Retour à l'anormal | El Watan
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dimanche, 05 juillet, 2020
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Retour à l’anormal

26 mai 2020 à 9 h 00 min

Tout est allé très vite. Des mois de hirak avec démission fracassante du Président, la reprise en main par l’armée que Bouteflika avait plus ou moins réussi à éloigner de la décision, puis une élection et la mort du général, juste avant la Covid, qui déferle comme un rayon extraterreste invisible tuant les gens en silence.

Puis le confinement et le Ramadhan qui vient s’emboîter dedans et enfin la fête, triste, avec gâteaux mais sans sucre, une célébration confinée pendant laquelle s’embrasser est un délit passible de poursuites. En un peu plus d’un an, on aura donc tout vu, en accéléré, tout sauf ce qu’on avait envie de voir, un nouveau pays libre et juste, ouvert et fier, avec de nouveaux gestionnaires et entrepreneurs du nouvel âge pour une dynamique globale dans la tentative de bonheur collectif. Mais le réflexe est supérieur à l’acte conscient et l’automatisme défie l’évolution, par crainte de contagion ou méchanceté, on a rempli les prisons pour une simple phrase, même en forme de gag.

Des mois d’incarcération, vies brisées, familles dans le malheur et séquelles lourdes pour des détenus en majorité jeunes, qui a leur sortie iront certainement grossir les rangs de l’opposition et probablement d’un nouveau hirak avec affrontement des forces en présence.

C’est la preuve que la méthode Tebboune n’est pas la bonne, on ne gouverne pas un pays par la peur et une cellule en fer n’est pas une destination normale pour un citoyen. Pourra-t-on sortir de cette situation ? En théorie oui, tout le monde peut changer, même un régime, même un club d’autocrates, en pratique, c’est comme ordonner à un semi-remorque de faire un brusque demi-tour sur l’autoroute. Ce qui rappelle l’autoroute hors de prix commandée par Bouteflika en son temps. Des kilomètres de goudron étalés à la va-vite sans avoir prévu de bretelles de sortie et donc la possibilité de changer d’avis. Mais on avait déjà pensé à y mettre rapidement des barrages. Un sens unique où il faut s’arrêter s’appelle une impasse.



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