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lundi, 13 juillet, 2020
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Celui qu’on n’attendait pas

29 juin 2020 à 9 h 21 min

Au départ, on avait dit qu’il ne durerait pas, simple feu de paille destiné à disparaître aussi rapidement qu’il est apparu, puis on avait annoncé qu’il ne représentait pas de danger particulier.

Les experts avaient prédit sa fin rapide et les décideurs juré au départ que c’est une invention de l’étranger, énième manipulation de l’Occident. On l’avait ignoré, sous-estimé et regardé avec mépris, puis on avait déclaré avoir les moyens de le contrôler parce qu’il ne leur faisait pas peur. Une batterie de mesures avait été prise pour l’éradiquer, le détruire et le domestiquer. On avait expliqué qu’il s’attaquait aux plus faibles, jusqu’à ce que les plus forts soient eux-mêmes touchés. On a tenté de l’isoler, puis essayé de le maîtriser, pour enfin penser pouvoir en finir rapidement avec lui en utilisant des méthodes éculées. Peine perdue, il s’est infiltré partout, très contagieux, il s’accrochait à tout, il a fait de nombreuses victimes, attaquant les défenses immunitaires avec une charge virale importante.

Une fois admise sa dangerosité, on s’est résolu à l’étudier, manipuler son code génétique, on a commencé à préparer des vaccins et fait en sorte de limiter sa propagation. Peine perdue aussi, et on a ensuite écrit des livres sur lui, invité des centaines de spécialistes sur les plateaux de télévision pour dire n’importe quoi à son sujet et débattu des jours durant sur sa mystérieuse nature.

Ce qui n’a finalement rien changé, il continue à s’abriter dans des corps sains en attendant qu’il puisse à nouveau se déclarer. Aujourd’hui, des mois après son apparition, il est toujours à l’affût, tapi dans l’ombre et bien décidé à ne pas disparaître. Attaqué de toutes parts, il résiste, surprenant tous ceux qui avaient parlé d’un bref épisode, voire d’une grippe saisonnière. Il est encore vivant, aussi vivant qu’une tumeur bénigne qui prolifère à l’intérieur du corps sans qu’il ne le sente. Le hirak, même s’il a pris une pause pour cause de virus, est toujours là et son esprit n’est pas mort.



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