Repères économiques : Les deux grandes leçons à retenir des deux dernières décennies | El Watan
toggle menu
samedi, 20 juillet, 2019
  • thumbnail of elwatan20072019




  • Pub Alliance Assurance



Repères économiques : Les deux grandes leçons à retenir des deux dernières décennies

03 juin 2019 à 9 h 00 min

Il est malheureux de constater que chaque jour qui passe apporte son lot de révélations sur les énormes dilapidations de ressources nationales. Il était prévisible que les problèmes de corruption et de gaspillage atteignent des proportions incroyablement élevées. Ceci serait lié à la nature du pouvoir, son organisation et son management. Bien que l’organisation fasse partie du management, nous avons préféré les séparer vu le rôle central de la structuration de l’Etat.

Certes, l’ampleur de la catastrophe dépasse quelque peu les prévisions les plus pessimistes des analystes. Il nous faut beaucoup de temps et d’investigations scientifiques pour situer exactement l’ampleur des dégâts. Par contre, nous devons reconstruire un Etat efficace très rapidement et éviter les nombreuses erreurs commises par nos décideurs. Auditer l’ensemble des opérations importantes du passé prendrait beaucoup de temps. Mais la construction d’un nouvel Etat doit se faire rapidement, en l’espace d’une à deux années.

Ce n’est pas parce que qu’on va construire une nouvelle république que nous allons réussir le pari de devenir un pays émergent. Il est sain d’adopter une posture positive. Cela aide à enraciner des anticipations de réussite. Mais rien ne garantit que l’organisation et les mécanismes que nous allons adopter vont nous permettre de nous propulser au rang de pays émergents. Nous n’avons qu’à consulter les expériences de nombreux pays autour de nous pour tirer profit des expériences mondiales. De nombreux pays ont choisi de propulser leurs économies par des mécanismes d’économie de marché et ont lamentablement échoué : l’Ukraine, la Mongolie et le reste en font partie. D’autres ont choisi la même voie et ont très bien réussi : la Chine, le Vietnam et la Malaisie en font partie.

La primauté de l’organisation de l’État

Il est des aspects sociotechniques aussi importants, sinon plus, que la vision proposée, les objectifs fixés et même les personnes qui ont en charge de mener le programme de redressement national : c’est l’organisation de l’Etat. Souvenez-vous du premier gouvernement du président Bouteflika, la presse tirait à grandes manchettes qu’il recèle la crème des économistes algériens de l’époque.

Par ailleurs, la vision de relance économique prévalait sur toute autre caractéristique. Beaucoup de personnes étaient optimistes du fait de la composition du gouvernement et du cadre principal élaboré qui devait préparer l’appareil économique à dynamiser l’ensemble des secteurs. Mais une des conditions essentielles n’était pas au rendez-vous.

L’organisation de l’Etat était si défaillante qu’il était prévisible, dès la première année, que nous allions encore rater un autre rendez-vous avec l’histoire. L’organisation de toute institution, administration, entreprise, hôpital etc., recèle de nombreux points communs et des principes qu’il s’agit de respecter rigoureusement sous peine de péricliter.
Il est clair que nous ne pouvons énoncer qu’un échantillon de règles très importantes parmi lesquelles deux principales. La première concerne la séparation judicieuse entre les décisions techniques et les choix politiques.

C’est la raison principale de notre échec. Les choix de société sont du ressort du pouvoir politique : le niveau d’inégalité toléré, les types d’équilibres régionaux, la place économique du pays dans le concert des nations , etc., les grands choix de société sont du ressort de la classe politique.

Les mécanismes, les procédures et managements sont techniques et relèvent des choix du monde des techniciens : les critères de nomination des gestionnaires, la négociation, le management des projets, l’octroi de crédits, les choix d’entreprises de réalisation, les audits et les contrôles à mener, etc., sont des décisions techniques et doivent être réalisées par des personnes neutres spécialisées. Tout comme il y a un processus de séparation des pouvoirs qui consacre l’autonomie de la justice, il y en organisation un principe d’autonomie du pouvoir décisionnel technique. Lorsque le politique accapare le pouvoir technique, il n’y a aucune chance que les performances économiques d’un pays s’améliorent.

