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Ressources halieutiques à Annaba

11 juin 2007 à 20 h 43 min

Annaba : De notre bureau

L’absence de contours précis dans la politique de développement des activités élaborée par le ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques est soulignée par plusieurs intervenants. L’on cite à ce titre l’inexistence de recensement des potentialités et de politique de zonage tel que pratiqué dans les pays voisins ainsi que l’absence de subvention des carburants et autres intrants nécessaires à l’exploitation de l’outil de travail. “Ces derniers mois, il n’y a presque pas de poissons. Les quelques rares casiers débarqués se volatilisent rapidement. On se retrouve dans une situation où la demande est supérieure à l’offre.
Les prix ont flambé pour se transformer en presque de l’illicite”, considèrent des mareyeurs interrogés sur les quais du port de pêche de La Grenouillère à Annaba. La situation est pire à Chetaïbi, le 2e port de pêche de la wilaya de Annaba et l’un des plus importants de la région. Sur le quai, des dizaines de patrons pêcheurs et des marins font grise mine. Ils sont tous ” au chômage ” faute de poissons et de respect des règles du jeu par certains ” gros requins “. Dans le lot, il y a des armateurs ayant suspendu leurs activités depuis l’acquisition de leurs nouvelles embarcations. Ce sont majoritairement des chalutiers de 22 et 25 mètres dotés de moteurs d’une puissance de 600 à 800 chevaux. Cette suspension d’activité est la conséquence du refus du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques (MPRH) de prendre en charge les frais de dédouanement.
Pourtant cet aspect est clairement souligné dans les correspondances adressées par cette institution de la République courant de l’année 2003 à tous les armateurs promoteurs de projets d’activités de pêche ou d’aquaculture. Cet avantage est précisé dans la convention signée entre le MPRH et la BADR le 6 octobre 2002. Il est clairement écrit que les frais de douane sont à la charge du MPRH.
Ce que rappelle à chaque fois la notification bancaire transmise par la BADR à chaque gérant de coopérative artisanale de pêche. “… La structure de financement du projet sollicité se présente comme suit… Les frais de douane sont à la charge du MPRH “. Cette disposition appliquée à tous les bénéficiaires avant et après 2004 et jusqu’à 2007 ne l’a pas été pour ceux de 2004. Pire, les membres de la commission nationale chargée de l’exécution, du suivi et l’évaluation du plan de soutien à la relance économique du secteur de la pêche et de l’aquaculture n’ont pas hésité par leur refus à discréditer leur propre institution.
Sinon comment interpréter cette contradiction entre la convention précisant clairement la prise en charge par le MPRH des frais de douanes et le contenu de la correspondance adressée aux bénéficiaires par la commission nationale. Dans une de ces correspondances datée du 5 mars 2006, il est mentionné : “La commission nationale a le regret de ne pas pouvoir vous donner suite favorable. Nous vous informons que la prise en charge des droits de douanes par le MPRH est une disposition s’appliquant pour les projets réceptionnés avant la fin de l’exercice 2004 à titre d’encouragement “.
Ce qui est totalement faux selon les armateurs lésés de la wilaya de Skikda, Annaba et El Tarf. MM. Talbi, Benchikh, Habes et Meddour gérants de coopératives de pêche à Annaba et Skikda ayant acquis des chalutiers de 21, 22 et 25 mètres, l’ont affirmé. Trois années après, la plupart des chalutiers sont en sous-douane avec une réelle menace de saisie par les autorités douanières de Annaba. ” Nous sommes plusieurs armateurs à avoir un document signé sur lequel il est précisé la prise en charge des frais de dédouanement. Nous ne comprenons pas pourquoi le MPRH refuse de respecter ses engagements en ce qui nous concerne. Pourtant il l’a fait pour les autres ayant acquis avant ou après nous des chalutiers “, s’interrogent plusieurs armateurs de la région est du pays et de beaucoup d’autres d’Oran et d’Alger. Interrogation également sur l’absence de toute réaction du ministre à la démarche injuste de la commission nationale. “Nous portons à témoin l’opinion publique nationale sur cette affaire. Elle porte les relents d’une démarche contraire aux intérêts nationaux.
Ce qui expliquerait le pourquoi de l’absence de tout développement de la pêche et des ressources halieutiques en Algérie. Nous en appelons au président de la République. Soumis à plusieurs formes de pressions, notamment les dettes contractées auprès des banques, les armateurs et patrons pêcheurs sont découragés”, explique Rachid Benchikh armateur à Annaba. Peu loquace sur le phénomène de baisse de la production des produits de la pêche, M. Amour, directeur de wilaya de la pêche, préfère laisser le soin à sa tutelle de répondre sur le problème de frais de douanes. ” Cette question de remboursement des frais de douanes pour l’acquisition de chalutiers n’est pas de ma compétence “, s’est-il limité à dire.
A Annaba, comme à Skikda et El Kala la crise dans le milieu de la pêche est latente.
Faute d’une sérieuse prise en charge des problèmes qui minent le secteur, y compris la filière corallifère, des centaines de travailleurs de la mer ont été mis au chômage. Entre temps, les côtes algériennes sont soumises à un pillage en règle par des chalutiers étrangers particulièrement ceux originaires des pays voisins à l’est et à l’ouest de nos frontières.

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