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Alternance politique et redressement économique

Principales préoccupations des Algériens

25 février 2019 à 10 h 00 min

Difficile d’épiloguer sur un programme de travail d’un chef d’Etat non encore élu dans un contexte qui ne permet pas d’émettre des pronostics fiables, sinon celui d’un scrutin joué d’avance d’où sortirait un président sans légitimité qui éprouvera d’énormes difficultés à effectuer les changements promis. Bouteflika reconduit à un 5e mandat, gravement affaibli par l’âge et la maladie, c’est en effet la certitude d’un statu quo qui va se poursuivre avec ses effets anesthésiants sur le pays en général et l’économie en particulier.

Face au vent de contestation qui se lève et prend de l’ampleur, l’alternance, accompagnée de changements qui pourraient en résulter, pose avec acuité la question des programmes électoraux censés donner les grandes lignes des ruptures systémiques promises.

Comme aucun des candidats connus, hormis Abdelaziz Bouteflika et Ali Ghediri, qui se sont contentés d’émettre des généralités, n’a rendu publique ce qu’il compte faire sur le plan économique, on ne peut dans le présent article qu’émettre quelques idées forces sur ce que les Algériens attendent le plus de celui qui dirigera prochainement leur pays.

L’alternance présidentielle est certes vivement souhaitée par une importante frange de la population, qui commence à le clamer haut et fort dans les manifestions qui ont commencé à déferler dans plusieurs régions du pays, mais elle doit, de l’avis quasi général, aller de pair avec la certitude que le lauréat du prochain scrutin soit capable d’impulser de profonds changements dans la manière de gérer une économie au bord de l’effondrement, tant l’inquiétude d’un scénario à la vénézuélienne, hante les Algériens.

Tout reste à faire

C’est effectivement sur un terrain économique miné par la désindustrialisation, le tout-importation et le déclin des recettes d’hydrocarbures que l’élu à la direction suprême du pays est principalement attendu.

S’il est vrai que des changements politiques doivent très rapidement être introduits pour remettre sur les rails une gouvernance minée par une inquiétante prolifération de centres de décisions en grande partie engendrée par la maladie invalidante du président Bouteflika, d’aucuns pensent que c’est sur la situation économique que le prochain chef d’État devra immédiatement se pencher, tant elle est inquiétante de par les dangers qui peuvent très prochainement surgir (assèchement des réserves de change, dérive du dinar, hyperinflation, pénuries, difficultés à payer les fonctionnaires, etc.) et mettre à mal d’importantes franges de la population algériennes.

Le décor est d’ailleurs déjà planté depuis que la chute des prix du baril a contraint nos gouvernants à restreindre les importations, à dévaluer le dinar et à mettre en veilleuse de nombreux chantiers et projets. Le mécontentement a commencé à poindre sous diverses formes de contestation, mais c’est dans les prochains jours qu’il risque d’être paroxysmique, du fait de la campagne électorale qui permet toutes les critiques qui se porteront essentiellement sur le bilan du président sortant.

La contestation sociale promet même d’être violente, tant les promesses faites par Bouteflika en période faste n’ont pas été suivies d’effets, la situation économique et financière n’étant pas la même que celle qui prévalait à la veille du 4e mandat présidentiel. Bâtir, comme par le passé, sa campagne électorale sur une généreuse redistribution de la rente pétrolière serait évidemment suicidaire.

Il faudrait une autre stratégie de sortie de crise, qui n’aura de chance d’être efficacement mise en œuvre que si elle bénéficie d’un large consensus populaire. C’est ce que promet Bouteflika dans sa lettre de candidature dans laquelle il évoque la nécessité d’une nouvelle stratégie économique résultant d’un débat national qu’il promet d’organiser au lendemain de sa réélection.

Mais échaudées par les promesses jamais tenues par ce Président qui brille dans l’art de faire miroiter du renouveau qu’il se dépêche d’oublier une fois élu, la population ne le suivra sans doute pas cette fois-ci. Et s’il parvient par on ne sait quel ruse ou coup de force à briguer ce mandat de trop, il traînera comme un boulet un gros déficit de légitimité qui l’empêchera de mettre en œuvre les grandes réformes que requiert l’économie et, plus largement, la société algérienne dans son ensemble.

