La formidable histoire de Karim et Kader | El Watan
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samedi, 21 septembre, 2019
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La formidable histoire de Karim et Kader

09 septembre 2019 à 10 h 00 min

Voiture noire, tapis presque rouge, garde républicaine en vert et maison blanche. C’est dans ce panel de couleurs que le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, a reçu hier le coordinateur de l’instance de dialogue, Karim Younès, qui lui a remis son rapport final.

Les deux hommes se connaissent bien : le second est président de l’APN de 2002 à 2004 pendant que le premier est président du Conseil de la nation en 2002 ; n°3 et n°2 de l’Etat à la même époque. Younès est nommé ministre en 1997, Bensalah participe à la création du RND la même année. Le premier est reconduit ministre par Bouteflika en 1999 pendant que le second est à la tête de la commission des affaires étrangères de l’APN grâce à la victoire truquée du RND aux législatives. Ils ont un bon salaire, aiment l’Etat et son Président, et n’ont aucun problème sinon quelques infiltrations d’eau dans leur résidence du Club des Pins, vite réparées par le plombier Melzi.

Mais en 2004, leurs destins se séparent : Younès soutient Benflis, Bensalah soutient Bouteflika, évidemment. Ce dernier se sépare de Younès mais garde Bensalah à portée de main, on ne sait jamais. En 2014, Karim Younès anime des meetings pro-Benflis à Paris, alors que Bensalah est convalescent suite à une tumeur opérée à Paris. En 2019, Bensalah soutient un 5e mandat pour Bouteflika, qui sera annulé, et à sa grande surprise, devient chef de l’Etat intérimaire. Il revoit Karim Younès, ils parlent du bon vieux temps, où tout était si calme, et lui confie la mission de discuter avec les Algériens, ce que lui n’a jamais fait. Puis enfin, dénouement, le rapport final. Mais qu’y a-t-il dedans ? Des dialogues, soigneusement retranscrits, et un bilan, prudemment établi. Bensalah va le lire puis en parler pour le déposer ensuite dans un tiroir et Karim Younès va retourner chez lui, épuisé après cette longue aventure. Sauf qu’au lieu d’aller à la Présidence, il aurait pu aller directement aux Tagarins. L’Algérie aurait économisé un litre d’essence.


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