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Propos d’experts

12 novembre 2007 à 17 h 37 min

Jean Ruffier, Chercheur au CNRS et directeur du Centre franco-chinois de recherche en gestion

– Beaucoup d’entreprises arrivent à démarrer et même à se développer sans regarder ce qui se passe dans d’autres secteurs de l’économie. Les exemples de ce genre sont nombreux en Chine. Mais la question c’est la pérennité. L’impératif de gérer plus rationnellement l’entreprise finit par s’imposer et c’est surtout au niveau des ressources humaines qu’il y a le plus de faiblesses à corriger. Sans ce travail de base, l’entreprise ne peut pas capitaliser ce qui peut la faire évoluer et lui garantir des relations durables avec ses partenaires commerciaux.

Philippe Pierre, Chercheur au CNRS

– C’est toujours difficile de mettre sur pied des politiques de formation mais on peut en mesurer les bienfaits. Le sentiment d’appartenance à l’entreprise va grandir, il y aura également davantage de motivation. Ne pas assurer de formation aux ressources humaines d’une entreprise c’est tout simplement courir le risque de la voir disparaître. Au démarrage de l’entreprise on ne voit évidemment pas les choses et il faut quelques fois comme pour un bateau attendre une vague assez haute, pour réagir s’il n’est évidemment pas trop tard. La politique de ressource humaine est la transformation du changement, qui nécessite de mettre tout le monde ensemble : les DRH, l’élite managériale et les syndicats. Si on veut être sûrs que l’entreprise puisse non seulement prospérer, mais également qu’on y trouve un espace de délibération et de démocratie, il est indispensable de construire ces conditions du paritarisme. Personnellement je milite beaucoup pour une sociologie dans l’action, une sociologie immergée. A ce titre je recommande souvent aux DRH d’aller enseigner dans les universités, et pourquoi pas dans des institutions privées, publiques ou parapubliques, car ce sont des espace qui permettent d’échanger des idées et des pratiques.

Mohamed Benguerna, Sociologue, maître de conférences au CREAD

– Les bouleversements de tous ordres qu’a subis la société algérienne dans son ensemble durant ces vingt dernières années requièrent une plus grande ouverture sur les sciences sociales.
Le besoin se ressent avec une certaine acuité dans le milieu économique et industriel qui ont plus que jamais besoin d’une ouverture, notamment, vers la sociologie. L’enseignement d’un module de sociologie constitue aujourd’hui la demande sans doute la plus récurrentes formulées par les cadres du secteur économique qui sentent le besoin de mieux se préparer à affronter les problèmes de société.
Les cadres qui sortent des grandes écoles algériennes ne sont en effet pas préparés à gérer les problèmes de société et de culture. Il faut absolument pousser les institutions de formation et les milieux économiques et industriels à effectuer cette ouverture.

Geneviève Dahan-Seltzer, Sociologue et chercheur au CNRS


– Il arrive un moment dans la vie de l’entreprise où il faut faire appel aux sciences sociales pour mieux comprendre et s’adapter aux changements qui s’opèrent dans son environnement. Les nouvelles technologies apportent certes beaucoup mais elles ne peuvent être qu’un support, un cadre rationnel qui ne peut pas répondre à tous les besoins de l’homme au travail. Il y a des interprétations, des émotions, des inventions et de la créativité qui ne peuvent pas rentrer dans ce cadre. Beaucoup de ces nouvelles technologies sont du reste abandonnées, après qu’on se soit rendu compte de leur inefficacité, généralement due à leur approche exagérément technocratique.

Feroukhi Kahina, Chercheur au CREAD

– L’université algérienne semble fonctionner avec des œillères. Elle ne voit pas ce qui se passe du coté de l’emploi et semble ignorer les préoccupations des entreprises. Elle est aujourd’hui beaucoup plus préoccupée par le nombre écrasant d’étudiants qu’elles doit gérer que par la qualité des enseignements. Créer des postes de spécialisation dont ont cruellement besoin les entreprises n’est pour l’instant pas une priorité de l’enseignement supérieur ce qui est regrettable.
Ce n’est pourtant pas par méconnaissance des besoins en formations spécialisées qui doivent, à mon avis, être parfaitement identifiés. Il est vrai que certaines universités ont commencé à prendre des initiatives en matière de formation spécialisée pour le compte de quelques entreprises, mais cela semble beaucoup le fruit d’une initiative individuelle que l’application d’un modèle d’enseignement national.


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