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Souhil Meddah. Expert financier

«Les institutions financières, comme les banques, ont un rôle très important à jouer pour cette période»

29 juillet 2019 à 10 h 00 min

Spécialiste en finances d’entreprises, Souhil Meddah estime que de nombreuses solutions peuvent être envisagées face aux difficultés actuelles, et ce, dans le cadre de l’ingénierie financière. Cependant, ce type de culture financière doit se mettre en compatibilité avec les aspects de rendement et de viabilité des entreprises et les projets. L’interviewé estime d’ailleurs que ce segment ne se développe jamais avec un esprit populiste.

– On parle de mesures d’urgence sur le plan économique. Mais avec quels moyens, connaissant la situation financière du pays ? Quelles solutions privilégier pour financer ces mesures ?

Il faut revenir déjà à la réalité des choses et savoir que les questions économiques s’inscrivent dans la continuité et que de ce fait elles n’attendent pas. Sur ce plan, le plus urgent serait de ne pas céder à la panique, et d’essayer en même temps de maintenir un rythme de croissance stable ou ascendant quel que soit son niveau.

Il est important aussi de comprendre que les institutions financières, comme les banques, ont un rôle très important à jouer pour cette période et, qu’elles ne doivent en aucun cas cesser de financer les projets, car elles sont la source d’une partie de création du crédit dans le format classique.

Les questions liées aux financements, qui seront exclusivement dédiés aux projets d’investissement peuvent partiellement et difficilement se concrétiser à travers deux canaux.

L’un axé sur la matière macroéconomique et qui concerne trois chapitres, le premier sur l’abandon des taux bonifiés qui sont une source insoutenable des dotations que doit fournir le Trésor public pour le compte d’une partie de quelques secteurs d’investissement, alors que la question actuellement la plus urgente serait de projeter tous les secteurs en même temps et dans un cadre beaucoup plus consolidé.

Le deuxième chapitre est lié au taux d’intérêt qui doit s’adapter à une configuration d’investissement totalement en manque de ressources et pour laquelle, le coût du crédit doit être revu à la baisse.

Le troisième chapitre concerne l’instrument de l’élargissement de l’assiette fiscale par la mesure monétaire à travers un ajustement baissier du dinar pour pouvoir renflouer temporairement, mais utilement, les ressources du Trésor durant cette période, sachant qu’entre autres, le financement non conventionnel a été gelé pour 2019.

Sur le plan microéconomique, il est nécessaire de faire appel aux engagements de tous les acteurs pour développer un tissu industriel capable de créer et de distribuer les richesses, mais aussi aux institutions financières, qui doivent s’engager massivement sur cette dynamique souhaitée pour pouvoir alimenter les niches d’investissement en ressources suffisante.

– Quid des solutions d’ingénierie financière ?

L’ingénierie financière est un espace dans lequel beaucoup de moyens peuvent être mobilisés de manière directe ou indirecte, ces moyens toucheront surtout la sphère entrepreneuriale, par rapport aux bouleversements ou aux basculements actuels.

A ce titre, l’incorporation de ce type de culture financière doit se mettre en compatibilité avec les aspects de rendement et de viabilité des entreprises, et des projets. Ce segment ne se développe jamais avec un esprit populiste, et les techniques sont nombreuses.

A titre d’exemple, le financement classique des investissements doit s’éterniser de façon la plus naturelle possible, les financements en PPP sont utiles, mais doivent compter sur des acteurs très bien outillés, les financements avec effets de leviers (LBO) doivent aussi tracer leur place sur la sphère financière nationale, mais aussi la mobilisation de l’épargne via des émissions d’emprunts et d’ouverture de capitaux propres, même si elles seront à des niveaux limités.

– Dans ce sillage, on apprend que Sonelgaz, par exemple, va recourir à l’emprunt international. Qu’en pensez-vous à ce propos ?

Les opérations de financement depuis l’extérieur viendront probablement avec le temps. Il s’agit d’abord d’un acte économique, qui s’inscrit exclusivement dans une logique d’investissement, mais qui doit à la fois veiller sur sa rentabilité (cash-flow) et aussi sur son utilité publique.

La vraie question dans ce type d’opérations, est de savoir dégager des valeurs exportables sûres pour pouvoir transformer les ressources en emplois (investissements) et ensuite dégager à partir de ces emplois des valeurs ressources (profits, rendements, retour sur investissement) pour pouvoir assurer les remboursements de ces emprunts par les mêmes opérateurs concernés.

– A votre avis, comment s’annonce dans ce contexte le projet de loi de finances pour 2020 ?

Les futures lois de finances, y compris celle de 2020, doivent s’inscrire dans le cadre d’un traçage économique pluriannuel consolidé, et qu’avec les conditions actuelles, il est très important de rappeler à tous les acteurs concernés que la collecte et la mobilisation des ressources, avec toutes les dotations qui sont ou qui seront inscrites régulièrement, ou appelées à disparaître graduellement, doivent avant tout obéir à la logique économique, qui va protéger et soutenir la logique sociale, et que dans ce cas, les lectures populistes n’ont pas et n’auront jamais leur place dans toutes les conceptions présentes ou futures.     


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