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Depuis le recouvrement de l’indépendance

Economie : la révolution manquée

05 juillet 2021 à 10 h 32 min

L’Algérie célèbre aujourd’hui son 59e anniversaire de l’indépendance en cherchant encore une politique économique qui réponde réellement au besoin de développement qu’elle n’est pas arrivée à atteindre malgré des décennies de rente pétrolière qui a servi à maintenir un système politique autoritaire au lieu de créer de la richesse et la diversification économique pourtant si nécessaire.

La crise que vit le pays aujourd’hui est le résultat du choix de la rente comme seule politique économique et ce depuis la hausse des prix du pétrole et du gaz dans les années 70’. En 50 années après la nationalisation des hydrocarbures, et les décennies de manne pétrolière, l’Algérie n’est pas arrivée à diversifier son économie.

Le virage mono-ressource financière a fait perdre à l’Algérie sa vocation agricole et touristique ainsi que son potentiel industriel mort à la naissance. Le bilan est très lourd et ce qui est à craindre c’est que l’Algérie perde aussi la vocation sociale de l’Etat avec les menaces qui pèsent sur la suppression des subventions, les privatisations en chaîne des systèmes de santé et éducatif alors que le secteur des hydrocarbures vit sa phase de déclin.

Le contre-choc pétrolier de 1986 n’ayant pas servi de leçon aux dirigeants algériens, nous vivons aujourd’hui une réédition de ce choc avec en prime une crise sanitaire sans précédent, assortie à un modèle commercial basé sur l’importation de tous les biens de consommation alimentaire, pharmaceutique et d’équipement.

De réformes structurelles bricolées à un passage à une économie de marché mal contrôlée, le système économique algérien ne cesse de passer par des zones de turbulence avec un mode de pilotage automatique actionné sur le bouton dépendance aux hydrocarbures.

A cette dépendance quasi obsessionnelle, s’ajoutent toutes les tares d’un système de prédation où le mot corruption s’est érigé en mode de gouvernance. Les légions de hauts responsables et d’oligarques emprisonnés et les milliards de dollars dilapidés par ceux-la mêmes censés protéger l’argent public, renseigne sur la nature destructrice du système en place appelé 3issaba ou gang de criminels.

Avec un secteur public fragilisé, un secteur privé subissant le dictat d’une minorité oligarchique dépravée, la machine économique peine à s’affranchir de cette période de glaciation qui s’installe dans le temps et où l’acte d’investir continue de dépendre du pouvoir politique et du prix de l’allégeance.

Depuis, la baisse des prix des hydrocarbures en 2014, l’économie algérienne n’a pas su trouver les leviers nécessaires pour une diversification des sources de financements et de richesses.

Les exportations hors-hydrocarbures demeurent très faibles, n’atteignant pas les 2 milliards de dollars, alors que les exportations d’hydrocarbures continuent de payer les factures d’importation à plus de 90%. Après 59 ans d’indépendance, l’économie algérienne est sommée d’arracher enfin son indépendance de la rente d’hydrocarbures pour sortir de la crise et, par la même, d’un système de gouvernance hérité depuis le fameux été 1962 qui a prouvé maintes fois son échec à hisser l’Algérie au rang de puissance économique.


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