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Parlez-vous le militaire ?

25 juin 2019 à 10 h 00 min

Comme dans un couple qui se dispute, on peut dire des mots blessants juste pour faire mal, que l’on regrette après. Mais il ne s’agit pas de couple et il aura suffi d’une petite phrase dans l’un des nombreux discours de Gaïd Salah sur «la tentative d’infiltrer les marches et porter d’autres emblèmes que notre emblème national» pour que les autorités civiles passent à l’action.

En effet, quelques jours après, cette déclaration est devenue un ordre et une centaine de personnes étaient arrêtées à Alger pour être sorties avec le drapeau amazigh. Gaïd Salah est-il le patron de la DGSN ? Est-il juge ? Procureur ? Législateur ? Non, mais la phrase a valeur de décision si son porteur est le plus puissant du moment, primauté du code verbal sur le code pénal avec exécution immédiate et mandat de dépôt, exception judiciaire en théorie mais qui est devenue la règle judiciaire.

Sauf que la centaine de gens arrêtés auraient dû être emprisonnés comme les 14, et s’il n’y a qu’un code pénal au-dessus de tous les Algériens, ceux qui, en dehors d’Alger, ont brandi l’étendard amazigh auraient dû aussi être tous arrêtés. Ce qui n’est pas le cas, alors pourquoi les 14 ? Et surtout, y a-t-il à Alger une loi spécifique qui ne concerne pas les autres wilayas ?

Oui, et l’inquiétude devient légitime autour de l’application abusive de la loi, comme pour cet article 79 objet des arrestations et qui dit que quiconque a entrepris par quelque moyen que ce soit de porter atteinte à l’intégrité du territoire national est puni d’un emprisonnement d’une durée d’un à dix ans.

Mais ce qu’il y a de plus dangereux est que les applicateurs zélés des phrases du chef, qui écoutent, décryptent, analysent et interprètent, ont encore du travail devant eux. Depuis avril dernier, alors qu’il ne parlait que rarement, le chef d’état-major a fait 15 discours de 2000 mots chacun, ce qui fait environ 30 000 mots. Pour un policier ou un juge, cela fait donc 30 000 motifs d’arrestation. On n’est pas encore sortis de prison.


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