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En quête de nouvelles ressources face aux contraintes budgétaires : Cap sur la rationalisation des dépenses

27 juillet 2020 à 9 h 51 min

Relancer le développement socioéconomique, dont le plan est en phase de préparation avec l’enchaînement des réunions sur ce dossier, passe par la garantie des conditions nécessaires à la réussite d’un tel plan.

Il s’agit de faire oublier les échecs à répétition des anciens programmes qui ont consommé des budgets colossaux (1000 milliards de dollars en vingt ans), sans pour autant aboutir à des résultats à la hauteur des attentes des populations.

Avec une machine économique en panne, des préoccupations sociales en hausse, des disparités régionales de plus en plus criantes et une crise sanitaire à gérer à travers toutes ses urgences, les besoins en matière de financement s’accumulent.

Cependant, le contexte actuel fait que les entrées de capitaux étrangers et les recettes d’hydrocarbures soient en chute pour une économie dont la dépense publique a toujours été le moteur de la croissance. L’interdiction de l’exportation de certains produits (une liste contenant 17 entités) depuis le début de la propagation de la pandémie limite également les ressources financières (même si l’apport de ces exportations hors hydrocarbures est faible).

Face à une telle situation, place à l’accélération de la réforme fiscale et bancaire. Mais aussi à la multiplication des mesures visant la collecte des montants circulant hors circuit bancaire via notamment la promotion des produits de la finance islamique.

Ce sont autant d’annonces en ces temps de vaches maigres, même si en parallèle, l’on tente encore de rassurer sur la santé financière du pays.

Dans ce sillage, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a, lors de sa dernière rencontre avec des représentants de la presse nationale, rappelé la disponibilité des capacités financières permettant la mise en œuvre du plan de relance de l’économie nationale. «Les 60 milliards de dollars de réserves de change sont suffisants pour une relance, sachant que d’autres pays sont contraints d’emprunter quelques milliards auprès des institutions internationales», a-t-il affirmé pour exclure encore une fois l’option de l’endettement extérieur.

C’est plutôt la carte de la rationalisation des dépenses et de la diminution du train de vie de l’Etat qui est de nouveau mise en jeu avec l’objectif d’économiser 20 milliards de dollars d’ici la fin de l’année, soit l’équivalent de 2,5 de la facture alimentaire de l’Algérie.

Utopie

L’idée soumise au débat ne date pas d’aujourd’hui. Elle essaye de se frayer un chemin dans ce lot d’incertitudes économiques depuis quelques mois. Mais quelle faisabilité et quelle efficacité pour les mesures à mettre en œuvre en vue de réaliser un tel objectif ? La question s’invite avec force actuellement. Surtout qu’il s’agit de faire face au lourd impact de la pandémie sur les plans social et économique (un impact en phase d’évaluation) et de mener en parallèle des réformes bancaires, fiscales et commerciales comme mentionné la semaine dernière à l’issue du Conseil des ministres consacré au plan de relance de développement socioéconomique.

Il est également question d’accélérer la numérisation et la modernisation des impôts, du cadastre et des douanes parallèlement au processus de mise en place de la finance islamique et de l’intégration du circuit informel dans la sphère légale. Ce sont autant de dossiers que le gouvernement veut entamer pour rattraper le retard accusé au cours de ces dernières années. Car, faut-il le rappeler, ces questions ont toujours fait débat et fait aussi objet de décisions sans lendemain.

Voilà qu’aujourd’hui, elles sont remises au goût du jour pour en faire un moyen de collecte, d’épargne et de création de nouvelles sources de crédits. Les délais sont courts pour la prise en charge de tels dossiers. Cinq mois pour mener des réformes et réussir à économiser 20 milliards de dollars, c’est très court. Les marges sont réduites. Ce qui fait dire à bon nombre d’observateurs que ce chantier relève de l’utopie. Certes, le budget de fonctionnement (hors partie salaires) a été réduit de moitié dans la loi de finances complémentaire pour 2020 (LFC 2020). Mais, cela reste insuffisant.

Cette solution rapportera en effet 5,5 milliards de dollars soit la moitié de la masse salariale (11 milliards de dollars pour 3 millions de fonctionnaires alors que le budget de fonctionnement est de 26 milliards de dollars dans la LFC 2020. D’où proviendront les 14,5 milliards de dollars restants pour atteindre les 20 milliards de dollars d’économie escomptée ? Pour le Chef de l’Etat, l’objectif est largement réalisable. «Nous avons combattu la grande corruption. La surfacturation nous coûtait des dizaines de milliards par an. Et nous avons réduit le train de vie de l’Etat et de ses entreprises publiques. Ces économies devraient représenter 20 à 21 milliards de dollars à la fin de l’année», a-t-il répondu dans un entretien accordé au journal français l’Opinion ce 13 juillet.

Audit et collecte de factures impayées

Concernant justement le rythme des dépenses et la gestion des entreprises publiques, le groupe Sonatrach fera l’objet d’un audit dès cette fin du mois de juillet. Les dépenses seront passées au peigne fin. Il est question d’une évaluation du patrimoine de la société et de la réduction du nombre de ses représentations à l’étranger. Des représentations pléthoriques dans certains pays avec de grands avantages. Ce qui a toujours été le cas. Mais on a laissé faire pour se réveiller aujourd’hui et annoncer ce « nettoyage » à travers notamment la diminution « des postes de responsabilités non liés au rendement ou à la rentabilité de l’entreprise ».

Il est question selon le communiqué de la réunion du Conseil des ministres de passer «d’une gestion qui date d’une époque révolue vers une comptabilité analytique saine». Ce que le ministre du secteur, Abdelmadjid Attar a mis en exergue. Lors de son passage la semaine dernière sur les ondes de la Radio nationale, il a souligné la nécessité de réduire les coûts de fonctionnement et d’exploitation au niveau du groupe.

Outre ces annonces et ces décisions, certaines entreprises cherchent actuellement à améliorer leurs ressources en mettant le cap sur la récupération des factures impayées. C’est le cas, à titre illustratif, au niveau de Sonelgaz) qui estime à plus de 60 milliards de dinars, ces factures invitant ses clients à les régler. La Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) a également appelé ses clients dans les wilayas d’Alger et de Tipasa à s’acquitter du montant de 18,7 milliards DA de créances impayées. Le processus s’annonce long sachant que la majorité des créances sont détenues au pré des entreprises publiques et des Assemblées populaires communales (APC) qui sont en difficultés financières faute de ressources locales.

Le retard accusé dans la réforme de la fiscalité locale explique entre autres cette situation. En attendant que ce dossier aboutisse au même titre que d’autres, l’Etat continuer à injecter de l’argent pour l’investissement public.

Le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a d’ailleurs affiché la disponibilité de l’Etat à mettre au profit de l’investissement et la relance économique l’équivalent de 1000 milliards de dinars (7,7 milliards dollars. Un montant auquel s’ajoutent 10 milliards de dollars «disponibles».

Ces montants s’ajouteront aux «économies susceptibles d’être faites» sur d’autres chapitres, à l’image des services et autres études dont les importations coûtent cher à l’Etat avec en moyenne 10 milliards de dollars annuellement. Une facture qui pèse lourd sur la balance des paiements par rapport à l’importation de biens et de marchandises.

> Dossier réalisé par Samira Imadalou

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