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Point de vue : «Cette période d’instabilité est une aubaine pour le pouvoir pour faire passer ses réformes contestées»

21 octobre 2019 à 9 h 00 min

Le gouvernement algérien subit de fortes pressions des Institutions financières internationales (IFI) – le FMI dictant sa doctrine, la Banque mondiale la mettant en musique –, et ce, depuis plusieurs années déjà notamment sur le montant, qu’elles jugent faramineux, des transferts sociaux.

La BM est chargée d’amener le gouvernement a accéléré la prise en compte des réformes qu’elle ne cesse de marteler… Cela explique que le gouvernement cède en ce moment avec d’une part la révision de la loi sur les hydrocarbures en poussant à plus de dénationalisation du secteur, et d’autre part, avec une deuxième fournée de réformes des retraites, après celle qui s’est traduite par la loi du 31 décembre 2016.

A telle enseigne que l’actuel gouvernement intérimaire, réputé éphémère, charge le ministre intérimaire du Travail, de l’Emploi et de la sécurité sociale d’organiser à la va-vite, dans l’opacité la plus totale, des «Assises» de la sécurité sociale pour la fin novembre 2019, qui se limiteront en fait à des «Assises» sur la retraite…

D’ailleurs, et c’est une bonne chose, des infos ont fuité à ce sujet sur ce qui se concocte dans des bureaux ministériels, infos publiées dans votre journal (édition du 13 octobre 2019). Pour la BM, il faut d’autant plus aller vite que ces «impopulaires» réformes sur les retraites mettront du temps à être traduites en actes législatifs.

Et comme premières mesures concrètes, dès 2020, l’objectif principal étant de commencer à réduire le financement du déficit actuel de la CNR par le budget de l’Etat, et éventuellement aussi, par exemple, dès le 1er mai prochain, en 2020 (quel symbole que cette date pour remettre en cause les acquis des retraités pourtant inscrits dans la loi !), supprimer de fait la revalorisation annuelle des pensions pour près de 3,5 millions de retraités.

Cette période d’instabilité politique, d’intérim à rallonges d’un Exécutif affaibli et dans un contexte marqué par un hirak  porté par des millions d’Algériens et inflexible sur ses revendications majeures de démocratie et de liberté, est une aubaine pour le pouvoir pour faire passer en force et rapidement ces réformes contestées et contestables sur les hydrocarbures et les retraites…

Mais agir ainsi pour le pouvoir, c’était sous-estimer la vigilance de ces millions de citoyens qui ont signifié clairement et sans ambages, dès le vendredi 11 octobre 2019, leur rejet du projet de loi sur les hydrocarbures…

Et puis les Algériens ont été scandalisés par les propos du ministre de l’Energie – et ce n’était pas un lapsus- en marge des travaux de la Conférence nationale sur les enjeux de l’adhésion de l’Algérie à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) lundi 7 octobre 2019 à Alger, Mohamed Arka : «Nous avons discuté avec les grandes compagnies classées parmi les cinq meilleures dans le monde, et nous avons pu relever deux aspects à améliorer dans l’actuelle loi sur les hydrocarbures, à savoir le cadre réglementaire et le système fiscal», annonçait-il à l’APS.

Alors que le Conseil des ministres du 13 octobre 2019 parlait, je cite, de «prendre toutes les mesures adéquates qu’exigent nos échanges avec l’extérieur en vue de préserver nos ressources externes, et garantir, partant, l’indépendance et la souveraineté des décisions économiques et politiques en toute circonstance».

Ce ministre a essayé de se rattraper quelques jours plus tard – mais le mal était fait-, en déclarant que l’avant-projet avait été élaboré avec des «experts Algériens»… a très vive réaction des Algériens contre ce projet de loi laisse augurer de la même attitude vis-à-vis de tout autre projet émanant de cet Exécutif en sursis, surtout quand le projet est contraire aux revendications portées par le hirak.

Et ça sera certainement la même chose pour toute tentative d’imposer une très mauvaise réforme des retraites. Rappelons-nous, les luttes extraordinaires des syndicats en 2015 et 2016 pour essayer d’empêcher -certes sans succès-, la promulgation de la loi relative à la retraite du 31 décembre 2016, loi d’ailleurs qui n’a rien réglé, puisque que 3 ans après le déficit de la Caisse nationale des retraites ne cesse de s’aggraver.

Il est utile de préciser qu’il n’est pas du tout urgent de réformer les retraites, d’autant plus que le montant des créances de la CNR – cotisations impayées et non récupérées- est pratiquement équivalent à celui du déficit de la CNR. Et je rappelle -chiffre de l’ONS-, que plus de 5 millions de salariés ne sont pas déclarés à la sécurité sociale, ce qui représente un manque à gagner que je chiffre à plus de 600 milliards de DA annuellement.


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