans cette même wilaya, les détournements de foncier font fureur.

Une véritable mafia s’est constituée depuis plusieurs décennies, pillant et détournant des terrains domaniaux à des fins personnelles, en complicité avec des fonctionnaires de l’administration. Les «querelles» entre familles concernant l’immobilier semble s’éterniser. Et dire que les tribunaux sont souvent saisis pour des affaires liées à des détournements de foncier, mais ce sont généralement les plus «forts» qui en sortent gagnants.

Ces derniers arrivent à falsifier les documents, à tisser des relations avec des agents (ou des responsables) des Conservations foncières…et tout préparer en amont pour pouvoir justifier «légalement» leurs propriétés devant les instances judiciaires, pourtant mal acquises. La justice est-elle complice avec les plus forts ? Elle se contente juste de documents présentés (même s’ils sont falsifiées ou acquis d’une manière douteuse). Les expertises faites en la matière sont-elles toujours crédibles et fiables ? Une chose est sûre, les litiges liés au foncier sont très fréquents dans nos tribunaux.

Dans la commune de Soumaâ, à Ferroukha plus exactement, à une dizaine de kilomètres à l’est de Blida, un bien vacant est devenu du jour au lendemain un bien privé. Comment ? Un exploitant d’une usine de textile se pose la question et n’arrive toujours pas à avoir la réponse.

Un bien vacant transformé en bien privé !

«En 1967, j’ai bénéficié d’une minoterie relevant des biens vacants. Je l’ai transformée en usine de textile. En 1980, j’ai acquis le fonds de commerce et j’ai entamé les procédures pour que le bien vacant me revienne de droit en cas de cession, car je l’exploite depuis une trentaine d’années. Mais comme par enchantement, le propriétaire des lieux durant la Révolution nationale s’est manifesté et a récupéré 169 hectares. Il s’agit d’un Algérien pro-français et officier de la Légion d’honneur», raconte A. Bouchali, l’exploitant de l’usine de textile, aujourd’hui vendue à une tierce personne. Et de poursuivre:

«Au service des Domaines, on m’a fait savoir, texte à l’appui, que les transactions immobilières entre Algériens et Français ont été annulées après l’indépendance, car le FLN avait appelé au boycott de ce genre de transactions en pleine Révolution. Mais au tribunal, on nous raconte d’autres histoires.»

Un cadre au niveau des Domaines de Blida s’est montré stupéfait par le fait que les actes des 169 hectares soient publiés aussi facilement par la Conservation foncière de Boufarik, sans pour autant qu’il y ait une enquête conjointe entre la Conservation et la direction locale des Domaines ! Aujourd’hui, l’usine de textile et les 169 hectares appartiennent à un nouveau propriétaire. «Puisque le hirak est là, j’appelle les hautes autorités du pays à enquêter sur cette histoire de détournement de biens vacants. A Blida, on ne trouve pas où construire des logements, alors que des biens vacants sont détournés par une véritable mafia !», conclut A. Bouchali. Et dire que l’APC de Soumaâ y a construit des infrastructures d’utilité publique. Aura-t-elle l’audace d’aller en justice pour récupérer son bien ? L’avenir nous le dira…


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