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dimanche, 28 novembre, 2021
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Personne n’a obligé les poissons à nager

19 octobre 2021 à 10 h 00 min

Regarder sa mère, regarder la mer. Hésiter tout en étant décidé, penser avec son cœur, agir avec sa tête et entendre avec ses yeux. Observer une dernière fois le JT de l’ENTV, écouter une ultime émission de la radio nationale et lire le dernier communiqué du porte-parole du gouvernement justifiant l’emprisonnement d’innocents. Payer, prendre un bateau, naviguer, arriver ou pas, mourir ou un peu, beaucoup ou passionnément.

Evidemment après coup, on peut expliquer à tous ces gens que c’est un genre de traîtrise que de partir la nuit rejoindre l’ennemi, que d’abandonner son pays au lieu de le construire, que de prendre un bateau alors qu’il y a Air Algérie et que de penser le stade adulte du futur au lieu de glorifier l’Etat qui a payé l’hôpital qui vous a vu naître. Mais du point de vue psychosociologique, il est aussi évident que la responsabilité de la fuite d’un aussi grand nombre est liée à l’incapacité de ceux qui n’ont pas su les retenir, pas même leur offrir une promesse d’avenir de demain il fera beau. Puisqu’en Suisse personne ne prend de bateau pour traverser illégalement les Alpes ou rejoindre l’Algérie en barque, on peut dire aussi que nous ne sommes pas des Suisses ou dire que nous ne sommes pas dirigés par des Suisses, ce qui au fond revient au même.

Problématique supplémentaire dans l’addition, ceux qui partent arrangent beaucoup de monde, les passeurs, les passeurs de passeurs, légaux, illégaux, officiels ou officieux, alors que le fait est là, par mer, terre ou par avion, cerveaux ou simples bras, étudiants, médecins ou mécaniciens, toutes les énergies partent, car il faut de l’énergie pour prendre un bateau sans comprendre les vagues. Résultat, tout le monde s’enfuit et les incompétents restent, la situation actuelle s’expliquant ainsi. Il y a des ministres, walis, experts officiels, juges ou chefs de daïra qu’on aimerait bien voir partir. Après, s’ils se noient dans le mauvais temps, peut-être qu’on ne pleurera pas beaucoup. On sera moins mais on sera mieux.


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