La chute des corps vers le bonheur de l’enfermement | El Watan
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jeudi, 21 octobre, 2021
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La chute des corps vers le bonheur de l’enfermement

09 septembre 2021 à 10 h 00 min

Sans mouvement, il n’y a rien. Pas de vie, d’agglutination, de hasard, d’interactions ou de condensations de nuages de gaz à l’origine de la formation des corps célestes. Pas de fusion, fission, union, construction, déconstruction et reconstruction.

N’ayant pas réussi à concilier la mécanique quantique qui opère au sein des particules et la relativité générale censée être le cadre dans lequel évoluent les corps du cosmos, le seul mouvement aujourd’hui admis dans l’univers par les astrophysiciens est la chute. Chaque corps, objet, planète ou être humain est porté par son propre poids et n’a de finalité que sa chute vers un horizon irrémédiable, en Algérie, à New York ou sur Mars, selon l’idée que lourd ou léger, on tombe, vers quelque part, là où plus aucune force ne peut vous refaire bouger et vous enferme.
C’est ainsi que l’anti-mouvement des corps a créé le MAK, une partie de la Kabylie s’étant enfermée sur elle-même autour d’un point fixe, le régime dans sa logique restrictive aveugle, avachi sur un fauteuil en cuir sans mouvement ou les islamistes arrivés par leur construction à leur point final de stérilité. On pourrait ajouter l’ANEP, le mariage, les partis politiques, Belmadi ou les femmes consentantes à l’idée qu’elles n’iront jamais à la plage en maillot même s’il fait 40°C, les entrepreneurs qui savent qu’il faut offrir des i-Phones aux ministres pour espérer un marché où le chômeur de quartier entraîné par sa propre chute qui sait qu’il n’a plus que la harga, le vol ou les neuroleptiques pour s’en sortir et arriver à un nouveau point de chute. Le point zéro est cet espace infiniment petit vers lequel tout tend. Qui bouge encore ? Les bus, qui tournent en rond sur le même trajet autorisé, Jeff Bezos qui veut ouvrir un supermarché sur Jupiter ou les chefs de daïra changés pour ne rien changer. Au fond, le zéro, commencement et finalité, représente l’idéal, rien ne bouge, rien n’arrive, ne se fait ou se défait. Quand on est bien payé, c’est le bonheur absolu.


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