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Eléments de géométrie nationale

14 novembre 2019 à 9 h 00 min

Depuis l’indépendance, l’Algérie a fonctionné sur la base d’un triangle dur, plus ou moins équilatéral. Avec à ses trois sommets, la Présidence, l’armée et les Services du renseignement, le premier cultivant des oranges, la seconde fournissant les outils et les troisièmes surveillant le jardin. Le triangle, forme géométrique des plus stables, assurait ainsi une relative harmonie, même si les trois côtés sont d’essence militaire, la plupart des Présidents étant eux aussi issus de l’armée.

Jusqu’à Bouteflika, qui cantonne un peu l’armée dans ses casernes puis dévitalise le DRS, jusqu’à 2019, avec l’arrestation de l’emblématique Toufik ainsi que son successeur, et l’implosion de la Présidence, vidée de ses occupants pour devenir une simple annexe de l’état-major. Le triangle ainsi cassé a laissé la place à un seul point, en faisant de Bensalah un pointillé, pour une géométrie simpliste à tête unique, l’état-major.

Mais avec des élections, décidées d’ailleurs par l’état-major, et le retour de la Présidence dans les équilibres, le triangle est en cours de reconstruction. Il manquait un troisième volet et c’est le ministre de la Justice qui vient de passer à l’APN pour proposer une plus large prérogative au DRS, avec fonction de police judiciaire, c’est-à-dire le pouvoir de mener des enquêtes, d’arrêter, d’instruire et de fouiller.

Argument défendu par Belkacem Zeghmati, c’est «une institution étatique dont il faut être fier, car l’histoire retiendra son rôle dans l’édification de l’Etat algérien dans les années 1970 et 1980», les assassinats et tortures d’opposants n’étant pour cet homme de justice que des détails. Mais c’est ainsi, la géométrie est de retour et restera au nouveau Président, un civil dans tous les cas, à jouer les équilibres du triangle avec les militaires.

On aurait pu bien sûr régler ces interactions en donnant un réel pouvoir à l’Assemblée, à l’Exécutif et au pouvoir judiciaire, comme dans tout pays normal. Mais qui a dit que l’Algérie était un pays normal ?


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