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Souhil Meddah. Expert financier : «Avec des revenus en diminution, le recours à l’épargne est de plus en plus important»

22 mars 2021 à 11 h 08 min

-La hausse des prix a induit une hausse des dépenses alors que les salaires n’ont pas bougé ces dernières années. Comment évaluer l’impact sur l’épargne des ménages ?

Sur le plan de l’analyse des masses financières et monétaires, cette problématique a commencé à se poser depuis pratiquement 2017 et ensuite, de se durcir en 2019 et surtout à partir de 2020. Elle résulte d’un processus d’assèchement des revenus qui devaient aussi impacter le niveau de liquidité dans sa partie flux sur l’activité économique, vu que cette liquidité se multiplie sur le volume des échanges entre agents économiques. Car une situation de récession se produit et se maintient sur une durée importante et à travers un enchaînement d’événements successifs. Dans ce processus, on peut distinguer trois phases.

La première s’est entamée sur certains agrégats macroéconomiques marchands, à travers lesquels la politique budgétaire considérée comme la principale locomotive de distribution des revenus commençait à réduire de son importance, de son volume et la cadence qui approvisionne tous les autres agents. Le premier impact commençait à se positionner sur le niveau des revenus, de l’emploi, de la consommation et aussi sur l’état du dinar qui naturellement allait s’ajuster en fonction des indicateurs macroéconomiques et de agrégats monétaires, de l’épargne institutionnelle et surtout, du pouvoir d’achat qui ne disposait plus des mêmes conditions de choix et de soutien. La deuxième phase, sur les plans de charges ou des affaires pour les opérateurs économiques et donc, sur les revenus des ménages, affectant le niveau de l’emploi commençait à se préciser et de produire des effets de déséquilibres entre les masses sur les revenus et les autres qui transitées par les espaces marchands de ventes de biens et services.

Ce qui fait que le reste des débits sur les flux subissait des ralentissements périodiques, que ça soit sur les facteurs multiplicateurs de richesses ou des revenus réservés pour le compte des autres opérateurs. La troisième phase, qui se résume par la stagnation des sources de revenus, puis leur rétrécissement, suivie d’un canal des flux de revenus / épargne totalement inverser. Car avec les circonstances aggravantes de la pandémie sur 2020, l’état des revenus couplé aux effets temporaires négatifs, le fonctionnement de la chaîne des approvisionnements des biens et services, d’une part, et de l’état de la monnaie locale, d’autre part, avait de facto provoqué un déséquilibre structurel dans le canal d’échange des valeurs (ménages face aux opérateurs). Cette situation avait naturellement poussée les agents consommateurs à s’appuyer systématiquement sur l’épargne qu’ils détiennent, sachant qu’elle ne sera moins alimentée ou ne sera plus alimentée comme avant. Avec l’enchaînement de tous ces évènements, les commerçants ont opté pour des augmentations de prix à cause de la demande excessive qui s’est annoncé sur les produits et leur rareté temporaire, également l’état de la monnaie locale a produit un effet d’ajustement et de révision systématique des prix à la consommation.

-Les déséquilibres se sont donc cumulés…

L’impact étant que les déséquilibres qui existent se sont avec le temps cumulés, car non seulement les prix augmentent, mais les revenus diminuent et les recours aux épargnes devient une nécessité absolue par la majorité des ménages.
Entre temps, il y a un autre phénomène de thésaurisation qui a fait que les revenus et les épargnes de certains agents ne sont plus compensés dans le circuit classique. Une telle thésaurisation devait fatalement aboutir sur deux situations qui sont à la fois conjoncturellement négatives de rareté des produits avec l’augmentation des prix et, structurellement provocatrices de dysfonctionnement dans l’approvisionnement du circuit financier sur le plan des agrégats et des instruments monétaires.

De fait, une telle situation structurelle donne l’occasion aux espaces informels de s’alimenter plus facilement une longue durée, ce qui fait que la part de la monnaie fiduciaire dans les masses monétaires de base devient peu disponible et, nécessite des réajustements ponctuels qui émanent de la politique monétaire, qui à son tour, doit produire encore plus de valeurs contre une masse de revenu et d’épargne qui ne bouge pas et reste stagnée.

-Quelles solutions adopter dans ce cadre ?

A ce titre, cet enchaînement d’événements et de facteurs structurels va sans doute impacter le pouvoir d’achat des ménages qui, d’une part, subissent et subiront l’effet sur le manque ou la baisse des revenus et d’autre part, par la chute du dinar, qui provoqueront une instabilité future dans tout le circuit de recyclage et de multiplication des valeurs financières et monétaires entre les ménages consommateurs. Il est totalement naturel que chaque ménage doit, en cas de besoin, épuiser son épargne, dans un contexte où les revenus diminués et ou les prix augmentent. D’autre part, le mouvement des prix ne pouvant être justifié que par un besoin de régulation. Le processus de solutions doit s’axer sur trois points et en deux étapes. D’abord, l’intervention de l’Etat pour les revenus, pour le plein emploi et la régulation des marchés en se passant des déclarations publiques inutiles. Et ensuite, l’ouverture vers des canaux qui sont capables de fructifier les épargnes des personnes et des opérateurs, en incluant les fonds collectifs et les compagnies d’assurances.


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