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Ali Harbi. Economiste

«Le redressement économique nécessite un consensus politique sur les réformes»

24 juin 2019 à 10 h 00 min

Il serait faux de lier la crise au déclenchement du mouvement populaire «hirak», mais c’est plutôt l’allongement de la crise politique qui pourrait aggraver la situation économique, estime le spécialiste gouvernance, Ali Harbi. Egalement consultant, notre expert plaide pour des réponses de politique économique immédiates. Les préalables se résument ainsi : un nouveau gouvernement, crédible et accepté par tous les acteurs, et l’engagement d’un débat rapide et profond sur le contenu des réformes à mener. Toujours selon notre expert, les réformes devront porter sur un certain nombre de sujets prioritaires comme la gouvernance du cadre économique touchant à la transparence, la responsabilité, la redevabilité, et l’équité de l’action des pouvoirs publics. Parallèlement, des thématiques liées à l’équilibre de la balance commerciale, le cadre de l’investissement en général et l’orientation des politiques publiques en faveur de la diversification et du développement des exportations sont aussi à prendre en charge.

– Avec une conjoncture économique déjà difficile, quel serait l’impact de la persistance de cette crise politique sur l’économie ? Ne pensez-vous pas que certains lient les difficultés actuelles au hirak alors que la crise économique remonte déjà à quelques années ?

Avant tout, il faut préciser que la crise économique est antérieure à la crise politique. Je dirais même que la crise politique actuelle est en partie la conséquence de la crise économique et de la gabegie dans la conduite de l’économie depuis 20 ans et surtout depuis les 10 dernières années.

Il s’agit d’un effondrement du château de cartes bâti sur la prédation des ressources publiques durant toute cette période. Il serait faux de lier la crise au déclenchement du mouvement populaire hirak.

Mais il faut souligner que l’allongement et peut-être le pourrissement de la crise politique pourraient aggraver la situation économique, car des réponses de politique économique doivent être apportées immédiatement, et le gouvernement actuel n’a ni la légitimité ni la capacité à apporter des réponses.

D’une manière très résumée, la crise économique se caractérise par l’inadéquation entre le niveau des richesses actuellement créées, dans l’hypothèse de constance des cours moyens des hydrocarbures, et les besoins actuels et futurs de développement socioéconomique du pays.

Ce décalage entre ressources et emplois hypothèque à moyen terme la viabilité de l’Etat algérien si une réorientation économique n’est pas réalisée. Un changement de modèle de croissance et de gouvernance économique est devenu une urgence.

Il faut rappeler que CARE, avec d’autres, a appelé depuis 2008 à des réformes économiques, dans le sens de la diversification de l’économie et un changement en profondeur du cadre de gouvernance du cadre économique, en lien avec de nécessaires réformes politiques dans le sens démocratique.

Tout le monde se rappelle du signal d’alerte lancé par le collectif Nabni, en 2011, avec l’image du Titanic qui se dirige vers l’iceberg.

Personne ne peut se permettre aujourd’hui de dire qu’il ne savait pas, qu’on allait droit dans le mur, ni de dire que la crise économique est la conséquence du hirak.

– Pour éviter la détérioration de la situation tout en prenant en charge les questions qui urgent, comment faut-il procéder selon vous ?

C’est d’abord une question politique. La prise de mesures de redressement économique urgentes doit se faire dans la perspective des réformes à venir et nécessite un consensus politique sur ces réformes. Ce consensus n’est pas en place pour le moment, et ce gouvernement, de par le bilan de sa composante, ne peut pas contribuer à ce consensus sur les questions économiques.

En conséquence, le premier préalable est d’avoir un nouveau gouvernement, crédible et accepté par tous les acteurs.

Le second est d’engager un débat rapide mais profond sur le contenu des réformes à mener. Ces réformes devront porter sur un certain nombre de sujets prioritaires, comme la gouvernance du cadre économique touchant à la transparence, la responsabilité, la redevabilité et l’équité de l’action des pouvoirs publics.

En aval de cette transformation du cadre de gouvernance, les thématiques prioritaires seront liées à la dépense publique, l’équilibre de la balance commerciale, le cadre de l’investissement en général, et plus spécifiquement celui des investissements directs étrangers.

Un autre sujet d’intérêt immédiat est celui de l’orientation des politiques publiques en faveur de la diversification et du développement des exportations et pour lesquels très peu de résultats sont atteints à ce jour.

Il serait illusoire de penser que la situation économique peut être redressée rapidement, car les dégâts sont importants et sont pour l’essentiel dus à deux facteurs : le premier est le blocage des réformes et la fuite en avant des décideurs depuis 2009 dans des politiques de dépenses publiques inconsidérées et sans effet de levier sur la croissance.

Le second facteur est le volume monumental de la prédation qu’il est encore difficile de chiffrer mais qui semble bien ressembler à un hold-up géant comme relevé dans la chanson La Casa d’El Mouradia.

– Quelle visibilité pour les partenaires de l’Algérie qui affichent déjà leur inquiétude, comme c’est le cas justement à l’occasion de la Fia qui a connu une baisse du nombre de participants ?

Les partenaires internationaux sont en situation de wait and see car les changements sont rapides depuis février 2019 et le pouvoir algérien n’offre actuellement aucune visibilité.

Sur ce sujet, nous sommes en retard pour passer à une nouvelle séquence politique, car on ne sait pas encore comment la crise politique va se débloquer. Plus on retarde l’amorce de la solution politique et qui ne peut être que dans le sens des revendications du hirak, plus on complique la reprise de la relation de confiance avec nos partenaires internationaux.

Mais avant de parler des partenaires internationaux, il faut aussi parler du climat interne des affaires. Un indicateur clé pour les investisseurs et les partenaires étrangers est le climat interne des affaires et le niveau de confiance des investisseurs nationaux.

Aujourd’hui, ce climat est très défavorable, aggravé par une ambiance anti-chefs d’entreprise dans le sens de «tous pourris», un autre facteur aggravant est qu’aujourd’hui ni les banques ni l’administration locale ne prendront le risque de soutenir un projet d’investissement.

Il est donc important d’aller vite vers une clarification politique et de stratégie économique, et de définir un consensus sur les tâches immédiates de transition liées à l’assainissement du climat des affaires.

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