Sauvegarde du patrimoine à Tamentfoust : Des mesures insuffisantes | El Watan
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Sauvegarde du patrimoine à Tamentfoust : Des mesures insuffisantes

30 décembre 2021 à 10 h 18 min

Un plan de sauvegarde des sites archéologiques de Tamentfoust a été initié par les élus de la wilaya et la Direction de la culture depuis quelques années déjà. Les vestiges historiques de l’antique «Rusgunia» ont été délimités, nettoyés et mis en valeur. Un premier travail vient donc d’être accompli, au grand bonheur des amoureux du patrimoine.

A l’entrée de la ville, dans le cadre de cette démarche salvatrice, un important site a été mis en évidence en l’arrachant d’entre les mains de la dépravation et de l’oubli. Après des années d’abandon, les pierres qui forment les parapets du vestige semblent renaître de leurs cendres. Les habitations qui entouraient le site ont été démolis et leurs propriétaires relogés.

Une clôture a été également érigée tout autour des ruines pour une protection durable contre les fouilles clandestines et les pilleurs. En empruntant la route qui mène de Tamentfoust au carrefour Dokar Boualem dans la commune d’El Marsa, des réserves d’eau ont été également nettoyées, clôturées et dotées d’écriteaux.

Malgré tous ces efforts qui ont permis de sauver ces vestiges, le préjudice qu’ont subi les sites archéologiques à Tamentfoust est irréversible par endroits. Le périmètre à sauvegarder s’est considérablement rétréci. De 13 hectares, il y a quelques années, le périmètre passe à 9,5 et ce à cause de l’extension effrénée et incontrôlée du tissu urbain.

En tout état de cause et quelle que soit la situation actuelle, il est impératif de renforcer le travail accompli jusqu’ici afin de faire de Tamentfoust un pôle touristique. En dépit du manque d’infrastructures de base, telles que les hôtels, les auberges de jeunesse ou encore l’encadrement spécialisé dans la prise en charge des touristes, Tamentfoust accueille des milliers de visiteurs, en toutes saisons qui, face à leur émerveillement spontané, se dresse en endroit chargé d’histoire et de mémoire.

Cette impression est accentuée par la domination d’un fort turc sur toute l’étendue de la ville et de son port de pêche qui se trouve en contrebas. L’imposante bâtisse abrite un petit jardin tranquille aux contours verdoyants et agencés.

Le fort est assis au milieu de cette végétation qui laisse entrevoir par endroit des ruines clairsemées. Le fort a été classé patrimoine national en 1967 et a été transformé en 1999 en musée.

Ce dernier a été aménagé en trois espaces : la salle de l’ère préhistorique, contenant plusieurs outils, dont de fines pointes de flèches de l’époque néolithique ; la salle antique où sont exposés, entre autres, quelques stèles votives dédiées au dieu Saturne et un imposant sarcophage ; la salle de la période islamique, dont la principale curiosité est constituée d’un tronçon de canalisations d’eau de l’époque ottomane. Les espaces intra-muros et pièces du fort assuraient la protection du flanc et de la rade.

Son plan octogonal constitue sa grande originalité, car dans toute l’étendue de l’ex-empire ottoman, il n’y a que quelques exemplaires de ce type ; c’est le seul sur toute l’étendue de l’Afrique du Nord. Il présente donc une valeur architecturale et historique certaine et avérée.


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