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El Djamila (ex-La Madrague) : Insécurité autour des débits de boissons alcoolisées

10 février 2020 à 9 h 11 min

La localité d’El Djamila (La Belle), à l’ouest d’Alger, lieu touristique et de villégiature par excellence, est devenue un véritable lieu de non-droit.

Autrefois paisible, cette localité s’est muée en un temps record en «cité interdite» cristallisée par une recrudescence effarante de l’insécurité.

Les riverains qui habitent aux alentours du port d’El Djamila, dont le cadre de vie s’est nettement dégradé, restent tributaires de cette situation qui semble s’installer durablement dans le temps. A travers un énième recours adressé aux autorités compétentes, ils tiennent à exprimer leur ras-le-bol.

A l’origine des désagréments qui en découlent, la prolifération des débits de boissons alcoolisées à la sauvette et tous les excès qui gravitent autour, dit-on.

A cet effet, les riverains disent vivre quotidiennement dans la psychose, alimentée par la multiplication infernale des rixes et bagarres à couteaux tirés qui éclatent à la moindre anicroche, causée par des hostilités entre personnes sous l’emprise de l’alcool ayant installé un climat de peur depuis un certain temps. «L’insécurité trouve ses racines dans l’informel, la vente de drogue, du vin et des liqueurs qui sont écoulés dans l’impunité la plus totale.

Ce qui est le plus dangereux pour la population et les touristes, ce sont les débits de boissons qui se multiplient à travers un circuit commercial illégal et anarchique qui prolifère rapidement au profit d’une faune humaine qui trouve là, semble t-il, un palliatif au chômage et à l’oisiveté», témoignent les habitants.

Les artères Gacem Mohamed et Brahami Ali parallèles au port de plaisance sont le cas édifiant. A la nuit tombée, des dizaines de jeunes dévoyés s’adonnent tout le long de ces ruelles à cette activité informelle dans une aise déconcertante. Ils ont non seulement pignon sur rue, mais aussi sur la quantité et la spéculation des prix du négoce.

Sauf que ces réfractaires à la loi qui ont transformé les lieux en beuveries ne sont qu’une partie du problème. Selon les protestataires, l’origine du mal provient en particulier des gérants des dépôts qui, durant la journée, assurent la vente légale et la consommation sur place, mais une fois l’heure de fermeture (20h) arrivée, les portes des dépôts restent entrebâillés et des quantités de marchandises sont écoulées «au noir» aux vendeurs à la sauvette qui les revendent à leur tour au prix fort, à quelques encablures du barrage des services de l’ordre.

Police laxiste, autorités démissionnaires

Les membres du comité de quartier disent avoir alerté la police après chaque dépassement. Mais les services de l’ordre ne bougent pas d’un iota. «Avant, il y avait un bureau de police installé à l’entrée du quartier spécialement pour veiller au grain à la quiétude et la sécurité des gens.

Contre toute attente et comme réponse à plusieurs de nos sollicitations sur des cas de rixes, le bureau a été délocalisé. Au commissariat qui se trouve au chef-lieu à quelques centaines de mètres plus loin, toutes nos requêtes sont restées sans suite. Des policiers nous ont clairement signifié que ce n’est pas leur champ d’intervention», accuse l’un des représentants du collectif des protestataires qui pointe du doigt la responsabilité des services de sécurité. Plus concrètement, les agents de police semblent se limiter à dresser des barrages inopinés pour des opérations expéditives seulement aux accès qui mènent de et vers le site d’El Djemila.

Des opérations de contrôle sont menées sur des véhicules, lesquels sont passés au peigne fin pour saisir les boissons alcoolisées achetées illégalement. En filigrane, il est sous-entendu que l’achat et la consommation de ces produits «prohibés» ne sont tolérés que dans le périmètre. Un laxisme qui ne dit pas son nom.

Signalé à plusieurs reprises, le quartier El Djamila a été secoué par plusieurs drames et autres tentatives de rapts. Les rares opérations coups-de-poing menées par le passé à cet endroit se sont soldées par des échecs.

La vente illicite d’alcool profite de la baisse de vigilance pour reprendre ses droits. Pis encore, à la municipalité de Aïn Benian, c’est la loi de l’omerta. Les responsables ne veulent pas entendre parler de la situation d’El Djemila qui relève pourtant de leur territoire. Seul argument peu valable : la responsabilité dépasse la prérogative de la mairie. Même son de cloche à la circonscription administrative de Chéraga, où les responsables disent n’attendre que de recevoir des instructions d’exécution sur le terrain.

Autre mesure ayant incité l’informel de s’y installer, la fermeture de plusieurs restaurants qui proposaient du vin et les liqueurs durant le service. A la rue 24 Février, où se concentre une partie des débits et restaurants de la station, au moins cinq établissements ont mis la clef sous le paillasson depuis la promulgation du décret 2005 fixant les conditions et modalités d’ouverture et d’exploitation des établissements de divertissement et de spectacles. Même avec un imbroglio juridique, ces restaurateurs n’ont pas pu rouvrir les portes de leurs établissements.

Pendant que d’autres gérants de restaurants et d’hôtels soupçonnés de bien «graisser la pâte» continuent d’activer dans l’opacité. Les autorités parlent d’assainir le secteur. C’est tout le contraire qui se passe sous les yeux des riverains, mais aussi les Guyotvillois (Aïn Benian, ndlr) qui ne reconnaissent plus leur ville natale. Malgré la loi de 2005 qui semble provoquer l’effet inverse, c’est toujours l’insécurité qui règne.

Depuis l’odieux assassinat d’un jeune de 28 ans tué de plusieurs coups de couteau en 2011, les riverains de cette station balnéaire continuent à vivre au rythme de la violence et la dépravation. En somme, la responsabilité des autorités compétentes, tous secteurs confondus, est fortement engagée pour redonner à la belle El Djamila sa splendeur d’antan, du moins sur l’aspect sécuritaire.

Aziz Kharoum



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