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Ali Halimi .Président de l’association nationale pour la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution (ANPEP)

«Tout est fait pour décourager les gens qui veulent travailler réellement»

09 juillet 2018 à 6 h 49 min

Les politiques environnementales ont fait l’objet de maintes refontes aux fins, entre autres, d’une gestion intégrée des déchets solides, le plastique notamment.

D’après vous, un mode de vie et un environnement ‘‘zéro plastique’’ peuvent-ils être envisageables dans notre pays, 5e plus grand consommateur mondial de cette matière ?

Il est toujours permis de rêver ! Le phénomène des déchets solides, notamment le plastique, a pris la dimension d’une grave pandémie. Il constitue une problématique majeure à laquelle des solutions urgentes doivent être trouvées. 13 millions de tonnes/an de déchets, ce n’est pas rien.

Il faut savoir que le pays avait mis au point un fort ambitieux projet national d’envergure portant sur la gestion, la récupération et le traitement des déchets solides.

Ce projet avait été mis en route en 2001 avec comme cadre institutionnel la loi 01-19 du 12 décembre 2001. Malheureusement, les résultats escomptés n’ont pas pu être atteints. Les déchets solides, ce trésor inépuisable, pourraient générer des richesses colossales.

A titre d’exemple : pas moins de 3,5 milliards de dinars/an pourraient être économisé à travers la récupération d’à peine 20 % des millions de tonnes de déchets qui envahissent l’environnement. Une lutte efficace et pérenne contre la pollution par ces déchets suppose une réponse globale qui doit rapidement permettre de construire et développer des solutions concrètes.

Il est grand temps de passer de l’état d’ébriété plastique à la sobriété plastique. Car voilà bien des décennies que se pose cette lourde problématique. Pour mémoire, la loi sur l’environnement existe depuis les années 80 (loi n° 03-83). Or, elle est toujours en attente de ses décrets d’application.

Et ce n’est qu’en 2000 qu’une de nouvelle loi sur l’environnement et le développement durable avait été instaurée à l’initiative de Cherif Rahmani, l’ancien ministre en charge du secteur.

Loi qui fera l’objet d’amendements en 2007. Dans ce cadre, un ambitieux Programme national de gestion intégrée des déchets avait été déployé avec comme objectif majeur l’alignement sur les standards internationaux de la gestion des déchets solides et le déploiement de techniques de collecte sélective et de tri, susceptibles d’aider à la mise sur pied progressive d’une industrie de récupération et de valorisation des déchets.

A l’époque, un appel aux dons avait été lancé pour les besoins de financement du programme. Lors d’une rencontre organisée à cet effet, et à laquelle étaient présents des représentants de nombre d’ambassades, d’organismes, d’institutions internationaux, tels que le Programme des Nations unies pour le développement et/ou de l’environnement (PNUD / PNUE), ainsi que de grandes entreprises étrangères intervenant dans le recyclage de déchets solides, un diplomate français, je cite, avait pris la parole, lançant à destination de M Rahmani, « ce n’est pas l’argent qui manque en Algérie, mais plutôt d’une bonne gestion et d’une meilleure gouvernance dont vous avez le plus besoin.

Et l’intervenant, faut-il le reconnaître, n’avait pas tort. Mais cela n’avait pas, pour autant, empêché plusieurs ambassades, notamment celles de certains pays du Golfe, à faire don d’importantes sommes monnaies fortes. Tout l’argent collecté et mobilisé, à l’époque, celui englouti, depuis, par les collectivités locales, n’a, décidément, servi à rien.

La mise en place en Algérie d’une politique efficace de récupération et le développement d’une véritable industrie de recyclage des déchets est et restera un vœu pieux. S’avérera tout aussi démesurée l’ambition d’atteindre dès 2012, dans le cadre de la prétendue économie ‘‘verte’’ promise par M. Rahmani et ses successeurs, plus de 400 000 emplois verts.

Volume devant passer à près de 1,5 million à l’horizon 2025, essentiellement pourvus par les secteurs des énergies renouvelables, de la récupération et de la valorisation des déchets, de la gestion de l’eau, du bâtiment vert, des services liés à l’environnement, etc. C’est dire que toutes les politiques environnementales jusque-là adoptées en vue de stimuler l’émergence d’une croissance verte demeurent stériles.

La culture du tri et de la récupération dont les avantages, au triple plan environnemental, social et économique, sont incontestables, est-elle en train de se propager vu la ruée sur les déchets plastiques constatée ces derniers temps, un peu partout, surtout dans les grandes villes ?

Il ne faut pas se voiler la face, beaucoup reste à faire pour que tout le pays puisse se mettre au recyclage, activité s’alimentant de la récupération.

En Algérie, pays toujours en appétit féroce pour les produits plastiques, 5e place mondiale, disiez-vous, tout est fait pour décourager les gens qui veulent travailler réellement. Les micro-entreprises spécialisées dans la récupération, créées par des jeunes promoteurs dans le cadre de l’Ansej ou d’autres dispositifs d’aide et de soutien à l’emploi, ont toutes fini par disparaître.

Les raisons sont multiples. Mais les facteurs ayant le plus agi, dans la plupart des cas, consistent en l’indisponibilité des aires de stockage des déchets en plastique collectés et les prix appliqués par les recycleurs, surtout.

Il n’y a pas si longtemps, le kilogramme de plastique, dit ordinaire, rapportait aux collecteurs à peine 20 DA, et 80 DA pour le plastique, premier choix, alors que le prix de revient, toutes lesw charges comprises, est beaucoup plus élevé. Avec de tels prix, il était difficile, voire impossible, pour les jeunes promoteurs de s’en sortir.

C’est pourquoi, nous réitérons notre appel, à l’adresse des pouvoirs publics, aux fins d’ouvrir l’investissement dans la filière de la récupération/recyclage aux capitaux étrangers.

Plusieurs pays qui ont les moyens, la technologie et le savoir-faire, ont, maintes fois, officiellement ou officieusement, exprimé leur volonté de s’implanter en Algérie. Mais, et c’est curieux, leurs offres se heurtent à de fortes résistances.

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