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Cité Diar El Karmoud, à Bab El Oued : 205 logements pour 400 familles

13 février 2020 à 9 h 01 min

Au fil du temps, la nature n’a pas fait de cadeau à cet ensemble de maisons, qui sont devenues entre-temps vétustes et inhabitables.

Les habitants de la cité Diar El Kermoud, dans la commune d’Oued Koriche, vivent une multitude de problèmes qui altèrent leur cadre de vie. L’exiguïté des logements est, sans aucun doute, le problème le plus pénible à supporter par ces familles, dont les plus chanceuses se meuvent dans 70 m2.

Hacen, qui habite dans cet amas de maisons denses et surpeuplées, confie que la situation est devenue très dure pour lui et pour l’ensemble de ces cohabitants qui se tassent dans des maisonnettes dépassant les 70 ans. «Si certains d’entre nous vivent dans une surface moyennement acceptable, d’autres au contraire s’entassent dans à peine 20 m2 et doivent cohabiter à plusieurs familles», dit-il.

A l’intérieur d’une maison composée uniquement d’une pièce et d’un espace, cuisine, sanitaire, Brahim et sa famille vivent dans des conditions lamentables. Pour ce jeune homme d’une trentaine d’années, la vie à Fontaine Fraîche est difficile et l’espoir de connaître un jour un avenir meilleur reste un rêve auquel il est difficile de croire.

«Depuis quelques semaines, il fait beau. Notre plus grande crainte survient lorsqu’il commence à pleuvoir. Les infiltrations d’eau nous obligent à installer des bassines et des bidons, sinon c’est l’inondation assurée. Nous passons nos nuits à éponger le sol et à évacuer les eaux de pluie. Nous souffrons également du manque d’espace.

Je vis ici depuis ma naissance avec ma mère, mes deux sœurs, mon épouse et trois autres enfants. Nous nous partageons les 20 m2 comme nous le pouvons. Avec les autres jeunes du quartier, nous dormons lorsque nos familles se réveillent le matin, c’est-à-dire à tour de rôle. Nous sommes obligés de faire ainsi. D’autres dorment dans leurs voitures», témoigne-t-il.

Pour remédier à ce problème, certaines familles ont dû construire en hauteur une pièce habitable afin de réduire la pression. Ces conditions de vie insupportables ont engendré des maladies. «Certaines personnes souffrent. De nombreuses femmes sont touchées par des maladies cardio-vasculaires et de diabète. D’autres sont atteintes de troubles psychologiques. A quand une solution ?», s’interroge l’un des habitants. Rappelons que la cité a été construite en 1942 pendant la période coloniale.

A l’origine, c’était un lieu de repos et de détente pour les Français à la retraite et des militaires qui étaient en fonction à cette époque-là. Mais au fil du temps, la nature n’a pas fait de cadeau à cet ensemble de maisons, qui sont devenus entre-temps vétustes et inhabitables. «L’eau des pluies ruisselle à travers les nombreuses fissures qui n’ont jamais été réparées, causant des dégâts irréversibles.

L’humidité a également dégradé les murs qui sont aujourd’hui totalement moisis», fait-il savoir. Pour ceux qui résident à côté de l’avenue principale de Fontaine fraîche, l’eau de pluie est devenue un réel danger pour eux. En effet, si les automobilistes traversent l’avenue sur une voie plus large qu’avant et mieux bitumée, il n’en demeure pas moins qu’avec les pluies, l’eau stagne et monte jusqu’à pénétrer à l’intérieur des habitations.

Selon Hacen, les habitants ne trouvent aucune solution à ce problème. «Malheureusement, la seule chose que nos voisins peuvent faire, c’est utiliser l’huile de coude afin d’éponger et d’évacuer l’eau des maisons», explique-t-il. Un de ces voisins qui nous a ouvert la porte de sa maison parle, quant à lui, de problèmes d’assainissement. «La précarité est difficile à vivre au quotidien.

Nous rencontrons beaucoup de problèmes, le plus grave pour ma famille et moi ce sont les égouts. Les canalisations sont obstruées. Les sanitaires de beaucoup de maisons sont condamnés avec des bouteilles afin d’empêcher l’eau et les rongeurs de remonter à la surface. Les odeurs qui émanent sont insupportables.

Nos enfants sont malades. Beaucoup ont contracté des maladies respiratoires dès leur plus jeune âge. L’asthme et les rhinites allergiques sont monnaie courante», fulmine notre interlocuteur. Les habitants ne demandent qu’à être relogés dans les plus brefs délais. Plusieurs sites, qui se trouvent  non loin de la cité Diar El Karmoud, ont déjà été démolis et leurs occupants relogés dans de nouvelles cités, à Douéra et Birtouta.

D’après les habitants, la dernière opération de relogement qui a eu lieu en faveur de Diar El Karmoud remonte aux années 1990. A cette époque-là, une vingtaine de familles ont été relogées à Zéralda. Depuis, aucun habitant n’a bénéficié de logement social.

Sortie du wali

Pour sa seconde sortie sur le terrain, le wali d’Alger, Youcef Chorfa, a effectué une visite dans la  circonscription administrative de Bab El Oued. Dans un point de presse qu’il a animé en marge de la visite, le wali a indiqué, concernant le cas de Oued Koriche, avoir pris acte du dossier ainsi que des attentes des citoyens.

Il a également informé les gens de la presse présents que des opérations de relogement seront organisées pour soulager les habitants, sans préciser quand et par quel quartier les services de wilaya devront commencer. 

      



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