Pâté de campagne (9) La guerre des images | El Watan
toggle menu
mardi, 25 février, 2020
  • thumbnail of elwatan25022020

  • Stream système


Pâté de campagne (9) La guerre des images

01 décembre 2019 à 9 h 23 min

On se rappelle de ce ridicule qui a duré : tous unis, soutenant un cadre, celui de Bouteflika, et même lui offrir un cheval, summum de l’absurdité politique.

Des images à oublier mais un mode encore vivace, avec cette volonté pour le régime, ses hommes du sérail qui veulent garder leurs privilèges et ceux qui veulent en avoir, de se rassembler autour d’un totem pour s’assurer un maintien de position. Dans ce domaine, on doit citer cette initiative d’éditer un recueil des discours de Gaïd Salah, ce qui évoque là aussi l’ancien ministre Hamid Grine qui, à peine nommé, avait monté une exposition de toutes les photos de Bouteflika, de sa circoncision à son sacre suprême. Le ridicule n’est pas en cause, il s’agit d’image et de son contrôle, qui explique la caporalisation de toutes ces télévisions privées et l’interdiction d’image pour ces centaines de milliers, voire millions d’Algérien(ne)s dans les rues chaque semaine à dire «non» à un scrutin dans ces conditions. Quand on a peur de l’image, on est obligé de tordre la réalité et arriver à des contradictions structurelles comme celle d’une majorité qui refuse les élections et une minorité qui les accepte avec l’idée que c’est cette dernière qui a raison, par invocation de la démocratie. Il ne restait que cela : le dessinateur Mime est en prison et juste après, un jeune homme qui portait un cadre représentant l’un de ses dessins a aussi été arrêté.

La question du jour est pourquoi mettre un dessinateur en prison ou Mohamed Tadjadit, surnommé le poète de La Casbah, quand on sait que ce geste ridicule sera condamné en Algérie et dans le monde entier ? Parce que quand on s’installe dans l’absurde, la machine à rafles est lancée et il est très difficile de l’arrêter. L’information principale est que quand on met des dessinateurs et des poètes en prison, c’est qu’on vient de passer un stade. Comme disait le dictateur ougandais Idi Amin Dada, «la liberté de parler existe, mais je ne peux garantir cette liberté après avoir parlé».



S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!