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mardi, 11 mai, 2021
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LUTTE ET PRÉVENTION DE LA CORRUPTION

Les femmes moins exposées à la délinquance financière

08 mars 2021 à 10 h 24 min

Bien que plus d’une d’étude universitaire ou expertise d’organisations ou d’institutions internationales spécialisées, comme l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime (ONUDC) ou la Banque mondiale, s’accordent à conclure qu’aucun lien de causalité entre genre et corruption n’a, à ce jour, pu être établi, les femmes restent, néanmoins, moins exposées au phénomène.

Se pratiquant sous différentes formes, les plus universellement répandues étant les détournements de fonds, concussion, appropriation ou transferts illicites de biens, népotisme, clientélisme, blanchiment d’argent, entrave à la justice…, la corruption n’est, de fait, pas encore à la féminisation.
A ce constat unanime, une explication majeure : la persistance, malgré quelques avancées, «des inégalités d’accès aux postes de décisions ainsi qu’aux sources d’influence économique et politique».

Ce qui n’empêche pas pour autant les femmes, notamment celles activement impliquées dans la vie politique ou économique, à se mobiliser de plus en plus aux fins de venir à bout de ce fléau, socialement et économiquement dévastateur, surtout en Afrique où il est devenu virulemment endémique. En effet, les opportunités et les initiatives destinées à faire porter par les femmes la prévention de la corruption en Afrique se multiplient tous azimuts.

Car, dès lors qu’ils y sont appliqués à l’identique, les dispositifs internationaux de prévention existants conduisent souvent vers des voies sans issue. Raison pour laquelle a été récemment mis en place, sous l’impulsion d’un groupement associatif pour les femmes cadres et dirigeantes menant la lutte contre la corruption et la non-conformité dans les entreprises et les activités commerciales, le réseau Femmes pour l’éthique et la conformité en Afrique. Bénéficiant du soutien de la Banque africaine de développement (BAD), de la Coalition pour les opérations éthiques (COE) et du Pacte mondial des Nations unies (PMNU), ce réseau œuvrera à «lutter contre la corruption, les comportements contraires à l’éthique et à apporter des formes de soutien aux femmes dirigeantes», est-il souligné dans un communiqué transmis à notre rédaction par le Département de la communication et des relations extérieures (BAD).

Ainsi, «faire progresser de façon coordonnée les pratiques d’entreprises conformes à l’éthique, les mesures anti-corruption à travers le continent et permettre à une nouvelle génération de femmes dirigeantes opérant sur le terrain de disposer de nouveaux moyens», se sont assignées comme objectifs majeurs les initiatrices du réseau panafricain (WECA). En cela, la crise sanitaire Covid-19 a été parmi les facteurs stimulants, eu égard aux risques nouveaux et émergents auxquels doivent faire face les dirigeantes en matière d’éthique et de conformité : «Les femmes sont particulièrement bien placées pour faire face aux difficultés, aux obstacles et aux crises.

Par exemple, les femmes occupant des postes de direction gèrent mieux les effets de l’actuelle pandémie Covid-19, produisant plus de résultats reposant sur un leadership éthique et une forte intégrité», rapporte le même document. Autre facteur non moins motivant. «Le secteur public et le secteur privé en Afrique, ainsi que les institutions de la société civile continuent d’accuser un retard dans la mise en place d’une culture de l’éthique et de la conformité dans les entreprises», a indiqué la responsable des relations intergouvernementales et de l’Afrique pour le Pacte mondial des Nations unies (UNGC).

Nouveau réseau

Ce nouveau réseau «soutiendra la participation des pairs, l’échange d’idées et d’informations sur les meilleures pratiques en matière d’éthique et de conformité, le dialogue sur les problèmes émergents en la matière, et défendra le leadership des femmes dans ce domaine à travers le continent», abondera l’une des membres fondatrices du WECA.

Les femmes algériennes se mettent de la partie. Et qu’elles soient dans le secteur public ou privé, les femmes algériennes, entrepreneures ou dirigeantes de grandes entreprises, n’entendent pas rester en marge de cette initiative féminine touchant à un domaine d’une telle sensibilité. Certaines d’entre elles ont déjà entamé les démarches nécessaires en vue d’y adhérer. Le cas, par exemple, d’Iman Zerouki, présidente du Conseil d’administration (PCA) de SPA Les Grands Moulins Belghith et de SPA Pain Sur Table.

Contactée, cette jeune chef d’entreprise, formée en finances dans une grande université londonienne, qui comme tant d’autres, s’étant assurément trouvée confrontée à des tentatives d’extorsion et de corruption administrative ou d’autre nature, estime que «la corruption est telle une partition qui se joue à deux ; corrupteur et corrompu.

Ce n’est pas une question de genre. Au même titre que les hommes, les femmes peuvent être des corruptrices ou des corrompues. Aussi, la corruption ne requiert pas de profil type d’entrepreneurs ou d’entrepreneures, de dirigeants ou de dirigeantes publics. Les risques sont donc partagés et la mobilisation pour prévenir et combattre ce phénomène doit, de fait, être également partagée». Et Mme Zerouki, qui s’est lancée dans l’exportation vers l’Afrique d’insister : «Aujourd’hui, la femme entrepreneure, qu’elle soit tunisienne, marocaine ou africaine, est dans tous les domaines. Ses ambitions sont les mêmes que celles de l’homme. C’est pourquoi, nous devons être responsables, nous armer contre toute vulnérabilité et éviter d’être de simples suiveuses en marquant de notre empreinte la conception et l’application de tous nouveaux engagements, stratégies et initiatives, nationaux ou internationaux, ayant trait à la conformité, l’éthique et aux règles de bonne gouvernance.»

Ce à quoi œuvre aussi Women In Africa (WIN), fondation dédiée au soutien et à l’accompagnement des femmes entrepreneures africaines. A travers son projet de Programme collectif de prévention de la corruption, lancé il y a une année, WIN cherche à renforcer les capacités individuelles des femmes chefs d’entreprise, femmes d’affaires ou dirigeantes africaines pour mieux résister à la corruption, toutes formes confondues. Les ex-ministres, Imane Houda Feraoun (Télécoms) et Djamila Tamazirt (Industrie), toutes deux poursuivies puis incarcérées pour des affaires de corruption présumée, ou encore la sulfureuse «Madame Maya», pour ne citer que celles-là, auraient peut-être dû s’y intéresser et penser à s’y impliquer !

 

> Par  Naïma Benouaret


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