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Trisomie 21 et autisme : Alif, une association qui favorise l’insertion des enfants

30 novembre 2020 à 9 h 52 min

Les enfants aux besoins spécifiques représentent toujours le parent pauvre du système éducatif. Ces enfants atteints de trisomie 21, d’autisme et autres troubles mentaux souffrent toujours de la marginalisation des autorités, qu’elles soient locales, de wilaya, de ministère ou même par la société.

Cette marginalisation des pouvoirs publics est devenue le combat des parents. C’est à ce titre que des associations naissent grâce à la bonne volonté des parents qui n’ont pour seule préoccupation que le bien-être de leurs enfants afin de leur garantir une insertion sociale et scolaire.

Dans la capitale, l’association Alif fait de cette frange vulnérable d’enfants son cheval de bataille. Figurant parmi une liste maigre d’associations, elle essaye de donner aux enfants ainsi qu’aux parents le soutien adéquat. Alif continue son petit bonhomme de chemin contre vents et marées. En 2003, elle avait créé l’une des premières écoles Tamani pour les trisomiques. Selon sa directrice, Mme Hamada, l’objectif est «de garantir une insertion dans le milieu professionnel en offrant aux enfants un programme adapté ainsi qu’une formation professionnelle de qualité qui rivalise avec celle des écoles conventionnelles».

Cependant, elle n’omet pas le fait que l’argent, nerf de la guerre, représente un vrai problème pour ces associations qui essayent tant bien que mal d’offrir un avenir à ces enfants. «Notre école accueille une grande frange de trisomiques. Aujourd’hui, nous comptabilisons 180 cas inscrits. Nous souhaiterions faire mieux et en accueillir plus, mais nos moyens réduits ne nous permettent pas d’aller plus loin dans notre démarche.

La pérennité de notre action ne peut s’accomplir qu’avec un financement important, stable et surtout régulier», explique la première responsable de l’école. Cette association pas comme les autres prend en charge l’enfant dès ses 3 ans : «Nous essayons de suivre l’enfant à un très jeune âge. Nous lui offrons les leçons dont il a besoin pour son âge. A l’âge de 7 ans, il est automatiquement scolarisé. Nous nous sommes fixé comme objectif l’insertion en milieu professionnel», dit notre interlocutrice tout en rappelant que 5 jeunes atteints de trisomie 21 font partie du staff technique de l’école «et ils font de l’excellent travail, aussi bien que vous et moi», précise notre interlocutrice avec fierté.

Stabilité et éducation

Pour la responsable de l’association, le financement de cet organisme n’est pas un sujet qui fâche. A ce titre, Mme Hamada avoue que la naissance de Alif s’est faite grâce au bon vouloir de parents ainsi qu’à des donateurs. Elle va jusqu’à dire que «jusqu’à présent, seule la CNAS (Caisse nationale des assurances sociales) nous aide du mieux qu’elle peut. Grâce aussi à la famille Hamoud Boualem qui contribue au bon fonctionnement de notre communauté. Nous recevons également des dons de la part de parents et des anonymes mais qui souhaitent tout de même venir en aide. Nous en sommes reconnaissants. Nous survivons également grâce au sponsoring.

Une banque privée qui nous soutient nous a offert en cette période de pandémie des fournitures scolaires, ainsi que tout ce qui touche à l’hygiène et à la protection», confie avec beaucoup d’émotion Mme Hamada tout en mentionnant que le ministère de la Solidarité ne fait un geste que lorsque bon lui semble. Rappelons que ces enfants ainsi que ces associations dépendent du ministère de la Solidarité qui n’est plus que l’ombre de lui-même surtout après avoir été éclaboussé par des affaires de détournement de fonds par

d’anciens responsables. De l’avis de la responsable, environ 90% des enfants scolarisés suivent un programme adapté et spécifique à leurs besoins. «Nous sommes fiers de ce que nous faisons, mais nous souhaiterions faire encore plus. C’est le but de cette association», insiste la directrice qui revient sur la situation délicate dans laquelle se trouve ladite école : «Etant une association, nous nous devons d’avoir un lieu propre à nous accorder par le ministère de la Solidarité, mais rien n’a été fait dans ce sens. Nous sommes à la merci des propriétaires de bâtisses qui nous louent des maisons à des sommes faramineuses, nous ne pouvons pas survivre ainsi», se désole Mme Hamada. Mis à part le combat que doivent livrer les enfants chaque jour, il y a aussi celui des parents, qui pour certains, la situation n’est jamais facile.

Selon les informations fournies, ce manque flagrant d’associations dans plusieurs régions a poussé des familles malheureusement à quitter leur maison, leur région, le travail dans l’unique but de se rapprocher de cette infrastructure, parmi les seuls établissements qui offrent un suivi éducatif adéquat. Notre interlocutrice ajoute que malgré les aides, le manque de moyens et de rentrée d’argent est pénalisant.

Une manière de lancer un signal aux responsables à tous les secteurs confondus qui devraient offrir une chance à cette tranche de la population. «Nous sommes arrivés à avoir une liste d’attente pour des parents qui souhaitent inscrire leur enfant. Le manque de moyens est palpable.

De nombreuses associations sont sur le terrain pour aider ces enfants, avec le manque de moyens, nous ne pouvons pas aller bien loin», termine Mme Hamada en invitant les citoyens à consulter la page Facebook de l’école, Association Alif école Tamani.


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