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Troisième été de canicule des prix pétroliers

16 juillet 2007 à 21 h 17 min

Les prospectives les plus sérieuses l’ont tous annoncé. L’été 2007 connaîtra une nouvelle tension sur les prix du brut. Dès le mois de février dernier on pouvait lire dans une « alerte énergie » de l’organisation Juno Mother Earth signée de Andrew McKillop : « Le pic de demande mondiale de pétrole de l’été (juillet-août) constitue une période clé du point de vue des variations du prix du pétrole. Les prix peuvent s’envoler à l’approche de ce pic, cela pouvant commencer en avril-mai 2007. Une percée des prix pendant le pic de demande mondial de l’été 2007 sera décidée par la demande physique. La demande totale de liquide pourrait excéder 88,5 mbj, en tenant compte des biocarburants (environ 0,5 mbj). A ce moment-là nous ferons face de facto au sous-approvisionnement ». Le flirt en cours avec le record historique du prix du brut est désormais quasi ouvertement reconnu par les marchés comme une anticipation sur un sous-approvisionnement physique. Il n’était pas bon de le dire en 2005 ou encore en 2006, car cela ramène toujours au débat « mortel » sur la vérité des réserves réelles détenues par les grandes compagnies pétrolières et leur capacité à faire face à la demande dans les années qui viennent.

Une « trêve » fragile à la fin de l’année

La croissance de la demande chinoise est devenue un important déterminant de marché depuis trois ans. Autant que la publication des réserves stratégiques de produits raffinés américains. Si elle ne s’emballe pas trop vite au-dessus des 6% dès ce second semestre 2007 (prévision de croissance de 5,8% sur l’année) alors, estiment les analystes, une trêve dans le sous-approvisionnement peut intervenir à la fin de l’année. Elle sera le fait de l’arrivée sur les marchés de nouvelles quantités d’huiles non conventionnelles extraites dans les régions du cercle polaire ou de l’offshore de grandes profondeurs.
Cette « hausse de la production » provenant de gisements devenus rentables depuis le redressement tendancielle des cours en 2003, sera confortée en 2008 par d’autres entrées en activité sur des sites plus conventionnelles. « La capacité de production de l’Opep va elle croître d’un million de bpj l’année prochaine, à 35,4 millions, ajoute l’agence, tandis que la production hors-Opep devrait également augmenter d’un million bpj », prévoit l’agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport sur les perspectives énergétiques pour 2008. Mais cette détente annoncée de l’offre de pétrole et de produits énergétiques dérivés – condensât en particulier – n’est pas certaine de couvrir la conjoncture énergétique de l’année 2008 jusqu’à son terme. « Toute la chaîne industrielle du pétrole est devenue susceptible de provoquer des tensions sur l’alimentation du marché et donc sur les prix », prédit un expert. L’impact de ses tensions est de plus en plus fort dans ce contexte qui s’installe de réduction des marges physiques de l’offre couvrant la demande. Exemple le plus connu de ce raidissement de l’élasticité de l’offre de produits pétroliers vis-à-vis de la demande, les raffineries américaines courent depuis quatre années derrière un gap qui alimente la peur de la rupture d’approvisionnement. « Elles auraient augmenté leur cadence, avec un taux d’utilisation de 90,4%, en hausse de 0,4 point de pourcentage sur une semaine, mais loin encore du taux de 95% jugé nécessaire pour répondre à la forte hausse de la demande », estime la place de Londres rapportée par l’AFP. En définitive, le vieillissement des 11 gisements géants encore en activité dans le monde n’arrive plus à être compensé suffisamment par les performances de l’industrie pétrolière sur de nouveaux sites. Les marchés traduisent tout simplement cette nouvelle réalité.

Retour du nucléaire et diplomatie énergétique

Les gouvernements des pays de l’OCDE ont tous réorganisé leur prospective énergétique sur la base d’un sous-approvisionnement structurel en énergie fossile dans les prochaines années. « Le plus stimulant économique des nouvelles politiques énergétiques n’est pas le réchauffement climatique mais le renchérissement du brut consécutif au début de son épuisement », avait prévenu une étude britannique dès 2005. Signe spectaculaire du changement, avec 350 000 barils/jour de plus, la croissance des biocarburants annoncée pour 2008 représentera préè de 10% des quantités de pétrole additionnelles attendues. Les prix du fuel rendent durablement compétitifs les biocarburants. Le retour en grâce du nucléaire dans la production d’électricité est tout aussi remarquable. Le Brésil a annoncé cette semaine la reprise de son programme nucléaire.
L’option biocarburant, dont le Brésil est le champion mondial, n’est, il est vrai, une réponse alternative qu’à la seule demande énergétique des transports. « Les partisans du nucléaire ont tort de crier victoire trop vite. Les incidents de démantèlement répétitifs en Allemagne, une année après celui de la Suède montrent à nouveau que le cycle de risque d’un réacteur nucléaire est beaucoup trop long dans la vie pour que l’on espère solder sa rentabilité après vingt ans ou trente ans d’utilisation », prévient un spécialiste français de la filière de l’atome.
C’est dans la course à l’accès privilégié aux approvisionnements de pétrole et de gaz que vont cependant se dérouler les manœuvres les plus brutales dans le monde. Le même spécialiste ajoute : « Pour bien négocier sa transition énergétique, il ne faut pas être en situation de précarité d’approvisionnement. Car dans ce cas on perd sa liberté d’arbitrer entre les nouvelles directions à donner à son modèle de consommation énergétique. » La semaine qui vient de s’écouler est édifiante à ce sujet. Elle a montré combien la nouvelle diplomatie des grands Etats industriels est orientée vers ce thème de la sécurité énergétique. Nicolas en a parlé à Alger avec de nouveaux projets « audacieux » de rapprochement. Total en a bénéficié en Russie où le contact direct entre Sarkozy et Poutine lui a permis d’être le premier entrant occidental sur le gisement de gaz tant convoité de Chokman dont la licence est détenue par Gazprom.


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