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mercredi, 23 septembre, 2020
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Parler mais en silence et si possible en langue nationale

10 août 2020 à 9 h 09 min

En cette canicule, comment ne pas penser à tous ceux qui sont en prison à cause d’un mot ou quelques lettres ? Bien qu’ils soient nombreux, il semble utile de revenir sur le cas du journaliste Drareni, car on a appris au cours du procès, cette phrase : «Ce système dégénéré n’accepte pas le changement», qu’il a publiée sur Facebook, est peut-être ce qui lui a valu la prison.

Mais est-ce le terme «dégénéré» ou «n’accepte pas le changement» ? Ou est-ce le billet d’avion payé par l’Institut français d’Alger qui l’a fait incarcérer ou ces quelques misérables euros gagnés avec TV5, ce qui devrait pousser à demander beaucoup plus, vu les risques encourus ? En tous les cas, le procureur Amar Belhimer, ministre de la Communication, par ailleurs, avait qualifié les journalistes détenus de «professionnels de la subversion menaçant l’intérêt national». De son côté, le juge Abdelmadjid Tebboune, président de la République par ailleurs, s’était dit «étonné d’un journaliste ayant été interrogé (par la police) au sujet d’une forte déclaration sur l’Etat algérien se dirige juste après vers les ambassades d’autres pays afin de rendre compte», ce qu’il a estimé comme étant «identique au travail d’un espion».

C’est d’ailleurs le même délit pour le général Ghediri, toujours en prison, accusé d’avoir parlé aux Américains, probablement en anglais. Parler est donc un problème, surtout avec n’importe qui, particulièrement de n’importe quoi, sauf que la question fondamentale reste la même : y a-t-il interférence du pouvoir exécutif dans la justice ? Absolument pas et toute affirmation contraire peut conduire son auteur devant les tribunaux.

Le communiqué de la Présidence est clair : «Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé jeudi à un vaste mouvement dans le corps des présidents et procureurs généraux près les cours de justice comprenant des nominations, des magistrats appelés à occuper d’autres fonctions et des fins de fonctions.» Qui a dit qu’il y avait un problème ?



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