Les causes et les remèdes

La corruption, le favoritisme et le clientélisme sévissent lorsque le politique efface le pouvoir technique et le subordonne aux choix politiques et non à l’optimisation du processus d’affectation des ressources. Le système fonctionne alors pour se perpétuer et se régénérer au détriment de l’efficacité économique. On assiste alors à une déperdition énorme de ressources. Nous avons eu une expérience à grande échelle dans notre pays ou on a considéré que les politiciens avaient suffisamment de compétences pour prendre des décisions techniques.

Lorsqu’on aboutit à une situation pareille, la rationalité économique disparaît du pays qui devient alors une préoccupation secondaire dans la hiérarchie des priorités du pays. A un certain niveau de déliquescence de l’Etat, même la vie humaine devient une réalité très marginale par rapport au processus politique. Les processus démocratiques peuvent fortement atténuer ce genre de comportement, mais pas forcément l’éradiquer. La culture et l’histoire du pays peuvent alors tempérer mais pas annihiler le phénomène.

Nous avons donc l’obligation de construire un Etat qui opère une ligne de démarcation très claire entre les décisions politiques et les choix techniques. Nous avons payé très cher la confusion entre les deux. Malgré la présence d’économistes de qualité, le pays a sombré dans les méandres de la corruption, de l’inefficacité et de l’irrationalité économique la plus totale.

Le second élément organisationnel et non le seul serait de promouvoir et d’utiliser tout l’arsenal des outils scientifiques disponibles pour se propulser au rang de pays émergents : bases de données, simulateurs, entreprises de redressement, de dé-bureaucratisation, d’exportation, de qualité, etc. On ne peut être compétitif au niveau des nations sans utiliser un niveau de savoir-faire scientifique à la hauteur de nos ambitions.
Les outils renforcent l’efficacité du pouvoir technique.

Lorsque le politique prévaut et la séparation est floue, on peut se passer de l’économie du savoir. Mais lorsqu’on respecte ce principe de base, le niveau de maîtrise de l’économie du savoir va déterminer le degré d’efficacité du système. Si le niveau des industries du savoir est de 4 sur 10 alors l’efficacité économique serait de trois ; par contre, si le niveau des industries du savoir est de 9, l’efficacité économique serait de 8. Mais que dire d’une économie comme la nôtre où le niveau des industries de la connaissance serait moins de 2 ?

Loading...
(function(){ var D=new Date(),d=document,b='body',ce='createElement',ac='appendChild',st='style',ds='display',n='none',gi='getElementById',lp=d.location.protocol,wp=lp.indexOf('http')==0?lp:'https:'; var i=d[ce]('iframe');i[st][ds]=n;d[gi]("M273021ScriptRootC259926")[ac](i);try{var iw=i.contentWindow.document;iw.open();iw.writeln("");iw.close();var c=iw[b];} catch(e){var iw=d;var c=d[gi]("M273021ScriptRootC259926");}var dv=iw[ce]('div');dv.id="MG_ID";dv[st][ds]=n;dv.innerHTML=259926;c[ac](dv); var s=iw[ce]('script');s.async='async';s.defer='defer';s.charset='utf-8';s.src=wp+"//jsc.mgid.com/e/l/elwatan.com.259926.js?t="+D.getYear()+D.getMonth()+D.getUTCDate()+D.getUTCHours();c[ac](s);})();

S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Se souvenir de moi
Mot de passe perdu?
S'IDENTIFIER S'INSCRIRE
Registration confirmation will be emailed to you.
Password Reset Registration
Login
Do NOT follow this link or you will be banned from the site!