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Les transferts sociaux en débat : Haro sur les subventions en pleine crise sanitaire

19 avril 2021 à 10 h 59 min

De tous les maux de l’économie nationale, les transferts sociaux sont désignés comme la cible à abattre. Un discours récurrent depuis des années fait peser le poids du déficit budgétaire de l’Etat aux transferts sociaux et autres subventions de produits à l’heure où les regards fuient délibérément les gaspillages et autres dépenses farfelues que l’Etat s’autorise sans trop compter.

 

La crise sanitaire, qui a frappé tous les pays de la planète, a montré à quel point la couverture sociale est un paramètre important dans la sauvegarde du tissu social et la préservation des vies. Aucun centime déboursé pour garantir une bonne couverture sanitaire ne saurait être perçu comme du gaspillage.

Durant l’année écoulée, on a bien vu les critiques qui ont touché les manques en matière de réponse sanitaire et sociale face à la pandémie Covid-19, et ce, même dans les pays développés. Il n’est donc jamais assez d’«investir» dans le bien-être des citoyens. Les transferts sociaux ne sont pas une lubie qu’on offre aux citoyens, mais un acquis à préserver en garantissant une bonne redistribution des richesses. Le double déficit, dont souffrent les finances publiques, n’est pas lié à l’enveloppe dédiée aux transferts sociaux et autres subventions, mais à la mauvaise gouvernance.

Au lieu de focaliser le débat sur les 23,7% du budget général et 9,4% du PIB consacrés aux transferts sociaux et subventions, il serait plus opportun de s’occuper de capter les près de 10000 milliards de dinars circulant hors circuit bancaire, ou encore mettre fin à la fraude fiscale, à la surfacturation des projets publics, à la corruption, et ou recouvrer l’argent détourné par la maffia des oligarques.

Il est important de souligner que les salariés contribuent à hauteur de 45% des revenus de la fiscalité, dont 60% sont alloués au budget de fonctionnement. La pression fiscale est exercée sur les salariés en l’absence d’un système de contrôle fiscal efficace permettant d’éliminer la fraude. Avec la fiscalité pétrolière, l’IRG est un pilier des revenus de l’Etat et toucher aux transferts sociaux équivaut à porter un coup fatal au pouvoir d’achat des citoyens et réduirait l’opportunité des couches défavorisées à accéder à des prestations sociales qu’elles ont pourtant elles-mêmes financées. Dans l’Indice 2020 sur l’application des Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique, l’Algérie est classée 4e sur 57 pays.

Le plus grand pays d’Afrique est classé derrière la Tunisie 1re du classement, l’île Maurice et le Maroc, enregistrant une régression notable dans l’application de certains objectifs. Ce qui a sauvé le classement de l’Algérie pour rester dans les quatre premiers en Afrique est le critère de «ne laisser personne de côté». Ce principe des 17 ODD repose sur ces transferts sociaux qui s’ouvrent à toutes les catégories sociales, notamment les plus fragiles. C’est dire l’importance d’avoir de bonnes prestations sociales pour tous dans un pays se prétendant ouvrir une nouvelle ère.

Selon les différents rapports liés à l’impact de la pandémie Covid-19 et au ralentissement de l’activité économique, le taux de chômage et l’endettement des ménages vont connaître une augmentation conséquente. «Les objectifs qui sont confrontés aux plus grandes difficultés sont l’ODD bonne santé et bien-être, l’ODD infrastructure et l’ODD paix, justice et institutions efficaces», alerte l’Indice onusien dans son évaluation de l’Afrique. Une bonne politique sociale est donc à adopter afin de limiter l’impact toujours pesant de la crise sanitaire.

Des inégalités sont certes à déplorer dans le système adopté en Algérie, notamment en matière de subventions de certains produits, dont bénéficient des catégories sociales aisées au même titre que les plus vulnérables. Une révision de la politique des subventions de l’Etat en vue de cibler les catégories sociales qui en ont le plus besoin devrait intervenir, selon le ministre des Finances, au courant du 2e semestre de l’année en cours.

Encore faut-il savoir comment se ferait ce ciblage lorsque les statistiques sont peu fiables, l’administration reste prisonnière des pratiques bureaucratiques, et un gargantuesque secteur informel prospère en toute impunité.

 

Nadjia Bouaricha


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