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Selon l’Organisation internationale du travail : Le COVID-19 menace 25 millions d’emplois dans le monde

23 mars 2020 à 9 h 40 min

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), près de 25 millions d’emplois dans le monde pourraient être perdus à cause du Covid-19.

En effet, une première évaluation de l’impact du Covid-19 sur le monde du travail mondial indique que les effets seront de grande envergure, poussant des millions de personnes au chômage, au sous-emploi et à la pauvreté, et propose des mesures en vue d’apporter une réponse ferme, coordonnée et immédiate. «Toutefois, en cas de réponse coordonnée au niveau international, comme lors de la crise financière mondiale de 2008-09, l’impact sur le chômage dans le monde pourrait être réduit de manière significative», prévoit l’OIT dans un communiqué datant du 9 mars.

Dans le rapport préliminaire d’évaluation sur le Covid-19 et le monde du travail : impacts et réponses, l’OIT appelle les pays à prendre des mesures urgentes, de grande envergure ainsi que des mesures coordonnées autour de trois piliers. Il s’agit de la protection des travailleurs sur leur lieu de travail, la relance de l’économie et de l’emploi ainsi que le soutien aux emplois et aux revenus.

Pour un allègement fiscal et financier

«Ces mesures nécessitent l’élargissement de la protection sociale, un soutien en matière du maintien des emplois (comme par exemple le travail partiel, les congés payés ou d’autres aides) ainsi qu’un allégement fiscal et financier, y compris pour les microentreprises et les petites et moyennes entreprises», suggère l’OTI dans ce rapport. Il est recommandé également des mesures en matière de politiques fiscales et monétaires ainsi que des prêts et un soutien financier pour des secteurs économiques ciblés.

En se basant sur des scénarios différents de l’impact du Covid-19 sur la croissance économique mondiale, la projection de l’OIT fait état d’une hausse du chômage mondial entre 5,3 millions (scénario le plus optimiste) à 24,7 millions (scénario le plus pessimiste) par rapport au chiffre de base de 188 millions en 2019. Rappelant que la crise financière internationale de 2008-09 avait provoqué une hausse du chômage dans le monde de 22 millions, l’OIT prévient que le sous-emploi devrait lui aussi s’accroître de manière significative au fur et à mesure que les conséquences économiques de l’épidémie se traduiront par des réductions des horaires de travail et des salaires.

Pertes de revenus de 860 milliards à 3,4 billions de dollars

Cette situation aura tout son impact sur les conditions sociales des travailleurs. Ainsi, la baisse du nombre d’emplois va entraîner, selon la même source, des pertes massives en matière de revenus pour les travailleurs, et ce, pour une fourchette allant de 860 milliards de dollars à 3,4 billions de dollars d’ici la fin 2020. «Cela se traduira par une chute de la consommation des biens et des services, qui impactera à son tour les perspectives des entreprises et des économies», prévoit encore l’étude en question. Autre conséquence : la pauvreté au travail devrait, elle aussi, augmenter de manière significative au fur et à mesure que «la pression sur les revenus en conséquence du déclin de l’activité économique touchera très gravement les travailleurs vivant autour ou sous le seuil de pauvreté».

L’organisation estime par ailleurs qu’entre 8,8 et 35 millions de personnes supplémentaires dans le monde se retrouveront en situation de travailleurs pauvres, comparé à la projection originale pour 2020 (qui prévoyait une baisse de 14 millions au niveau mondial). «Il ne s’agit plus seulement d’une crise sanitaire mondiale, c’est aussi une crise grave en matière d’emplois ainsi qu’une crise économique majeure qui est en train d’avoir un impact considérable sur les populations», a affirmé à ce sujet Guy Ryder, directeur général de l’OIT. «En 2008, le monde avait présenté un front uni pour s’attaquer aux conséquences de la crise financière mondiale, et le pire avait pu être évité. Nous avons besoin de ce même rôle moteur et de cette même résolution à l’heure actuelle», a-t-il ajouté.

L’OIT met en garde contre le fait que certaines catégories de personnes risquent d’être touchées par la crise de l’emploi de manière disproportionnée. Ce qui pourrait accroître les inégalités déjà criantes. Il s’agit notamment des personnes occupant des emplois peu rémunérés et moins bien protégés, en particulier les jeunes et les travailleurs plus âgés. Les femmes et les migrants sont également concernés.



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