A l’évidence, il n’aura jamais les coudées franches pour trancher les vraies questions qui minent depuis plusieurs décennies le développement économique et social du pays, ni même la possibilité de travailler dans la sérénité durant les cinq prochaines années de fin de règne propices aux pires intrigues politiciennes.

Si Bouteflika est réélu, il restera bien entendu aux technocrates de son prochain gouvernement une certaine possibilité de manœuvre sur le terrain de l’économie, où il y a en effet beaucoup à faire, tant le mal qui ronge l’appareil national de production est profond dans un contexte de forte restrictions budgétaires, qui ne permet plus de compter sur les importations pour satisfaire une demande sociale en constante augmentation.

Mais sans l’impulsion du Président, anéanti par l’âge et la maladie, les réformes envisagées ne sauraient être conduites de manière forte et ordonnée, ne serait-ce qu’en raison de la prolifération des centres de décision qui tenteront de les torpiller. Les candidats au prochain scrutin présidentiel devront par conséquent donner beaucoup d’importance aux programmes d’action à caractère économique qu’ils vont proposer.

Gouvernance économique : l’une des plus archaïques au monde

Le chemin à parcourir pour arrimer l’économie algérienne à l’économie mondiale sera en effet long et fastidieux, tant les réformes ont accusé du retard, lorsqu’elles n’ont pas pris un chemin contraire à ce qui était souhaité (cas des décisions de la loi de finances complémentaire pour l’année 2009).

Le futur président doit se préparer à pratiquement tout faire et, dans bien des cas, refaire des réformes aujourd’hui dépassées ou allant à contre- courant de la modernisation envisagée. Il faut en effet se rendre à l’évidence que depuis l’année d’adoption de l’économie de marché par la Constitution de 1989, les autorités politiques algériennes qui se sont succédé à la tête du pays n’ont mis aucun des outils de l’économie moderne en place.

L’Algérie ne dispose pas à ce jour d’un authentique marché de change, ni d’un marché boursier, ni d’un marché immobilier, ni même de moyens de paiement modernes susceptibles de lui permettre d’enclencher, sur de bonnes bases, la dynamique de développement industriel souhaitée.

Les investisseurs sont contraints d’attendre le feu vert sélectif du gouvernement pour promouvoir leurs projets. Le climat des affaires, miné par l’instabilité juridique, dissuade les investisseurs étrangers et la liberté d’entreprendre n’est toujours pas ancrée dans les mentalités de nos gouvernants, pour la plupart formatés par l’idéologie socialiste des années 70 et 80.

L’héritage socialiste est en effet toujours présent, et aucun chef d’État ne pourra changer le mode de gouvernance de notre économie s’il ne change pas radicalement cette mentalité qui tire l’Algérie vers le bas. Une mentalité qui consiste à croire que l’économie algérienne ne peut être mue qu’au moyen du budget de l’État, la contribution des partenaires privés n’étant jamais évoquée, comme possibilité de promouvoir le développement économique et social du pays.

Des milliers d’hommes d’affaires algériens sont de ce fait cantonnés dans des investissements qui ont peu d’impact sur l’essor infra-structurel du pays, l’Etat continuant à avoir le monopole de pratiquement toutes les infrastructures publiques qu’il ne peut malheureusement réaliser qu’en fonction des disponibilités budgétaires. Continuer à agir au moyen du budget ou celui du marché, pourquoi pas les deux, est la question centrale que les candidats au prochain scrutin devront impérativement trancher.

A la traîne, du point de vue de la gouvernance économique, une des plus archaïques au monde, l’Algérie a pourtant plus que jamais besoin d’un chef d’État épaulé par un gouvernement fort et résolument réformateur en mesure de gérer l’économie autrement qu’au moyen de la fiscalité pétrolière.

Le gouvernement du prochain président devrait être organisé de manière à aller le plus vite possible dans la mise en œuvre des réformes systémiques devant donner un surcroît de compétitivité à l’outil national de production.

Pour ce faire, il serait sans doute plus judicieux de s’appuyer sur un grand ministère de l’Économie épaulé par un délégué aux réformes économiques d’une grande compétence). C’est ce type d’initiative que les acteurs économiques et le commun des Algériens attendent comme un signal fort de changement.      

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